RMC Sport

Tony Parker: "J’ai envie d’amener ma pierre à l’édifice pour faire grandir le monde hippique"

Invité exceptionnel de l'émission Les Courses RMC ce samedi, Tony Parker est revenu sur son lancement dans le monde hippique et la création de son écurie Infinity Nine Horses, ainsi que ses ambitions pour le futur.

Tony Parker, à quel moment vous êtes-vous lancé dans la création de cette écurie Infinity Nine Horses ?

J’ai toujours su que j’allais faire ça, je voulais juste attendre la fin de ma carrière parce que le jour où je voulais commencer, je voulais bien le faire. Depuis tout petit, j’ai toujours adoré les chevaux. J’ai grandi au Texas, je suis resté 20 ans à San Antonio, il y a des ranchs partout donc j’ai toujours baigné dans ce milieu-là. Je sais que par rapport à l’écurie, c’est quelque chose que je voulais faire à la fin de ma carrière parce que je sais que ça prend du temps. Et pour intégrer un monde comme ça, où l’aventure humaine est incroyable, je voulais venir à fond, parce que tout ce que j’entreprends, à chaque fois je suis à fond. J’aime bien faire les choses, connaître un peu tout l’environnement, et ça prend du temps pour connaître un monde comme ça. J’ai vraiment pris le temps, je suis allé dans différents haras, j’ai rencontré pas mal de personnes. Je me suis senti bien pour commencer notre aventure. Pour l’instant, j’ai rencontré des gens incroyables qui m’accompagnent dans cette aventure et c’est exactement ce que je recherchais, une aventure humaine avec des passionnés. J’ai hâte de raconter cette histoire, ramener humblement ma petite pierre à l’édifice pour construire un projet cohérent et qui peut aider le monde hippique.

Comment s’est noué le contact avec l'entourage, notamment Ludovic Gadbin ?

En fait, c’est le coach de l’ASVEL féminin, Valéry Demory, qui est dans les chevaux depuis 30 ans. Il savait que je voulais me lancer dans les chevaux après ma carrière. J’étais en vacances, il avait une opportunité avec Ludovic Gadbin et il a commencé à m’en parler. Il m'a dit : "Tony, je ne connais pas ton timing par rapport à quand tu veux commencer mais là j’ai une superbe opportunité avec une pouliche, je pense que tu devrais le faire". Du coup, j’ai appelé Ludovic, le feeling est super bien passé et donc on s’est retrouvé avec cette première pouliche.

Pourquoi s'être tourné vers le galop ?

Le galop, c’est parce que j’adore la vitesse. C’est mon identité, par rapport à comment j’étais en tant que joueur de basket. J’ai toujours aimé la vitesse donc c’est pour cela que j’ai commencé avec le galop.

Vous avez trois chevaux, tous avec le nom de Best. Vous souhaitez garder ce nom ?

Non, je ne vais pas le garder. J’ai déjà d’autres pouliches qui n’ont pas le même nom. Vous allez entendre parler de Mangoustine qui va faire son entrée cet été. On a gardé Best Win et Best Sixteen parce que c’est Charles Leclerc qui a choisi le nom. J’ai demandé à ma communauté sur Instagram de choisir en me donnant des propositions de noms de chevaux et Best Sixteen a gagné sur mes réseaux sociaux. C’est pour cela qu’on est resté avec ce nom. Mais on aura deux chevaux qui n’auront pas ce nom avec best, Mangoustine cet été et Crazy B qui va commencer l’année prochaine.

Vous aimeriez avoir combien de chevaux ?

Pour l’instant, je n’ai pas de chiffres. J’y vais au feeling, selon les opportunités. Comme j’ai dit, c’est une aventure humaine, j’ai eu la chance rencontrer des entraîneurs avec lesquels le feeling est très bien passé. Je cherche à amener ma pierre à l’édifice dans le monde hippique, parce que je trouve que cela devrait être plus populaire et qu’il y a des histoires incroyables à raconter. Donc j’aimerais faire connaitre davantage les courses pour que les gens apprennent à connaître ce monde-là.

Tony Parker: "Même si ça prend 15 ans, 20 ans, 30 ans, il faut rêver"

Quel est votre regard d’athlète sur les jockeys et les chevaux ?

J’apprends, j’ai beaucoup de chance d’être bien entouré. J’ai la chance d’avoir les conseils de Pierre-Charles Boudot qui est pour moi l’un des meilleurs jockeys au monde. Quand tu as la chance de dîner avec quelqu’un comme ça, cela accélère ton apprentissage. Pareil quand tu parles avec Henri Bozo qui est peut-être l’un des meilleurs éleveurs du monde avec l’écurie des Monceaux. J’ai dormi deux jours là-bas et tu apprends énormément, donc j’ai l’impression que mon apprentissage est en accéléré. C’est comme si je parlais à Michael Jordan et Magic Johnson pendant des heures, ça accélère bien évidemment ton apprentissage.

Que représente le Prix de l’Arc de Triomphe à vos yeux ?

J’adore l’histoire, que ce soit dans le sport ou dans le basket. Je suis quelqu’un qui connaît très bien l’histoire, qui respecte l’histoire, qui se renseigne. Tout le monde sait que la course qu’il faut gagner dans le monde, c’est l’Arc. Même si ça prend 15 ans, 20 ans, 30 ans, il faut rêver. Je sais très bien que ça va prendre beaucoup de temps, que la concurrence est rude. J’ai toujours rêvé grand dans le basket. Quand j’étais petit, je disais toujours que je voulais jouer en NBA et les gens me prenaient pour un fou. C’est pareil, les gens peuvent penser que je suis fou mais en tout cas je mettrai tout en œuvre pour avoir l’opportunité d’être compétitif. On va y aller petit à petit, on va construire. J’ai envie d’aider dans la formation, dans la vie des jockeys, il y a beaucoup de choses dans lesquelles j’ai envie d’amener ma pierre à l’édifice pour faire grandir le monde hippique.

Si vous gagnez l’Arc, que faites-vous ?

Ce serait incroyable. Je pense que depuis que je suis passé de l’autre côté de la barrière, que ce soit en tant que président de club qui gagne un titre avec son équipe en choisissant tout l’effectif. C’est une sensation incroyable de commencer de tout en bas et de voir le titre. Le sentiment que tu as quand tu gagnes est dur à décrire. Et quand tu me parles d’une victoire à l’Arc, ça va sûrement passer par des années de travail, en trouvant la bonne pouliche, les bons croisements, les bonnes opportunités… Tout l’écosystème du monde des chevaux. Ce serait incroyable de même avoir l’opportunité d’être dans une course comme celle de l’Arc. C’est quelque chose dont je rêve, bien sûr. Mais pour l’instant, je suis conscient que ça va être difficile. Mais l’important, c’est de pouvoir rêver.

Luca Demange