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Angleterre-Afrique du Sud: Habana espère que les Boks écriront "l’histoire avec le premier capitaine noir"

Bryan Habana, ancien ailier de Toulon champion du monde en 2007 avec l’Afrique du Sud, souhaite un nouveau titre mondial pour les Springboks, samedi (10h) face à l'Angleterre, avec Siya Kolisi, premier capitaine noir de la sélection, pour lever le trophée.

L’affiche de la finale entre l’Angleterre et l’Afrique du Sud rappelle de bon souvenirs à Bryan Habana. En 2007, les Springboks s’étaient imposés face aux Anglais pour s’offrir leur deuxième titre mondial au cours d’une édition où l’ailier s’était révélé aux yeux du monde en terminant meilleur marqueur d’essais de la compétition (8). Douze ans plus tard, il rêve d’une fin identique et beaucoup plus symbolique encore en imaginant Siya Kolisi, premier capitaine noir de la sélection, lever le trophée. Dans un pays longtemps marqué par la ségrégation et toujours touché par les inégalités, la portée serait très forte. 

"On peut écrire l’histoire"

"Ce sera un très grand match face à une équipe d’Angleterre qui joue énormément bien ce moment, confie Habana, ambassadeur de la marque de voitures Land Rover. Leur force est qu’il n’y a rien de mauvais du 1 au 23. Après la demi-finale, contre le pays de Galles, je me dis qu’on peut faire quelque chose physiquement même si les avants anglais sont forts et plus grands que ceux du pays de Galles. Je me dis qu’avec le premier joueur noir capitaine des Springboks, on peut écrire l’histoire. Si on le fait, ce serait énorme de rentrer avec la Coupe du monde en Afrique du Sud."

"Le rugby peut faire de grandes choses pour notre pays, poursuit-il. En Afrique du Sud, on a une histoire très différente des autres pays. Le sport apporte beaucoup de choses pour les personnes en Afrique du Sud, surtout en ce moment avec la situation politique difficile. Si les Springboks gagnent, ça ferait de grandes choses pour toutes les personnes qui veulent autre chose en Afrique du Sud."

Il s’attend à une tâche très compliquée pour les Boks, qu’il ne voyait pas vraiment à ce niveau. "Si on m’avait demandé il y a 18 mois, j'aurais dit que ce n’était pas possible, sourit-il. L’arrivée de Rassie Erasmus a provoqué beaucoup de changements dans l’administration et avec de nouveaux joueurs. Fin 2018, on ne savait toujours pas si on pouvait faire grand-chose à la Coupe du monde mais les deux, trois derniers mois ont été énormes pour l’Afrique du Sud, les Springboks et les joueurs."

NC avec Jean-François Paturaud