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JO 2016, tennis : polémique Mladenovic, gros ratés… les explications de Di Pasquale

Arnaud Di Pasquale

Arnaud Di Pasquale - AFP

Les premiers résultats des Français à Rio sont catastrophiques. Les favoris Mahut-Herbert ont été éliminés, comme les doubles Mladenovic-Garcia et Tsonga-Monfils. Tsonga, de plus, s'est incliné en simple, victime d'une blessure. Arnaud Di Pasquale, avec franchise, réagit au micro de RMC. Les camouflets, les défaillances mentales, le psychodrame Mladenovic... le DTN n'a rien éludé.

Les tennismen et tenniswomen tricolores nourrissaient de gros espoirs pour ces Jeux olympiques 2016. Après deux jours de compétition, beaucoup de rêves se sont envolés. Les paires Herbert-Mahut, Tsonga-Monfils et Mladenovic-Garcia ont été éliminées. Mladenovic, Garcia et Tsonga ont aussi pris la porte en simple. De quoi doucher l'enthousiasme des supporters français. Médaillé de bronze en 2000 à Sydney (simple), le directeur technique national Arnaud Di Pasquale a livré ses explications au micro de RMC.

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Son sentiment général

« C'est difficile. On prend pas mal de coups durs, jour après jour. On attendait beaucoup des doubles et on les a perdus au premier tour. C'est difficile, il y avait vraiment des chances de médailles car ils sont bien classés. C'est dur, mais il reste des Français. Il faut se concentrer sur ceux qui sont encore en course. Les doubles mixtes vont arriver. Jo (Jo-Wilfried Tsonga, ndlr) s'est blessé au pied. On ne sait pas exactement ce qu'il a. Il perd contre un Luxembourgeois - qui a certes bien joué - alors qu'il était diminué. C'est pas de bol, encore une fois. Ça fait pas mal de déconvenues. »

Les JO, un format peu adapté au tennis ?

« C'est pareil pour tous les athlètes. Tout le monde attend quatre ans, il n'y a pas que le tennis. La pression est la même pour tout le monde. On n'est pas là à se chercher des excuses. Les tennismen et tenniswomen ont pour objectif d'aller chercher des médailles, comme les autres athlètes. Après, c'est peut-être quelque chose de très personnel. C'est en moi, c'est viscéral : pour moi, les Jeux olympiques, c'est sacré. C'est jouer pour le drapeau, c'est représenter la France. »

Le mental

« Je comprends qu'on puisse viser le tennis, mais il y a aussi d'autres sports qui se retrouvent sous une grosse pression et ont tendance à flancher. (…) Ces athlètes ont l'habitude de jouer devant du public avec beaucoup de pression. Quand ils sont en Fed Cup ou en Coupe Davis, c'est un peu pareil. Ils savent ce que c'est, de jouer pour le drapeau. »

Faut-il créer une cellule de préparation pour le défi JO ?

« Quand on a un calendrier aussi chargé que celui des joueurs de tennis, qui jouent entre 20 et 30 tournois par année, on ne peut pas leur demander de s'arrêter pendant des semaines pour se préparer. Ce ne serait pas la bonne solution. Il y a calendrier, c'est le sport qui veut ça. »

L’échec Mahut-Herbert

« Pour Nicolas Mahut, ce sont ses premiers et peut-être ses derniers Jeux. Il a 34 ans, il est numéro un mondial en double. Vous pouvez imaginer sa grande déception. Mais il faut se remobiliser tout de suite car il a encore le double mixte. Il n'y a que 16 équipes, il est capable de se racheter et de faire mieux. Mais c'est sûr qu'ils n'ont pas été à leur niveau. Il n'y a pas vraiment d'explication. Ils ont tout donné, ils ont fait ce qu'ils ont pu. Ils sont un peu passés à côté de leur match, alors que ces trois derniers mois, ils ont pratiquement tout gagné. Le double, c'est particulier, ça se joue à 2-3 points, dans des moments importants et dans la gestion des émotions."

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La polémique Mladenovic

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« Sur la forme, c'est inacceptable. On ne peut pas se permettre de réagir comme elle l’a fait sur les réseaux sociaux. Comme je lui ai dit en tête à tête, si elle a des choses à nous reprocher, c'est important de le faire dans les vestiaires. Qu'elle ait été perturbée par ce qui s'est passé, c'est entendu. Il y a des difficultés dans l'organisation entre la Fédération et le CIO par rapport aux règlements. On s'était renseigné à plusieurs reprises. On n'est pas complètement idiot. Le règlement, on le connaît. On nous avait répondu positivement. Cinq minutes avant qu'elles rentrent sur le terrain, il leur a été dit qu'elles ne pouvaient pas jouer en bleu ciel et blanc. C'est arrivé à d'autres équipes. Ce ne sont pas les seules. Et je ne crois pas que cela ait provoqué une affaire d’État. (...) On n'est pas les ennemis des joueurs et des joueuses. Leur combat est faux. Elles sont les seules à ne pas le voir. C'est quelque chose d'assez incroyable."

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Une tension palpable ?

« On a d'excellentes relations avec Kristina, c'est d'autant plus surprenant. On était choqué. Ce n'est pas digne. Ça dégrade l'image du sport et du tennis. On a eu cette discussion. Le sujet est clos. Maintenant, il y a le double mixte qui va arriver. Et même si elle a perdu, Kristina a fait un excellent match contre Madison Keys. Elle était même à deux doigts de gagner. Elle a su évacuer tout ça. Notre discussion, je pense, lui a fait du bien. »

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