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Mondial de handball: les tops et les flops des Bleus après leur 4e place

Quatrième du Mondial 2021, la France a retrouvé le chemin du dernier carré après avoir complètement raté l’Euro 2020. Une compétition encourageante avant les Jeux olympiques, où la place des Bleus n’est toujours pas assurée. Retour sur les tops et flops français de ce championnat du monde en Egypte.

TOPS

Nedim Remili, le nouveau "boss"

En l’absence de Nikola Karabatic, leader naturel et dont les prestations, avant sa blessure, étaient toujours aussi remarquables, l'équipe de France se cherchait un taulier à la création et en leadership. Sur ce Mondial 2021, Nedim Remili, son coéquipier au PSG Handball, a pris une autre dimension. Arrière droit de formation, il a été utilisé au poste de demi-centre, comme ce fut le cas aussi cette saison par séquences en club. Mature, charismatique, Remili est venu apporter son punch et sa vista sur la fin de la compétition en soutien de Kentin Mahé, moins éblouissant sur la fin. Leader technique, le Cristolien aux 80 sélections s’est montré très expressif pendant les temps morts, annonçant lui-même les combinaisons à suivre. Dans la volonté du staff de responsabiliser les joueurs, Remili a occupé une place prépondérante. Comme il a seulement 25 ans, la France tient peut-être le successeur à venir de Nikola Karabatic sur et en dehors du terrain pour les prochaines années.

Hugo Descat, "le revenant"

Hugo Descat n’avait plus été appelé depuis 2013 en équipe de France. L’ailier gauche formé à Créteil (2007-2017) a traversé une longue période du désert en sélection, avant de revenir en force et après un exil de deux ans en Roumanie, à Bucarest (2017-2019). Aujourd’hui, il fait le bonheur de Montpellier et aussi des Bleus. Avec 38 buts, il est le meilleur buteur de l’équipe de France sur ce Mondial. Quand le collectif était en difficulté contre la Suède et l’Espagne, sa vitesse en contre-attaque ou sa finition impeccable à l’aile ont permis à la France de ne pas subir d’écart plus sévère. Pour sa première compétition internationale, Descat a pu montrer tout son talent sur le poste d’ailier gauche, partagé à égalité de temps de jeu avec le capitaine Michaël Guigou. Avec une palette technique de tir largement au-dessus de la moyenne, Descat (28 ans) a sûrement gagné sa place pour les Jeux olympiques de Tokyo en cas de qualification, tout comme le pivot Nicolas Tournat (16 buts et un seul tir raté).

Guillaume Gille a posé sa patte

Guillaume Gille, l’ancien numéro 2 devenu numéro 1 après l’éviction de Didier Dinart il y a un an, à la suite de l’Euro 2020 catastrophique (élimination au premier tour), a réussi à redonner des couleurs à l’équipe de France de handball. L’ancien demi-centre des Bleus (308 sélections entre 1996 et 2012) a posé sa patte sur cette équipe avec l’instauration d’un conseil de jeu réunissant à peine la moitié de l’équipe. Ce conseil propose tactiquement des ajustements ou des nouveautés, à Guillaume Gille et à son adjoint Erick Mathé, qui valident ensuite ou non leur utilisation en match. Si Didier Dinart ou Claude Onesta pouvaient se montrer plus expressifs pendant les matchs, Guillaume Gille fait lui preuve de calme et ne montre pas ses émotions, sauf au coup de sifflet final. Souvent distant et sec avec la presse, Gille et son staff ont instauré une bulle dans la bulle de la compétition, évitant au maximum tous les contacts avec les différents acteurs, pourtant testés négatifs eux-mêmes, contrairement à d’autres équipes comme la Suède ou l’Espagne notamment. Les Bleus n’ont pas eu, eux, de cas positifs de Covid, même s’ils ont été très rares pendant la compétition à l’intérieur de la bulle. Et ils ont aussi limité au quasi strict minimum la réalisation d’interviews hors matchs, dans le respect des gestes barrières, avec les trois médias français, dont RMC Sport, présents dans la bulle sanitaire étanche en Egypte.

FLOPS

Les blessés

Au nombre de trois, les joueurs blessés pendant la compétition ont coûté cher dans l’emballage final du championnat du Monde. Il y a d’abord eu le gardien Wesley Pardin au bout de deux matchs. Lors de l’entrée en lice des Bleus contre la Norvège (28-24), il fut stratosphérique (18 arrêts). Malheureusement, Pardin s’est rompu un ligament croisé du genou au troisième match contre la Suisse. Rapatrié en France, le gardien de Pays d’Aix était devenu un numéro 1 bis, voire plus, aux côtés de Vincent Gérard. Deuxième blessé des Bleus, Timothey N’Guessan a manqué cinq matchs pour soigner un adducteur. Revenu en fanfare contre le Portugal, l’arrière gauche de Barcelone s’est blessé à la cuisse contre la Hongrie. Alors qu'il était la solution numéro 1 au poste en défense et en attaque, son absence fut fatale en demi-finales contre la Suède, avec un autre forfait lui aussi hautement handicapant, celui de Luka Karabatic (abdominaux), qui a privé la France de son assise défensive stable. Sa principale force.

Vincent Gérard n’a pas su se montrer décisif

Statistiquement, Vincent Gérard ne fait pas un mauvais Mondial. Avec 30% d’arrêts, soit le 22e gardien au classement, Vincent Gérard n’a pas su se montrer décisif alors que la blessure de Wesley Pardin faisait de lui le titulaire incontesté. Passé au travers de sa demi-finale contre la Suède (1 seul arrêt sur 20 tirs), il n’a pas été secondé par son binôme au PSG, le vétéran Yann Genty, remplaçant de Pardin. Les questions et doutes demeurent sur Gérard, qui avait excellemment bien fini l’année en championnat avec des prestations déterminantes contre Nantes (20 arrêts) et à Montpellier en fin de match. Comme il y a deux ans en demi-finales du Mondial contre le Danemark (0 arrêt sur 16), il a sombré, au même titre que la défense française qui, il est vrai, a laissé les gardiens subir un feu nourri des tireurs adverses. Il termine néanmoins sur un match digne de son standing avec 12 arrêts contre l’Espagne lors de la petite finale.

Arnaud Valadon