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Maxime Lopez à Sassuolo, histoire d'un mercato surprenant, mais pas du tout aberrant

Giovanni Rossi, directeur sportif de Sassuolo, explique à RMC Sport les détails et les raisons de l’arrivée de Maxime Lopez dans le club d’Emilie-Romagne lors des dernières heures du mercato estival.

Il est 18h50 le lundi 5 octobre lorsque Sassuolo dépose le contrat de Maxime Lopez auprès de la Lega Serie A. Cette transaction, née dans les dernières heures du mercato, a été facilitée par les excellents rapports entre le club italien et l’Olympique de Marseille, grâce à un homme central: Pablo Longoria. "Nous savions que le joueur voulait avoir du temps de jeu cette saison, plus que ce qu’il avait eu récemment, témoigne Giovanni Rossi, directeur sportif de Sassuolo. On a de très bons rapports avec l’OM à travers Pablo Longoria, qui a travaillé avec moi il y a quelques années. Il m’avait expliqué cette situation et on en a parlé. Notre cellule de recrutement connaissait Maxime, notre entraîneur également, et on a mis sur pied cette opération."

Déjà connu du technicien Roberto De Zerbi, Maxime Lopez a rapidement mis tout le monde d’accord au sein d’un club habitué à faire des coups chez des clubs européens plus importants. "On a commencé notre projet avec des jeunes joueurs italiens car c’était une volonté de notre président, Monsieur Giorgio Squinzi, notamment lorsqu’il était président de la Confindustria (équivalent du Medef en Italie, ndlr), détaille Rossi. Ensuite, on a gardé cette identité en élargissant notre stratégie à des profils internationaux comme Jérémie Boga (Chelsea), Jérémy Toljan (Dortmund) et Marlon (Barcelone). Maxime Lopez arrive dans cette même perspective."

Une adaptation éclair

Lorsque Roberto De Zerbi s’installe en conférence de presse d’avant-match samedi dernier, il est notamment interrogé sur l’arrivée du milieu de terrain français. "Maxime Lopez n'est là que depuis 10 jours, mais on a l'impression qu'il est avec nous depuis 10 ans", annonce-t-il. Pour le directeur sportif du club, deux facteurs expliquent cette rapide intégration: "Sur le plan du football, il est très bien doté pour s’exprimer dans le style de cette équipe et ce n’est pas difficile pour lui de s’intégrer au jeu. Maxime a toutes les qualités techniques pour jouer dans notre équipe. C’est un peu le point de départ de cette arrivée. Et puis, dans cet effectif, on a également Boga et les deux se connaissent depuis des années. On a aussi Defrel qui est français, Bourabia et Traoré qui parlent français, et même Marlon grâce à son passage à Nice. Tout ceci aide pour s’adapter." Le discours de De Zerbi était très bien passé chez Maxime Lopez, qui a confié avoir été convaincu par le technicien "en cinq minutes".

Habitué à aligner deux "playmakers" au milieu de terrain, même si parfois un profil plus dense physiquement (comme Obiang) est privilégié selon l’adversaire, De Zerbi se voit offrir un nouveau joueur idéal pour son système. "Maxime est un joueur qui réfléchit et analyse très vite sur un terrain, confirme Rossi. Il offre toujours une solution au porteur de balle et prend ses responsabilités dans la construction. Il a d’évidentes qualités techniques et il peut jouer un peu à tous les postes de l’entrejeu, c’est un milieu tout terrain comme on dit en Italie. Un peu comme Stefano Sensi, passé par notre club. Je crois que Maxime se rapproche de cette typologie de milieu de terrain." Avec Manuel Locatelli, Mehdi Bourabia et Maxime Lopez, l’entraîneur italien de cette équipe possède plusieurs options pour son jeu ambitieux.

Une arrivée qui en dit long sur la place de Sassuolo

Après la belle huitième place en Serie A à l’issue de la saison dernière, le club d’Emilie-Romagne a commencé la nouvelle saison en boulet de canon. Après quatre journées, il est invaincu avec trois victoires et un match nul. Perché à la deuxième place du classement, l’équipe régale tous les observateurs par la qualité de son jeu, par un fort coefficient spectaculaire et par ses nombreux buts marqués: 4 contre Spezia, 4 contre Crotone et encore 4 sur la pelouse de Bologne lors d’un pyrotechnique 4-3 en faveur des Neroverdi.

Depuis sa remontée en Serie A, il a fait confiance à des entraîneurs ambitieux dans le jeu, a modelé de manière intelligente et progressive son effectif et a investi dans des structures de qualité. Le club possède son propre stade, le Mapei Stadium, qui ne se situe pas à Sassuolo mais à Reggio Emilia, à une vingtaine de kilomètres, et a inauguré un centre d’entraînement tout neuf l’année passée. Un modèle de développement qui n’est pas sans rappeler celui de l’Atalanta. Giovanni Rossi évoque le parallèle mais marque des différences: "L’Atalanta a une tradition plus ancienne que Sassuolo. Le club de Bergame travaille bien depuis très longtemps. On essaye de faire avancer le projet que notre propriétaire a planifié. Comme l’Atalanta, on a aussi eu des entraîneurs de qualité, des jeunes joueurs talentueux, mais l’Atalanta a par exemple une très grande tradition de formation. On a commencé notre travail nous aussi sur ce plan là et petit à petit on s’améliore, notamment nos structures avec le nouveau centre d’entraînement. C’est vrai que ce club peut aussi être un exemple pour nous. D’ailleurs, les familles Squinzi (propriétaire de Sassuolo) et Percassi (propriétaire de l’Atalanta) se ressemblent: elles aiment faire, plus que parler. Elles ne sont pas attirées par la lumière."

Dans une saison très particulière, condensée et où l’enchaînement des matches entre championnat et coupes d’Europe pourrait bien créer des surprises, Sassuolo apparaît comme le trouble-fête idéal. "On doit être ambitieux sans perdre notre humilité et notre envie de surprendre, acquiesce Rossi. On a une bonne équipe, compétitive et avec de la profondeur de banc." Sassuolo ne jouera qu’un match par semaine avec un effectif de grande qualité, qui n’a perdu aucun titulaire majeur l’été dernier. C’est une nouveauté pour un club ayant vendu ces dernières années Merih Demiral, Stefano Sensi, Francesco Acerbi, Lorenzo Pellegrini, Matteo Politano, Pol Lirola et Sime Vrsaljko. C’est un signe de progression. A chaque année, son palier. Ne dit-on pas d’ailleurs en Italie, "chi va piano va sano e va lontano"?

Johann Crochet