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Fair-play financier : le PSG espère des aménagements dès cet été

Nasser Al-Khelaïfi

Nasser Al-Khelaïfi - AFP

Le PSG espère obtenir un assouplissement des sanctions liées au fair-play financier qui le freinent depuis l’an passé. Le club de la capitale, qui a sensiblement augmenté ses revenus ces derniers mois, attend un geste de l’UEFA pour accélérer son mercato.

Quels sont les nouvelles règles du fair-play financier ?

Le comité exécutif, réuni à Prague depuis lundi, a annoncé certaines modifications du fair-play financier. L’idée est claire : permettre aux nouveaux investisseurs d’avoir une plus grande marge de manœuvre lors de leur arrivée à la tête d’un club. Les équipes concernées pourront désormais avoir un déficit plus important que celui actuellement autorisé (30 millions d’euros), sur une durée de quatre ans, à condition de présenter un prévisionnel de hausses des recettes et de s’appuyer sur un actionnaire offrant toutes les garanties nécessaires.

Pourquoi le PSG n’en bénéficiera pas tout de suite ?

Parce qu’il a été sanctionné dans le cadre du fair-play financier. Le règlement de l’UEFA précise que seuls les clubs n’ayant pas été sanctionnés lors des trois dernières années peuvent bénéficier de ces nouveaux aménagements. Ce n’est pas le cas du PSG, qui avait été épinglé l’an passé pour avoir, selon les experts de l’UEFA, surévalué son contrat de sponsoring avec l’office du tourisme du Qatar (QTA). Paris devra donc attendre un peu avant de pouvoir profiter de cette nouvelle réglementation.

Pourquoi Paris espère quand même des aménagements ?

Depuis plusieurs mois, le PSG entretient un contact régulier avec l’UEFA. Des négociations ont lieu chaque semaine. Jean-Claude Blanc, le directeur général du club, se démène pour convaincre l’instance européenne d’alléger les sanctions qui freinent le PSG sur le marché des transferts (une enveloppe limitée à 60 millions d’euros, une masse salariale encadrée et un nombre de joueurs plafonné en Ligue des champions). Ces dernières semaines, le dirigeant parisien a rencontré plusieurs membres et responsables de l’UEFA pour plaider sa cause. Depuis deux saisons, Paris a prouvé qu’il appliquait à la lettre les règles du fair-play financier. Depuis la dévaluation de son contrat avec QTA (de 200 à 100 millions d’euros), le club de la capitale a joué les premiers de la classe. « Le PSG est devenu un modèle de respect du fair-play financier, confirme une source proche de l’UEFA. Le club est resté dans les cordes en achetant David Luiz tout en respectant le règlement. Le PSG mérite d’avoir des réunions hebdomadaires afin qu’on puisse revoir nos positions sur le dossier via d’éventuels aménagements ». Une décision de l’UEFA est attendue en fin de semaine.

Comment le PSG a augmenté ses recettes

Depuis l’arrivée de ses actionnaires qataris, le PSG enregistre une très forte progression de ces revenus marketing. Le champion de France a même intégré le Top 5 des clubs européens les plus riches, avec plus de 500 millions d’euros de revenus annuels. Symboles de cette progression, les recettes « jour de match », qui regroupent la billetterie, les hospitalités et le merchandising, ont littéralement flambé. Lors de la première saison sous pavillon qatari (2011-2012), Paris a encaissé 20 millions d’euros à l’occasion des matchs disputés au Parc des Princes (toutes compétitions confondues). Pour l’exercice qui vient de s’achever, ce chiffre va être multiplié par cinq pour atteindre 105 millions d’euros ! La saison prochaine, ces revenus devraient être sensiblement les mêmes, sachant que le Parc des Princes ne compte que 46 000 places (pour une affluence totale de 1,3 million de spectateurs), bien loin des plus grands stades européens. Ces résultats sont d’ailleurs inédits pour une enceinte aussi petite. Paris a également augmenté ses recettes de sponsoring ces derniers mois. Associer son nom au club de la capitale coûte désormais plus cher. En 2011-2012, les revenus liés aux partenaires dépassaient difficilement les 20 millions d’euros. Selon nos informations, ils avoisinent aujourd’hui les 100 millions d’euros.

Pourquoi Al-Khelaïfi a haussé le ton

« Pour voir le président se mettre en colère, il faut lui parler du fair-play financier ». C’est la petite blague qui circule au sein du PSG. Ce dossier rend fou Nasser Al-Khelaïfi, qui s’en occupe personnellement aux côtés de Jean-Claude Blanc. Le patron du PSG, qui s’est rendu plusieurs fois en Suisse pour rencontrer le comité exécutif de l’UEFA, a l’impression de subir un acharnement. Le dirigeant qatari a même rencontré directement Michel Platini, le président de l’UEFA, pour lui faire part de son mécontentement et de sa tristesse de voir « le PSG bloqué dans ses investissements et ses ambitions ».

Sur quels joueurs Paris avance ?

Comme nous vous l’annoncions en exclusivité il y a quinze jours, le PSG a transmis une offre de 9,7 M€ à Francfort pour Kevin Trapp. Le gardien de 24 ans s’est déjà rendu à plusieurs reprises à Paris pour rencontre dirigeants du club de la capitale. L’Allemand est très intéressé par le projet parisien. Il faut désormais trouver un accord avec l’Eintracht pour finaliser le transfert. Dans le même temps, le PSG courtise toujours Angel Di Maria. L’ailier de Manchester United, qui dispute actuellement la Copa America au Chili, est la priorité de Laurent Blanc. Le coach des champions de France réclame un ailier gauche depuis deux saisons. Les discussions sont continues entre Jorge Mendes, l’agent de Di Maria, et Al-Khelaïfi. Paris est même entré en contact avec MU il y a quelques semaines. Mais le PSG souhaite connaître les décisions de l’UEFA (et les éventuels aménagements de ses sanctions) avant d’accélérer sur ce dossier.

Mohamed Bouhafsi avec Alexandre Jaquin