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FFR-LNR: "Un dialogue de sourds"

Bernard Laporte

Bernard Laporte - AFP

La tension est montée d’un cran ces dernières semaines entre la FFR et la LNR, surtout avec le souhait de mettre en place des contrats fédéraux par Bernard Laporte. Le dialogue entre les deux parties est désormais particulièrement compliqué.

Les relations entre la fédération française de rugby et la ligue nationale de rugby sont plus tendues que jamais. Et avec la volonté du président Bernard Laporte de mettre en place des contrats fédéraux pour une quarantaine de joueurs, la tension est encore montée d’un cran.

"Aujourd’hui, nous avons une opposition de principe et on ne comprend pas pourquoi, a indiqué Serge Simon mardi lors d’un petit déjeuner presse à Marcoussis. Dans les discours, tout le monde est d’accord pour donner la priorité à l’équipe de France mais dès qu’on veut faire évoluer le système, c’est non. C’est la même chose pour le financement de la formation et la limite de joueurs sélectionnables. C’est non, non et non. Cela ressemble effectivement à un dialogue de sourds. Mais nous sommes des gens optimistes et nous pensons que l’intelligence triomphera." 

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Mais comment? En passant en force? "Non, mais on va passer avec de l’intelligence, assure le numéro 2 de la FFR. On pense qu’on va être entendu. On a conçu ce projet de contrat fédéral avec l’union des joueurs, leur envie et dans le marbre juridique de la convention collective. On discute avec certains clubs professionnels. Notre discours convainc des acteurs. Avec de l’optimisme, il va se propager et on va y arriver. Pour l’instant, les seuls qui nous oppose un refus de principe sont les dirigeants de la Ligue. Aujourd’hui, on pense que c’est indispensable. Le périmètre réglementaire nous permet de passer en force mais ce n’est absolument pas le propos aujourd’hui. On veut porter ensemble cette réforme."

Simon: "Laporte fait effraction dans un milieu réactionnaire"

Du côté de la LNR et des présidents de Top 14, on veut faire bloc face à ces propositions de la FFR. Douze présidents du Top 14 étaient d’ailleurs réunis ce mardi matin à Orly, ceux "qui ont souhaité aborder collectivement les questions liées aux internationaux." Seuls manquaient Mourad Boudjellal et Francis Salagoïty, respectivement présidents de Toulon et Bayonne, qui, eux, ont refusé de signer cet accord. Ils n’étaient en effet pas invités à cette réunion organisée à l’initiative de Paul Goze.

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"On est serein, répond Serge Simon. Vous savez, Bernard Laporte fait effraction dans un milieu réactionnaire. Mais c’est un président de réforme et il ira au bout de ses idées. Alors je le répète : on est serein. (…) Il y a eu une, deux puis trois réunions… Chacune d’entre-elles a abouti à une fin de non-recevoir. Quand Bernard Laporte, alors candidat à l’élection fédérale, a été reçu par le président de la Ligue Paul Goze, il lui avait dit: "ne signez pas cette convention avec la fédération, Monsieur Goze. Car si nous étions élus, vous vous jetteriez dans une impasse." Avoir signé cette convention à deux mois d’une élection, c’est comme si le président de la République changeait la constitution avant de quitter ses fonctions…"