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France-Japon: un match nul qui sonne comme une défaite (et une petite humiliation)

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Malmené par des Japonais virevoltants et joueurs, le XV de France a été accroché pour sa dernière sortie du tournoi de novembre (23-23), ce samedi soir à la U Arena. La crise s’est bien installée et il va falloir réagir, après une nouvelle démonstration de… non-jeu de la part du groupe tricolore.

Fin de série pour les Bleus mais…

Oui les Bleus n’ont pas perdu cette fois. Oui, ils ont mis fin à cinq défaites consécutives (six, hein, si d’aventure on se décidait à finir par compter cette défaite entre les équipes B françaises et néo-zélandaises). Mais le XV de France, en partageant les points avec le Japon (23-23), n’a surtout pas gagné un seul match de sa tournée de novembre – qu’il est loin l’objectif initial de trois victoires du président de la FFR Bernard Laporte – et n’a plus connu de sourires au coup de sifflet final depuis six matchs (ou sept, hein, toujours). La crise, que les Bleus auraient repoussé en cas de succès, est là et bien là. Ce XV de France, incapable de déborder la 11e nation mondiale, est malade, profondément malade et c’est sonné qu’il devra analyser tous ses manques. Car le Tournoi des VI Nations, c’est dans deux mois et demi. Autrement dit demain. Et Guy Novès et son staff sont bien évidemment en première ligne.

Quelques lueurs pour un jeu… pardon quel jeu?

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On y reviendra, mais il y a eu la lueur Gabriel Lacroix, véritable vent de fraîcheur côté tricolore. La grinta de Vahaamina, qui s’est donné pour aller gratter quelques ballons. L’envie et la détermination de Teddy Thomas, décisif dans les derniers instants pour éviter aux Bleus une plus grande désillusion … Mais aussi le sang-froid de Trinh-Duc, passeur décisif sur l’essai de Lacroix (51e) mais aussi et surtout imperturbable et régulier face aux perches, avec un 5/5 dans l’exercice. Une perf’ importante puisque c’est elle qui a permis aux Bleus d’être au contact, de mener et finalement de partager les points face au Japon. Mais on n’oubliera pas la première période, terrible, avec seulement 20 passes effectuées, contre 62 réussies pour les Japonais. On n’oubliera pas la terrible fin de match, où les Bleus ont bien failli prendre l’eau.

Une mêlée et une défense en souffrance

Ce sont les deux axes principaux qu’il faudra étudier, repenser, bouleverser, impérativement, dans les jours à venir. Si les Bleus pouvaient se trouver des excuses face aux Blacks et aux Boks, cette fois, ils ont affiché leurs lacunes face à une opposition supposée vraiment à leur portée. Plaquages manqués, déficit de puissance mais aussi mêlée tout sauf impériale: voici pêle-mêle ce que pourront pointer du doigt les membres du staff tricolore dimanche lors du débriefing. L’essai de Slimani, bien épaulé par Poirot pour le coup (40e) n’effacera pas le manque de solidité chez nos avants. Ni celui du reste de l’équipe, finalement.

Lacroix, promesses tenues

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Quand le XV de France, on l’espère pour lui, retrouvera des couleurs et de sa superbe, quand l’heure ne sera pas à la sinistrose ou au doute, on demandera à Gabriel Lacroix de pousser la chansonnette ou de s’essayer à la gratte pour pousser un peu plus loin son mimétisme facial avec le chanteur Julien Doré. On se concentrera surtout ce samedi soir sur l’apport de l’ailier du Stade Rochelais. Mis en lumière mardi dernier par la défaite pour du beurre contre les Blacks, l’intéressé avait marqué deux essais. A défaut de le voir (sacré regret d’ailleurs) contre l’Afrique du Sud, Lacroix a connu sa première sélection officielle ce samedi face au Japon. Son bilan: un essai, un autre presque inscrit avant d’être envoyé en touche. De la disponibilité, de la vivacité et de la justesse sur ses prises de balle (fait rare par les temps qui court côté français). Mais un carton jaune malheureux pour un plaquage dangereux sur Tamura (61e) vient ternir son encourageante prestation.

Le flop évité de la U Arena

Pour la première sortie d’une équipe de France sur sa pelouse, la U Arena a affiché plein. Enfin presque. L’enceinte de la ville de Nanterre a une capacité maximale de 27 000 sièges, selon la FFR. 25 000 billets ont été émis pour la dernière sortie des Bleus dans cette tournée de novembre. Et à défaut de savoir si tous avaient trouvé preneurs, le stade, fermé pour l’occasion par son toit, était finalement bien rempli pour son tout premier match de rugby. Malgré la série de résultats catastrophique des protégés de Guy Novès. Pour quel résultat en tribunes? Beaucoup de silence, peu de vacarme, un soutien partiel et parsemé et des sifflets surtout, quand les Bleus, en difficulté dans le jeu, ont privilégié le pied de Trinh-Duc plutôt qu’un peu d’audace.

Le Japon, on était prévenu pourtant

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"La France doit battre le Japon, c’est une évidence. Mais il y aura match. Pour le Japon, ce match contre la France est important. Ils se doivent de respecter ce match car il en va de leur crédibilité pour le futur." Ainsi parlait Marc del Maso, l’ancien entraîneur de la mêlée de l’équipe du Japon, au micro tendu par notre journaliste Florent Germain, quelques jours avant l’explication de texte de samedi. A un peu moins de deux ans de SA Coupe du monde, la sélection japonaise jouait gros sur la pelouse de la U Arena. Si elle avait un message à faire passer, il est bien passé, tant ses joueurs ont posé de nombreux problèmes aux Français, incapables de contenir leur vivacité. On a vu des Japonais très joueurs, soucieux de jouer et relancer de partout – mais n’était-ce pas d’ailleurs le projet de jeu initial de Guy Novès -. On a vu des Japonais accrocheurs, décidés à faire un coup, à l’image de l’essai d’Ai Valu en fin de match (74e), alors qu’Horie (24e) et Lafaele (43e) avaient déjà fait suer le camp français. On a aussi vu des Japonais endurants certes mais souvent indisciplinés, ce qui a permis à la botte de François Trinh-Duc de briller. Un point faible qui a permis aux Bleus de rester au contact, notamment. Le Japon sait ce qu’il lui reste à corriger.

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A.D