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L'émouvant message du père de Christophe Dominici à son fils

Jean Dominici, père de Christophe, ancien joueur du XV de France décédé le 24 novembre, lui a rendu un hommage poignant sur la préface de la réédition de la biographie de son fils.

Un peu plus de trois mois après la mort tragique de Christophe Dominici (24 novembre), une réédition de son autobiographie "Bleu à l'âme" paraît, ce jeudi. Dans celle-ci, Jean, le père de l'ancien ailier du XV de France, lui consacre une préface poignante dont l'Equipe publie une partie. Il s'adresse directement à lui

"Mon Cristh, quelque chose devenu rare depuis que tu es parti s'est produit aujourd'hui, débute-t-il. J'ai été heureux pendant quelques minutes. Un de tes chevaux a gagné, Christophe! Tu vois, tu l'as bien choisi. Je suis sûr que de là-haut, tu l'as vu franchir la ligne en tête et ça a dû te faire plaisir à toi aussi. C'est bon d'imaginer qu'on puisse encore partager des moments de bonheur tous les deux. J'ai su que Max (Guazzini) était venu te rendre visite ce matin, au cimetière de la Ritorte, à Hyères où tu reposes avec ta soeur, Pascale. Ta mère y va tous les jours ; moi, tous les deux jours, j'ai du mal."

"On m'enlève la moitié qui me faisait vivre et plus rien n'a de sens"

Jean Dominici évoque la douleur de ce nouveau deuil après le décès accidentel de Pascale, sa fille, en 1986 à l'âge de 20 ans: "Ne plus te voir. Ne plus t'entendre. C'est dur. On m'a enlevé ta soeur et c'est une partie de moi-même qui est partie avec elle. Maintenant, on m'enlève la moitié qui me faisait vivre et plus rien n'a de sens."

Il revient également sur le moment où il a appris le décès de son fils, tombé d'un haut mur à l'entrée du Parc de Saint-Cloud, à proximité de chez lui. "Loretta (la femme de Christophe Dominici) m'a dit tout de suite qu'elle ne croyait pas à la thèse du suicide, explique-t-il. Qu'elle était follement inquiète pour toi, la maladie t'envahissait, te privant de sommeil, et que quand tu parvenais à dormir un peu, ton repos était perturbé par des cauchemars. Des histoires de poursuites, d'agressions dont tu te sentais victime."


"On t'a retrouvé sur le sol, détaille-t-il encore. Mort sur le coup, mais gisant sur le dos. Pas face contre terre comme quelqu'un qui se jette volontairement dans le vide. Ton corps n'était pas disloqué, ton visage pas abîmé. Tes ongles seulement semblaient avoir été arrachés, comme si tu avais tenté de te rattraper."

Jean Dominici revient aussi sur les jours qui ont suivi le décès et les nombreux hommages reçus. "Nous avons dû attendre jusqu'au samedi 28 novembre, pour enfin te voir. [...] Et ce que je vais te dire va te paraître bizarre, mais Christophe, tu étais... magnifique dans ton costume noir! Tu semblais apaisé, comme délivré de tous les démons qui te taraudaient. Et toutes les personnes qui venaient se recueillir auprès de toi, m'ont semblé repartir apaisées, elles aussi. Max est resté trois jours, inconsolable. Il m'a dit : "J'ai perdu l'être que j'aimais le plus au monde." Fabien Galthié, qui n'osait pas entrer au début, est passé et repassé plusieurs fois, refaisant la queue derrière les nouveaux venus. Ça a duré, je ne sais pas: cinq heures ! On aurait juré qu'il avait des choses importantes à te dire."

Les circonstances de la mort de l'ancien ailier du XV de France et du Stade Français n'ont toujours pas été établies par les enquêteurs. L'ancien joueur avait été profondément marqué par l'échec du rachat de Béziers quelques mois plus tôt. Il s'est éteint à l'âge de 48 ans, laissant le monde du sport et du rugby dans un profond chagrin.

Nicolas Couet Journaliste RMC Sport