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Champions Cup: Mola et Urios se chauffent avant Toulouse-UBB

La demi-finale de Champions Cup entre Toulouse et l’Union Bordeaux-Bègles, ce samedi (16h), promet des étincelles sur le terrain mais aussi sur les bancs entre les managers Ugo Mola et Christophe Urios qui se sont branchés par médias interposés.

Habitués à se croiser en Top 14, Toulouse et l’Union Bordeaux-Bègles vont s’expliquer sur la scène européenne, ce samedi (16h). Avec en jeu: une place en finale de Champions Cup. Un sommet pour un immense objectif, donc. Et la guerre des nerfs a déjà commencé dans l’avant-match, lors des conférences de presse des deux managers... qui s’apprécient peu. Ugo Mola, technicien toulousain, a lancé les hostilités jeudi en ironisant sur la qualité de jeu retrouvée des Girondins, en comparaison à l’étiquette plus restrictive qui accompagnait Urios avant de signer à Bordeaux.

Mola: "Son président l'a converti au jeu, ce n'est quand même pas rien"

"J'ai plutôt tendance à craindre les joueurs plus que l'entraineur, de manière générale, a-t-il lancé au sujet de sa rivalité avec Urios. Son management est une évidence. Je vois même que son président (Laurent Marti, ndlr) l'a converti au jeu, ce n'est quand même pas rien. C'est quelqu'un qui maitrise réellement l'humain, les forces et faiblesses de son groupe. Il maitrise son sujet. On a vraiment très peu regardé ce qui pouvait se passer de Bordeaux mais c'est quelqu'un qui prend de la place médiatiquement, c’est un bon client, donc, je vous (les journalistes) laisse avec lui. Mais son management est assez pertinent donc on fera le point après le match."

Urios: "S’il vous plait, ne me parlez pas de ce personnage"

Cette sortie piquante, agrémentée de quelques compliments, n’a pas échappé à Urios. Le manager, qui se laisse rarement marcher dessus sans répondre, a cette fois préféré ne pas attiser le feu. Tout en laissant comprendre ce qu’il pensait de son adversaire de samedi. "S’il vous plait, ne me parlez pas de ce personnage", a-t-il répondu au journaliste qui l’interrogeait sur la pique ironique de Mola.

Les deux hommes ne cachent pas leur inimitié depuis de longues années, sans que l'on connaisse le point de départ, qui pourrait tout de même remonter à la fin de la première aventure d'Urios sur le banc de Castres (2002-2005). Les personnalités opposées des deux hommes - Mola, enfant de Toulouse, chantre du jeu offensif, et Urios, admirateur de l'implacable Munster, qui aime tirer la quintessence de ses moyens et joueurs à sa disposition - ont ensuite aider à alimenter leur rivalité.

Celle-ci a aussi été exacerbée par leurs récentes confrontations sur les bancs de Toulouse et Castres avec des duels épiques, comme la victoire du CO à Ernest-Wallon (31-41) en 2017, où les Tarnais restaient sur 39 ans de disette. Il y eut encore cette victoire castraise en barrage quelques mois plus tard, sur la route du titre conquis par Urios et ses ouailles. La vengeance avait sonné en 2019 avec une victoire toulousaine à Castres dans les dernières journées de la phase régulière, accélérant la glissade du CO, finalement privé de barrage pour la dernière saison d'Urios avant de rejoindre Bordeaux. Une histoire de caractères différents et d'ego qui pourraient faire quelques étincelles, samedi le long de la ligne de touche d'Ernest-Wallon.

Jeudi, Mola a tout de même salué le travail du président girondin, Laurent Marti. "Il a été capable d’insuffler une envie de jeu et de rugby, et je pense que l’UBB fait partie des équipes les plus dangereuses de notre championnat, a-t-il conclu. C’est un adversaire des plus sérieux sur notre route européenne." Mais qui n’a plus joué un match depuis trois semaines en raison des cas de coronavirus qui ont touché son effectif.

NC avec WT et JFP