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Natation (France) : Agnel, l’ombre d’un doute

Yannick Agnel

Yannick Agnel - AFP

Yannick Agnel débute dans l’inconnu les Championnats de France de natation mercredi à Montpellier sur 200m, sa distance de prédilection. Très discret en 2016, le double champion olympique à Londres en 2012 va devoir répondre aux interrogations qu’il suscite mais surtout valider son billet pour les JO de Rio alors que personne ne connait son état de forme du moment.

Avec la polémique sur les minima, Yannick Agnel est l’autre grand sujet de conversation autour des bassins d’Antigone à Montpellier, où se déroulent les Championnats de France qualificatifs pour les JO de Rio. Le champion olympique sur 200m à Londres en 2012 se fait pourtant discret puisqu’il n’a pas participé à la conférence de presse à laquelle tous les nageurs se sont pliés mardi.

Habituellement bavard auprès des journalistes et plutôt à l’aise devant les micros, Agnel brille par ses silences. Et cette absence interroge. Car elle ne comble pas le vide laissé par un début d’année marqué par une seule vraie compétition lors du meeting de Marseille avec, à la clé, des classements anonymes (5e sur 200m, séries sur 100m). Tous les regards seront donc braqués sur le Niçois qui plongera sur 200m, mercredi matin, sans chrono de référence sur la distance alors qu’il devra signer un chrono en 1’46’’06 pour atteindre les minima et valider son billet pour Rio.

Horter : « Yannick est capable de ramener les choses là où elles doivent être »

De quoi imaginer une non-qualification pour les JO l’été prochain ? Ses proches ne veulent pas y croire. « Yannick fait partie de ces athlètes hors cadre et extraordinaires et quand, eux le décident, ils sont capables de ramener les choses là où elles doivent être, explique Lionel Horter, son entraîneur à Mulhouse depuis 2014. Lui seul a le pouvoir. Je ne m’inquiète pas, je suis juste curieux de savoir ce qu’il va en faire. »

Les doutes autour du nageur de 23 ans ne datent pas d’hier. Depuis 2012, Agnel a connu plusieurs bouleversements entre son départ de Nice pour Baltimore en 2013, son retour en France et à Mulhouse en septembre 2014 agrémentés d’un forfait lors des championnats d’Europe l’année dernière en raison d’une pleurésie qui l’a écarté des bassins pendant six mois.

Pellerin : « Il est branché sur les Jeux avant tout »

Pour l’avoir façonné et longtemps côtoyé à Nice, Fabrice Pellerin prend beaucoup de distance sur les doutes qui entourent son ancien poulain. « Plus que n’importe qui, Yannick peut aller puiser au fond de lui des choses extraordinaires le Jour-J, souligne-t-il. On pourrait s’abstenir de le juger toute une année et attendre juste un jour dans l’année. (…) Et le Jour-J, ce n’est peut-être même pas sur ces championnats de France. Même s’il est deuxième en crawl et qu’il fait un temps modeste, on va avoir envie d’émettre un jugement sur sa qualité de préparation et son état de forme mais je pense qu’il est branché sur les Jeux avant tout. Il faudra patienter jusqu’aux JO avant d’émettre une analyse. Il fait partie de ces nageurs qui révèlent le meilleur d’eux-mêmes à un moment donné. Tout ça est trop profond. Ils ne mettent les mains dans le cambouis qu’à un seul moment. » Agnel serait quand même bien inspiré de jouer les mécaniciens mercredi.

Dans une interview exclusive qu’il avait accordée à RMC en février, Agnel avait laissé apparaitre sa motivation après un stage de préparation en Thaïlande. « C’est intéressant d’avoir de longs mois d’entrainement comme ça, confiait le membre de la Dream Team RMC. On gagne en puissance, en force, en précision. Le fait de le sentir pendant l’entrainement, ça fait également gagner en confiance. C’est pour cette raison que l’on a hâte d’en découdre en compétition. » Le premier Jour-J est arrivé.