RMC Sport

JO de Pékin 2022: de miraculé à porte-drapeau, l'incroyable parcours de Kevin Rolland

Le nom des porte-drapeaux de l’équipe de France pour les JO de Pékin 2022 a été dévoilé. Il s’agira de Tessa Worley et de Kevin Rolland. À 32 ans, le champion de halfpipe va participer à ses troisièmes JO (du 4 au 20 février), après s’être remis d’un grave accident survenu au printemps 2019.

Tout aurait pu s’arrêter le 30 avril 2019 dans les Alpes. Brutalement. Alors qu’il cherche à battre le record du monde du saut le plus haut depuis un quarter pipe (un tremplin en forme de mini-rampe), Kevin Rolland chute lourdement sur la neige. Le Français perd connaissance sur le coup. Transporté en hélicoptère à l’hôpital de Grenoble, il passe trois jours dans le coma, victime d’un traumatisme crânien, d’une fracture du bassin et de multiples blessures. Pronostic vital engagé. Après un mois et demi alité, il regagne son domicile pour une longue période de convalescence. Avec une seule obsession: rechausser les skis...

Deux ans et demi plus tard, le champion de halfpipe s’apprête à disputer ces troisièmes Jeux olympiques d’hiver, après ceux de Sotchi en 2014 et Pyeongchang en 2018. Et il va même endosser un rôle particulier pour cette édition 2022 organisée à Pékin (du 4 au 20 février). Le Savoyard de 32 ans s’était porté candidat pour être porte-drapeau de la délégation française en Chine, tout comme le fondeur Maurice Manificat et le patineur Guillaume Cizeron.

Le nom de l’heureux élu a été dévoilé ce lundi soir sur France 3. Il représentera les Bleus lors de la cérémonie d’ouverture aux côtés de la skieuse Tessa Worley.

"Ça sera une revanche"

"Ça représenterait beaucoup de choses sur le plan personnel parce que je n’aurais pas dû être aux Jeux olympiques avec ce qui m’est arrivé, avait confié Kevin Rolland cette semaine, en marge de la sortie de son documentaire "Résilience" sur Eurosport. Si j’arrive à cette fonction, c’est symbolique mais ça sera une revanche. Il y a aussi la valeur sportive. Je trouve ça super intéressant avec toute l’expérience que j’ai acquise pendant toutes ces années de compétition avec des victoires, des défaites, de pouvoir échanger avec d'autres athlètes. Je pense avoir connu un joli cocktail de toutes les émotions tout au long de ma carrière."

Un cocktail d’émotions qui l’a vu décrocher le bronze à Sotchi, le titre mondial en 2019 et trois victoires aux prestigieux X Games. Grâce à sa force mentale et son optimisme à toute épreuve, Kevin Rolland a réussi à se remettre de son terrible accident. À une vitesse impressionnante.

"Le terrible exemple de Gaspard Ulliel"

"Je me sens chanceux car il y en a plein de personnes pour qui ça ne se passe pas comme ça, savoure celui qui a repris la compétition l’an passé. Je peux prendre le terrible exemple de Gaspard Ulliel (l’acteur décédé la semaine dernière à l’âge de 37 ans, ndlr), qui a perdu la vie en ski après un traumatisme crânien, après avoir été transporté au CHU de Grenoble. C’est le même scénario que moi, sauf qu’il est décédé. Ça m’a rappelé ma chance."

En attendant de savoir s’il allait être porte-drapeau, Kevin Rolland, père de deux enfants, lorgnait avec impatience les épreuves de halfpipe de ces JO 2022, qui auront lieu du 17 au 19 février. Avec un podium dans le viseur: "Je manque d’entraînement heureusement que j’ai de l’expérience. J’ai la détermination boostée à fond, j’ai envie de prouver, parce que je sais que j’en suis capable, que je fais partie des meilleurs. C’est une fois tous les quatre ans, tout peut se passer. J’arrive à ces Jeux très chanceux d’être là, heureux et victorieux avant l’heure!"

https://twitter.com/AlexJaquin Alexandre Jaquin Journaliste RMC Sport