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Champions Cup: "Je ne suis pas programmé", assure Romain Ntamack

Le Stade Toulousain reprend ce week-end la Coupe d'Europe contre Bath (samedi, 14h). L'occasion de s'intéresser à l'un des grands espoirs du rugby tricolore, à savoir Romain Ntamack. Titulaire indiscutable en Top 14 à seulement 19 ans, il s'apprête à découvrir la Champions Cup. Il répond aux questions de RMC Sport.

Lundi dernier à Ernest Wallon, Romain Ntamack nous rejoint au bord du terrain qu’il a longtemps admiré et qu’il foule maintenant certains week-ends. À l’heure, polo du Stade Toulousain sur les épaules, style et coiffure impeccables, le jeune demi d’ouverture qui a migré au centre fait la même impression que sur le terrain. Carré, posé, talentueux, celui qui est attendu comme le grand numéro dix de demain, héritier d’un père capitaine plusieurs fois titré, évoque son début de carrière, ses premiers pas, la Coupe d’Europe, la pression qui l’entoure, son avenir à Toulouse et le XV de France.

Tu avais disputé seulement cinq matchs de Top 14 l’an passé (dont trois titularisations), alors que tu en as déjà joué six cette saison (tous en tant que titulaire). Qu’est-ce qui a changé en quelques mois?

Changé, je ne sais pas. Les départs ont fait que les jeunes ont été plus utilisés. C’était mon cas en ce début de saison. J’ai plutôt fait de bonnes prestations qui m’ont permis d’enchaîner, d’emmagasiner un maximum de temps de jeu et d’expérience. Ça s’est bien passé, on a fait six matchs plutôt intéressants. On va dire que c’est que du bonus et que du bonheur pour l’instant.

C’est comment le Top 14, à 19 ans?

C’est un rêve. D’y jouer, c’était déjà quelque chose de magique. D’y jouer aussi vite, c’est assez incroyable. Après, c’est dur, il faut s’y habituer rapidement, parce que ça va vite et ça cogne fort. Mais à force de jouer, c’est là qu’on se forge.

Il y a un mot qui revient quand on parle de toi avec le staff ou tes coéquipiers, c’est le mot "mature". Te sens-tu mature?

Euh (il hésite)… Oui peut-être un peu. Je suis un peu obligé de l’être, oui. Parce que dans un groupe professionnel, il faut forcément apprendre et gagner en maturité. C’est vrai que ça nous fait grandir. Je grandis plus vite au contact de joueurs d’expérience. Ils m’apprennent beaucoup et ils m’aident dans ma progression.

Ton père t’accompagne-t-il dans cette croissance?

Oui, mes parents sont très présents à ce niveau-là. Mon père a toujours été derrière moi sur le plan sportif. Il est très présent dans ma vie en général et dans ma vie sportive surtout. Je me repose encore beaucoup sur lui, on échange très souvent. Même si je commence à jouer avec l’équipe professionnelle, il reste toujours à mon contact. On échange sur les matchs, on se fait des débriefs un peu personnels tous les deux. C’est important d’avoir son avis, en plus de l’avis du staff.

On a parfois dit de toi que tu étais "programmé" pour le haut niveau. Acceptes-tu ce terme?

Non, je ne suis pas programmé. Je ne suis pas un robot. Je suis quelqu’un de normal, comme les autres. Non, non… j’essaye de faire abstraction de tout ce qui se dit autour et de me concentrer sur moi-même et sur mon jeu. Parce que je veux vraiment apporter ma jeunesse au Stade Toulousain et montrer qu’avec les jeunes, on peut avoir de bons résultats et aller chercher des choses plutôt sympas.

Tu vas découvrir la Champions Cup. C’est une compétition à laquelle le club est historiquement attaché (quatre trophées). C’est même ton père qui l’a soulevé la première fois. Est-ce particulier?

C’est quand même quelque chose de grand et phénoménal pour moi. De grands joueurs sont passés par là. C’est une compétition qui est quand même à part. Elle est de plus en plus dure, c’est compliqué de la gagner. Ce week-end, ça va aussi être compliqué face à Bath, une des meilleures équipes du championnat anglais. Sans parler de notre poule qui est très relevée.

Tu es en fin de contrat avec le Stade Toulousain. Quelle est ta volonté? De t’inscrire dans la durée?

Oui bien sûr. Le Stade Toulousain, c’est mon club de toujours. J’ai toujours joué ici. Depuis que j’ai l’âge de cinq ans. Je n’ai connu que le maillot rouge et noir. Donc forcément, c’est une très grosse envie pour moi de continuer à écrire l’histoire du club. Rester ici, c’est une priorité.

Qu’est-ce qui te sépare de l’équipe de France maintenant?

Ouf (il souffle)… plein de choses ! Je ne sais pas quoi, mais beaucoup de choses. L’équipe de France c’est encore très loin, pour l’instant je la regarde à la télé. Je ne me fixe pas l’objectif d’y être pour l’instant. Moi, mon objectif c’est d’être au Stade Toulousain, de faire les meilleurs matchs possibles avec mon club et de gagner des matchs en Top 14 et en Coupe d’Europe.

Propos recueillis par Wilfried Templier