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JO 2022 de Pékin: en soutien aux Ouïghours, des élus canadiens veulent une délocalisation

Une trentaine d'élus et d'associations du Canada appellent le Comité international olympique (CIO) à organiser les JO d'hiver 2022 ailleurs qu'en Chine, en raison du traitement que ce pays réserve aux Ouïghours.

Pour eux, il est "encore temps d’exiger du Comité international olympique qu’il organise les Jeux ailleurs si le gouvernement chinois continue dans son délire génocidaire". Dans une lettre ouverte adressée au CIO, une trentaine d'élus et d'associations du Canada réclament que l'organisation des JO d'hiver de 2022 (4-20 février) soit retirée à Pékin. Une délocalisation qu'ils demandent par rapport au traitement réservé aux musulmans ouïghours.

"Nous ne demandons pas à nos athlètes de renoncer à leur rêve olympique, car nous sommes très conscients des efforts considérables qu’il leur aura fallu déployer pour espérer pouvoir le réaliser", expliquent-ils dans cette lettre intitulée "Les Jeux de la honte".

"L'autoglorification d’un régime qui commet les pires crimes"

Mais l'organisation des Jeux olympiques d'hiver à Pékin est, selon eux, "une occasion unique d’agir et de rassembler les humanistes et les démocrates du monde entier afin de refuser de participer, à travers cette grande fête sportive planétaire, à une sinistre mise en scène visant l’autoglorification d’un régime qui commet les pires crimes contre l’humanité envers sa propre population".

Organiser les JO dans un autre pays permettrait de faire en sorte que les médailles gagnées en 2022 "ne soient pas souillées par ce que l’histoire retiendra sans doute, après ceux de Berlin en 1936, comme étant les Jeux de la honte", concluent-ils.

Un million de Ouïghours dans des camps du Xinjiang?

La semaine passée, des élus américains ont introduit un projet de résolution similaire au Sénat. Environ 180 associations, dont le Congrès mondial des Ouïghours, ont appelé à un boycott des JO 2022.

Des experts et des organisations de défense des droits de l'homme accusent la Chine d'avoir fait interner jusqu'à un million de Ouïghours, dans des camps du Xinjiang. La Chine dément ce chiffre et affirme que ces personnes sont emmenées dans des centres de formation professionnelle, destinés à les aider à trouver un emploi afin de les éloigner de la tentation de l'extrémisme religieux. 

Peu avant la prise de fonction de Joe Biden, les États-Unis de Donald Trump ont accusé la Chine de commettre un "génocide" contre les musulmans ouïghours. Le Premier ministre canadien Justin Trudeau a de son côté indiqué qu'il prenait au sérieux les accusations de génocide, mais ne l'a pas reconnu formellement. En septembre, Emmanuel Macron a dit condamner "avec la plus grande fermeté" et apporter une "grande attention" au "système répressif" chinois. 

JA avec AFP