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JO 2021: l’exploit des sports collectifs, quelles chances d’atteindre la finale pour les Bleu(e)s?

Et de deux qui font cinq! Avec la qualification des deux équipes féminines ce mercredi, le basket, le hand et le volley français ont placé leurs cinq représentants dans le dernier carré. Où plusieurs retrouvailles intenses s’annoncent. RMC Sport fait le point sur chaque demie (jeudi pour les hommes, vendredi pour les femmes) et sur les chances tricolores de qualification pour aller disputer l’or.

Il y avait déjà le tiercé des hommes. Avec les femmes en plus, la France a touché le quinté. Cinq sur cinq! Sur les cinq équipes tricolores de "BHV" (basket, hand, volley) qualifiées pour les quarts de finale du tournoi olympique de Tokyo, elles sont… cinq à avoir rejoint le dernier carré. Les Bleues du basket et du hand, respectivement victorieuses de l’Espagne (67-64) et des Pays-Bas (32-22) ce mercredi, ont rejoint leurs homologues masculins qui était eux accompagnés des volleyeurs de coach Laurent Tillie.

Si l’on englobe tous les sports collectifs, dont les disciplines moins traditionnelles, la France fait même presque un carton plein avec sept demi-finalistes sur huit sélections qualifiées pour la grand-messe sportive (le rugby à 7 féminin a pris l’argent et le basket 3x3 féminin la quatrième place). Seul le foot n’a pas été à la hauteur avec l’élimination des hommes de Sylvain Ripoll dès le premier tour. Mais après? RMC Sport fait le point sur les chances de finale – et donc de médaille assurée – pour chacune de ces équipes.

Basket masculin: Le danger Luka Doncic

Il est un des joueurs d’avenir de la NBA. Et même déjà son présent. Star des Dallas Mavericks, Luka Doncic sera le principal obstacle des Bleus sur la route de la finale olympique et d’une possible revanche face aux Etats-Unis, battus par l’équipe française en ouverture du tournoi et qui affrontent l’Australie dans l’autre demie. Celui qui avait porté sa Slovénie au titre européen à… dix-huit ans en 2017 semble en mission pour atteindre la finale et défier Team USA. Toujours invaincu en équipe nationale avec dix-sept victoires en autant de matches, Doncic affiche des statistiques à la hauteur de son talent et de sa polyvalence: 26,3 points, 10 rebonds et 8 passes décisives par match, des chiffres qui en font le meilleur marqueur, deuxième rebondeur et deuxième passeur sur l’ensemble du tournoi!

L’équipe de France, où Evan Fournier et Nicolas Batum sont au rendez-vous, semble plus complète et avec plus de profondeur de banc que sa concurrente, même si la Slovénie est aussi un superbe collectif au-delà de Doncic où chaque joueur connaît son rôle et le remplit bien. Mais il faudra arrêter Luka. Ou en tout cas savoir doser entre trop se concentrer sur lui et trop le laisser faire. "Le meneur de jeu est exceptionnel, confirme le sélectionneur Vincent Collet au sujet de Doncic, et il demande d’être concentré sur lui mais sans lâcher les autres parce qu’ils ont une vraie force de frappe. Ce ne sont jamais les mêmes mais on sait qu’il y a des snipers et il faudra défendre la main du shoot. Et trouver le juste équilibre sur le contrôle de Doncic, ne pas le laisser marquer 50 points mais sans tout y sacrifier." On a tout de même envie de placer les Bleus en favoris d’une courte tête. Mais on ne fera pas les malins si les hommes de Vincent Collet mènent de deux points à quelques secondes de la fin avec la balle dans les mains de Donci derrière la ligne du tir primé…

Volley masculin: Une revanche à prendre

L’équipe d’Argentine qui va croiser la route des Bleus en demie n’est pas une inconnue pour les troupes de Laurent Tillie. La référence est même tout récente: les Argentins ont battu les Français lors du premier tour, trois sets à deux, un succès accroché au bout d’un tie-break serré (15-13). Pour la première demi-finale olympique de son histoire, et après avoir écarté les champions du monde polonais dans un match à l’intensité folle, l’équipe tricolore devra donc aller chercher une revanche. Parfait pour se motiver encore un peu plus si besoin. Mais attention. Car en face, il y a des arguments à revendre.

"Les Argentins nous ont battus en poule par leur qualité de jeu, rappelle Laurent Tillie. C’est un jeu qui est surtout axé par son passeur extraordinaire, De Cecco, qui alterne le jeu au centre, le rapide aux ailes et le pipe. Il fait des passes très précises dans n’importe quelle situation donc une réception moyenne devient une réception très positive et il est difficile de lire son jeu. Le point important sera ça: maintenir la pression au service, bien sûr, et la tenir de notre côté. Le danger vient un peu de partout et il faudra réussir à faire des options, ne pas s’énerver et rester dans notre match." Earvin Ngapeth, le leader tricolore, résume la chose d'une formule qui dit tout: "Ce sera une autre bagarre". On a hâte.

De l’autre côté, la motivation sera aussi au rendez-vous. Médaillée de bronze à Séoul en 1988 (et quatrième à Sydney en 2000), l’équipe argentine a retrouvé des couleurs après des dernières années plus difficiles et cherchera à accrocher la première finale olympique de son histoire en volley. Où pourrait l’attendre un voisin qu’il avait battu pour la troisième place en 1988 mais qui l’a trop souvent reléguée dans l’ombre : le Brésil, opposé à la Russie dans l’autre demie, qui a battu l’Argentine à… seize reprises en finale du championnat d’Amérique du Sud! Avec tout ça, et comme souvent à ce niveau en volley, tout peut arriver. Et les Bleus ont une réelle chance d’atteindre la dernière marche.

Hand masculin: La surprise Egypte

Habituée des Mondiaux depuis 1993 (aucune édition manquée) et des JO depuis 1992 (une seule édition manquée, en 2012), mais jamais mieux que sixième aux Jeux (1996) et quatrième de la compétition planétaire (2001), l’Egypte est l’invitée surprise du dernier carré du tournoi de Tokyo après sa victoire sur l’Allemagne (31-26) en quarts. Les Français, eux, n’ont pas eu à trop forcer leur talent pour écarter une équipe de Bahreïn inexpérimentée à ce niveau de la compétition (42-28).

En progression ces derniers temps, à l’image son quart de finale à la maison lors du dernier Mondial en janvier pour une défaite aux tirs au but contre le Danemark, les Egyptiens ont livré un tournoi très propre avec quatre victoires (Portugal, Japon, Suède, Bahreïn) contre un revers (Danemark, double champion du monde en titre) en poule, bilan similaire à celui des hommes de Guillaume Gille qui avaient battu l’Argentine, le Brésil, l’Allemagne et l’Espagne avant un revers anecdotique contre la Norvège. Cette demie marquera les retrouvailles entre l’expérimenté Michaël Guigou et deux de ses coéquipiers à Nîmes, l’arrière gauche Ahmed Hesham et l’ailier droit Mohammad Sanad, qui brillent au Japon avec respectivement vingt-cinq et vingt-quatre buts.

Attention aussi aux gardiens Karim Hendawy et Mohamed El-Tayar qui se partagent le temps de jeu et sont très efficaces. Si l’Egypte compte quelques autres joueurs expérimentés avec Ahmed El-Ahmar ou Ali Zein (qui évoluera au Barça la saison prochaine), les Bleus sont plus complets et ont toutes les qualités nécessaires pour accrocher le ticket pour leur quatrième finale olympique consécutive – sacres à Rio et Londres, argent à Rio – et ne pas faire mentir les statistiques historiques: la France a battu l’Egypte trente-et-une fois sur quarante dans l’histoire, contre trois nuls et six défaites, et reste sur cinq succès contre cette sélection.

Basket féminin: Une autre revanche à prendre

Comme les volleyeurs, les basketteuses tricolores auront droit à une revanche d’une défaite lors de la phase de poules. Ce sera face au pays hôte, le Japon, qui avait pris le meilleur sur les Bleues (74-70) en ouverture du tournoi. Après avoir battu l’Espagne (67-64) ce mercredi derrière des grands matches de Marine Johannès et Gabby Williams et un état d’esprit combatif, les finalistes du dernier Euro vont disputer leur troisième demie olympique de rang et chercheront à imiter 2012 (médaille d’argent) plutôt que 2016 (quatrième place).

L’envie de remettre les choses à plat avec les Japonaises sera un plus. Mais les Bleues sont prévenues: les locales ne sont pas là pour aller en "petite finale" et ont le talent pour embêter les vice-championnes d’Europe 2021, même si ces dernières savent qu’elles ont les capacités pour faire mieux que lors de leur premier match. "Je pense que ce n’était pas nous pendant ce premier match, estime Gabby Williams. Et je suis contente de tomber sur elles. J’ai hâte car je veux une revanche."

"Ça montre bien que le Japon n’est pas là par hasard, prévient coach Valérie Garnier. Ça montre aussi que notre poule était très difficile car sur les quatre équipes des demies, trois viennent de notre poule. On connaît tout le talent de cette équipe japonaise. On a l’avantage de les avoir déjà jouées." Et d’avoir la motivation pour faire mieux. Qui pourrait faire la différence même si la motivation sera des deux côtés avec des Japonaises à domicile et qui disputent leur première demie aux Jeux (cinquième place en 1976). L’autre demi-finale opposera les Etats-Unis, sextuples championnes olympiques en titre (toutes les médailles d’or depuis 1996) et qui ont battu la France dans le dernier match de poule (82-93), à la Serbie, championne d’Europe 2021 et médaillée de bronze à Rio.

Hand féminin: Cette fois, il faudra mettre le penalty…

La demi-finale du tournoi féminin entre la France et la Suède s’annonce très excitante. Pour la perspective de se qualifier en finale, d’abord, et pour le souvenir de ce qui s’est passé ces derniers jours. Pour leur troisième match du tournoi, après la victoire sur la Hongrie et la défaite contre l’Espagne, les Bleues avaient fait face aux Suédoises dans un match serré et accroché.

Résultat? 28-28 au coup de sifflet final avec… un penalty raté par Grâce Zaadi au bout du temps réglementaire qui aurait pu leur apporter la victoire. Après avoir balayé les championnes du monde néerlandaises (32-22) dans un quart où elles ont fait un début de match de feu et où la gardienne Amandine Leynaud a brillé (vingt-deux arrêts à 51%), les Françaises de coach Olivier Krumbholz sont prêtes à tout faire pour obtenir un résultat plus en leur faveur face aux tombeuses de la Corée du Sud (39-30) en quart et atteindre leur deuxième finale olympique de rang.

"On va retrouver la Suède, et je peux vous dire que ça va se taper dur, dur parce qu’on n’a pas oublié ce match nul, tout ce qu’il s’est passé, confirme Allison Pineau. On était à deux doigts de gagner ce match mais ça a aussi été une bonne leçon. Ces matches qu’on a perdu d’un but ou où on a fait match nul ont été fondateurs. On veut être costaudes et je pense qu’elles ont dû regarder notre match en quart et qu’elles ont bien compris qu’on était là et qu’on allait répondre présent."

Avec leur expérience des grands rendez-vous, les championnes d’Europe 2018 françaises, qui ont su se remettre en ordre de marche avec une réunion entre elles avant le match du premier tour contre le Brésil, seront favorites face à une Suède qui n’a jamais atteint le dernier carré aux Jeux et une seule fois aux Mondiaux, en 2017, année où… les Bleues avaient battu le pays scandinave pour aller chercher la finale puis le titre alors que les Suédoises avaient pris la quatrième place. L’autre demi-finale opposera la Norvège, championne d’Europe 2020 et médaillée d’or olympique en 2012, à la Russie, qui avait privé les Bleues de l’or à Rio en 2016 en s’imposant en finale.

https://twitter.com/LexaB Alexandre Herbinet Journaliste RMC Sport