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FFR: pour un président du Top 14, Laporte "ne peut que démissionner"

Bernard Laporte

Bernard Laporte - AFP

Les révélations du JDD au sujet d’une supposée intervention du président de la FFR, Bernard Laporte, en faveur du club de Montpellier et de son président Mohed Altrad font réagir les présidents du Top 14. Pour eux, la suspicion est maintenant trop forte.

Quand on évoque avec eux les révélations du Journal du Dimanche concernant Bernard Laporte, les présidents de Top 14 se rangent unanimement derrière une éventuelle communication du président de la Ligue Nationale de Rugby, Paul Goze. Mais en "off", les avis sont tranchés: "Il y a un évident conflit d’intérêt. Qui peut vous dire le contraire? Donc Laporte doit démissionner. Il ne peut que démissionner", nous lâche l’un d’eux, en précisant que cette position est celle de la (très) grande majorité des présidents, hormis celle imaginée de Mohed Altrad, qui reste silencieux depuis le début dans ce dossier.

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Rappel des faits (présumés): le 13 août dernier, le Journal Du Dimanche affirme dans son édition que le président de la FFR, Bernard Laporte (son entreprise BL Communication), a signé un contrat d’un an à hauteur de 150 000 euros avec Mohed Altrad, président de Montpellier, pour des prestations de relations publiques. Mais ce contrat s’accompagnerait d’une interdiction de nuire à la réputation d’Altrad, qui est aussi sponsor maillot du XV de France et soutien financier de la candidature de la France à l’organisation de la Coupe du Monde 2023.

Une intervention de Laporte pour réduire des sanctions?

Autre révélation présumée du JDD: Laporte serait intervenu personnellement pour qu’en appel, la commission de discipline réduise des sanctions envers le club de Montpellier, lequel avait été condamné à un match hors de son stade suite à l’apparition de banderoles "anti-Ligue" et "anti-Paul Goze" lors du dernier Montpellier-Racing.

Nouvelle étape ce week-end: selon le journal L’Equipe, la démission de Philippe Peyramaure, un des membres de cette dite commission. Troublant. Dans ce dossier, le silence est d’or. C’est le cas de Laporte, Altrad et beaucoup d’acteurs du Top 14. Seulement, au téléphone et sous couvert d’anonymat, les langues se délient. "C’est une véritable atteinte au rugby français. Le ministère des Sports est obligé d’enquêter sur ces faits", pense un président.

Flessel se veut prudente

Justement, interrogée par RMC Sport, la ministre Laura Flessel s’est voulue prudente: "J’ai demandé à ma directrice de cabinet de se rapprocher pour comprendre un peu les différents articles qu’il y a eu à travers les journaux donc du coup j’attends le retour. La première étape, c’est de parler au président de la Fédération, d’écouter ce qu’il dit et on verra par la suite. Pour le moment, il n’y a pas d’attaque, il n’y a pas de demandes de justice donc du coup, on va laisser faire, je dirais, en fonction de ce que le président me répondra."

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Seulement la saison du Top 14 est lancée et "l’équité en prend un coup". Ironie de l’histoire, mercredi, la commission d’appel doit traiter le cas du Racing, sanctionné d’une amende de 50 000 euros pour les propos de son entraîneur Laurent Labit, qui lui avait pris 15 semaines de suspension, après avoir visé Altrad, également en avril dernier. "On sait tout ce que le président de Montpellier a entrepris. Il a acheté la Fédération, le maillot en particulier et une partie de la presse", avait-il lâché, avant de s’excuser deux jours plus tard.

Après ces révélations, Labit sera mercredi à Marcoussis dans un contexte très particulier. Ce qui fait dire à un président: "On va rigoler quand l’entraîneur du Racing 92 va se présenter devant la commission. Et à lui, on demande de lui baisser la sanction aussi ?! Ces évènements sont une catastrophe".

D'autres démissions devraient suivre

Selon nos informations, après la démission de la commission d'appel de la FFR de Philippe Peyramaure, d’autres pourraient suivre. Plusieurs sources ont indiqué à RMC Sport "qu'il faut s'attendre à ce que d’autres membres de cette commission lui emboîtent le pas dans les heures ou les jours à venir". De son côté, La Ligue Nationale de Rugby devrait communiquer sur cette affaire lundi soir après le bureau fédéral.

Par ailleurs, les présidents de clubs craignent également que cette affaire amène de la suspicion sur le rugby français. "Puisque la FFR nomme les arbitres, imaginez que Montpellier gagne un match important sur une décision litigieuse. Même si on ne doute pas que l’arbitre est de bonne foi, derrière, ça va se déchaîner! Tout ceci jette l’opprobre sur un sport au sein duquel pourtant beaucoup de personnes honnêtes agissent".

Démission. Le mot revient dans la bouche de plusieurs présidents de Top 14 que nous avons sondés. N’oublions pas le contexte: à travers la LNR, les rapports entre ces présidents et le monde fédéral n’étaient pas des plus apaisés. Mais cet avis résume un sentiment actuellement diffus au sein du monde professionnel du rugby.

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WT et LD