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Schuh : « Je vais vivre ces Jeux différemment »

Bérangère Schuh

Bérangère Schuh - -

Bérangère Schuh (28 ans) s’apprête à disputer ses troisièmes Jeux Olympiques. Médaillée de bronze de tir à l’arc par équipes à Pékin, l’archère française disputera pour la première fois l’épreuve individuelle ce vendredi (14h).

Quelle impression cela vous fait-il d’arriver sans vos équipières lors de ces Jeux Olympiques ?

C’est vrai que je suis déçue. J’aurais préféré avoir mon équipe avec moi. Malheureusement, nous avons échoué de peu lors des qualifications. Comme je dis toujours, si jamais je ramène une médaille, ce sera aussi pour les filles car j’aurais aimé qu’elles m’accompagnent dans ce parcours. J’ai fait les deux dernières Olympiades par équipe, et cela me fait très bizarre de me retrouver toute seule. Maintenant, je n’ai pas le choix, et je m’étais aussi préparée cette année à ce cas de figure.

Pourtant, vous avez obtenu des résultats par équipes…

C’est vrai que nous avions énormément misé sur une participation aux JO. Cela a été très dur de se dire : « Nous sommes devenues championnes d’Europe en mai et un mois plus tard, nous ne partons pas parce que nous n’avons pas réussi le jour où il le fallait ». Forcément, les filles l’ont encore moins bien vécu que moi car je savais que j’avais de grandes chances de me qualifier en individuel. Elles savaient qu’elles devaient repartir pour quatre ans. Je ne sais d’ailleurs pas si elles vont vouloir le faire mais je l’espère car nous avons une carte à jouer. Nous n’avions juste pas assez de préparation toutes les trois.

Le fait d’être seule peut aussi être une occasion de s’affirmer…

Oui, c’est vrai. Pour la première fois, je vais tirer pour moi et pas que pour l’équipe.

« Je pourrai aller embêter les garçons »

Vous ne serez pas complètement seule puisque l’équipe masculine de tir à l’arc sera présente à vos côtés…

Ce n’est pas forcément évident, d’autant plus que je ne suis pas logée avec les garçons mais avec les filles du tir. C’est le même bâtiment mais je ne serai pas vraiment avec eux. Cela rajoute à la solitude. C’est réellement la première nuit que j’ai pris conscience du fait que j’aurais aimé avoir mes co-équipières avec moi. Maintenant, je sais où se trouve l’appartement des garçons donc je pourrai allez les embêter beaucoup de fois ! Cela vaut également si j’ai un coup de blues. Et si eux ont besoin de moi, ils savent aussi que je suis là.

Propos recueillis par Rodolphe Massé