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Comment Harinordoquy a conquis Toulouse

Imanol Harinordoquy

Imanol Harinordoquy - AFP

Opposé à Montpellier ce dimanche (14h) pour la première journée de la Champions Cup (poule 4), le Stade Toulousain comptera encore sur Imanol Harinordoquy. Après avoir songé à arrêter sa carrière cet été, le 3e ligne basque (34 ans) a déjà conquis tout le monde au sein du club haut-garonnais.

On peut être un Basque pur jus, avoir « souvent énervé » Guy Novès lors des dix dernières années mais avoir droit, par deux fois, à une standing ovation du public d’Ernest-Wallon. C’est possible, mais il faut pour cela s’appeler Imanol Harinordoquy. Venu tenter l’aventure à Toulouse cette année, alors qu’il n’avait jamais quitté les Pyrénées-Atlantiques (cinq ans à Pau, puis dix ans à Biarritz), le 3e ligne international était estampillé « Euskadi ». Son arrivée chez les Rouge et Noir, à 34 ans et après deux saisons à galérer à cause de problèmes à un genou, dont la dernière à vivre la descente du BO en Pro D2, avait donc légitimement soulevé les interrogations. Mais Harinordoquy, qui avait été en contacts deux fois avec Toulouse dans le passé, les a déjà effacées.

« J’avais la boule au ventre comme quand tu es jeune et que c’est la rentrée des classes », avoue celui qui est sans doute le meilleur joueur toulousain depuis le début de saison. Sa science en touche, son expérience et sa hargne sont une aubaine pour un collectif en difficulté depuis la reprise. « On a ce que j’appelle un grand joueur, dans mes termes ça veut tout dire, lance Guy Novès. Je ne le connaissais pas, il m’a souvent énervé quand il était en face et je comprends pourquoi, parce que c’est un grand joueur. Comme tous les grands joueurs, il a un état d’esprit, du talent, il joue pour l’équipe. Je comprends pourquoi depuis toutes ces années on disait que Dimitri (Yachvili, ndlr) et lui avaient une incidence sur l’équipe de Biarritz. »

Harinordoquy : « J’arrive à faire des choses que je ne pouvais plus faire »

Si le talent de l’homme aux 82 sélections en Bleu est intact, sa façon de voir les choses a radicalement changé. Son physique aussi. Et c’est ce qui fait la différence. « C’est un tout. Quand ça va mieux physiquement, tu prends plus de plaisir sur la pelouse, explique-t-il. Aujourd’hui quand je suis sur le terrain, que ça soit à l’entraînement et encore plus en match, je suis heureux et j’en profite à 200 %. Parce que j’arrive à faire des choses que je ne pouvais plus faire et que je pensais que je ne pouvais plus faire. (…) Dans ma démarche, aujourd’hui, je vais plus vers les autres que par le passé. Le fait de changer de club, il faut aller vers les autres, il ne faut pas attendre qu’ils viennent vers toi. »

Après avoir sérieusement songé à mettre un terme à sa carrière et être « reparti de zéro » au mois de juillet, Harinordoquy savoure donc ce retour en grâce. Sans voir plus loin que la fin de saison et sa fin de contrat. Au moins dans ses déclarations publiques : « Je ne planifie rien du tout, assure le Basque. Des fois, on me demande : "Contre qui vous jouez dans trois semaines ?". Et je ne sais même pas parce que je prends les matchs les uns après les autres. » Toujours sans l’avouer, il se verrait bien ajouter une sélection, voire plus, à ses 82 déjà vécues, à un an de la prochaine Coupe du Monde. Après tout, Harinordoquy n’est plus à un défi près.

AA avec WT