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Marina Lorenzo raconte les coulisses de l'arrêt de la chaîne Téléfoot

Trois semaines après l’arrêt de la chaîne Mediapro, la journaliste Marina Lorenzo est revenue sur l’ambiance qui régnait en interne, lors des dernières semaines. Elle parle d’annonces extrêmement brutales et s’interroge sur l’avenir du football français.

Marina Lorenzo avait fait un pari, en quittant l’été dernier Canal+, où elle couvrait le MotoGP, pour rejoindre le projet Mediapro. "J’avais envie de prendre ce risque, de croire en ce projet et de participer à la création d’une chaîne, qui est une expérience unique dans une carrière", confie vendredi la journaliste à Ouest France. Trois semaines après la fermeture de la chaîne, Marina Lorenzo est revenue sur cette aventure auprès du quotidien local.

"Nous ne percevions aucun signe avant-coureur"

"Avant que Jaume Roures (le patron espagnol de Mediapro) ne fasse ses annonces début octobre, disant qu’il voulait renégocier les droits TV à la baisse à cause de la crise du Covid-19, nous ne percevions aucun signe avant-coureur dans l’entreprise", raconte la journaliste qui présentait une émission quotidienne au contact des clubs de Ligue 1 et de Ligue 2. L’ambiance commence alors à se gâter. Inquiète pour son avenir professionnel, Marina Lorenzo rencontre également des difficultés dans son émission: sur le terrain, les relations avec certains clubs, en colère après la décision de Mediapro, se crispent. Et les journalistes en payent les conséquences.

Douche froide et stupéfaction générale

Après quelques semaines de suspense, l’arrêt de la chaîne est annoncée aux équipes début décembre. "C’est la douche froide, la stupéfaction générale. Il y a d’abord eu un grand silence, puis certains ont été pris d’émotion et de larmes", confie Marina Lorenzo. "Ce fut extrêmement brutal. Pendant des semaines, nous savions que ça allait s’arrêter, mais nous ne savions pas quand. Chaque matin, j’allais au travail sans savoir si j’y retournerais la semaine suivante", poursuit-elle. Le 5 février, très émue, elle fera ses adieux aux téléspectateurs:

"Ce sera peut-être un mal pour un bien"

Avec l’arrêt de Mediapro, la journaliste s’interroge sur l’avenir du foot français: "cela se termine dans une brutalité extrême, il y a un sentiment de gâchis, mais je me dis que ce sera peut-être un mal pour un bien. Cela fait des années que tout le monde sent que le foot tourne mal. La bulle n’a jamais cessé de gonfler et elle claque aujourd’hui. Il est temps de retrouver la raison. Espérons que l’histoire de Mediapro aura le mérite de pousser chaque acteur à réfléchir de manière sereine et intelligente sur la réelle valeur du foot français, qui a besoin de se réformer en profondeur", conclue-t-elle.

LL