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Laporte : "Nous sommes en mesure de signer prochainement des contrats fédéraux"

Invité exceptionnel du "Grand week-end sport" ce dimanche sur BFM Sport, Bernard Laporte a balayé l'actualité du rugby hexagonal. Le président de la FFR est revenu sur le parcours des Bleus lors du dernier Tournoi des VI Nations mais aussi sur sa volonté immuable de mettre en place les réformes nécessaires pour continuer à faire avancer le monde de l'ovalie.

Bernard Laporte, le match des Bleus contre le Pays de Galles samedi s'est bien terminé (20-18)...

C'était palpitant, une fin de match excitante. Très émouvante, aussi. Tout le monde était satisfait. Ce n'était pas un très grand match mais les vingt dernières minutes ont quand même été historiques. On n'en voyait pas la fin, on se demandait quand est-ce que ça allait s'arrêter. C'était quand même particulier. Et ce qui est génial dans cette histoire, c'est que personne ne pouvait gagner le Tournoi. Mais on avait l'impression que c'était la finale de la Coupe du monde. Dans le stade, il y avait un engouement, une effervescence. C'était merveilleux. 

Le bilan du XV de France dans cette édition du Tournoi des VI Nations est de trois victoires et deux défaites. Est-ce un Tournoi réussi pour vous ? 

Ceux qui réussissent leur Tournoi sont ceux qui gagnent, il faut être sérieux quand même. Mais comme je l'ai dit aux joueurs, on sent qu'il y a quelque chose, une âme, des bons mecs, une envie, une fierté de porter ce maillot. Ce sont les fondamentaux. Après, il faut travailler pour regagner ce Tournoi. Après novembre, on sentait des prémices. On ne peut pas dire qu'il y ait une confirmation totale sur le terrain. Ce n'est pas réussi, mais c'est loin d'être catastrophique. C'est respectable. 

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Êtes-vous satisfait de niveau de jeu affiché par les Bleus ? 

Il y a du bien et du moins bien. Ce qui m'intéresse, c'est l'état d'esprit affiché. La fierté et la solidarité leur ont permis de gagner ce match contre le Pays de Galles. Parce que c'est vrai que ça aurait fait désordre que la France perde. On aurait fini cinquièmes du Tournoi. Cela nous montre que si on veut retrouver une équipe de France qui gagne, il faut aller plus loin. Il faut réformer, ce qu'on fait les Irlandais, les Gallois et Écossais depuis sept-huit ans. Et on s'aperçoit qu'on a désormais du mal à les battre.

Quel a été votre rôle durant ce Tournoi des VI Nations ? 

Le rôle d'un président. Mais c'est vrai que je regarde les matchs avec l'oeil du technicien que j'ai été pendant 20 ans et que je suis toujours. C'est une évidence. Je n'ai toutefois pas pu voir un seul entraînement. Ce n'est pas que je n'en avais pas envie mais je n'ai pas eu le temps. Il y a beaucoup de travail à la Fédération, beaucoup de réformes à mettre en place. Cela m'a manqué de ne pas pouvoir assister à un seul entraînement de l'équipe de France. Je vous garantis que j'irai les prochaines fois, en tant que spectateur, car c'est ma passion. Mais je dois rester à ma place. 

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Après la défaite contre l'Irlande, vous avez fait part de votre volonté de mettre en place des contrats fédéraux. Où en êtes-vous dans ce projet ? 

Je ne l'ai pas seulement annoncé après l'Irlande, je l'avais déjà fait durant toute ma campagne pour être président. Il y avait un programme et c'est l'un de mes 44 engagements. C'est une chose qui doit s'accélérer car on a une équipe de France qui ne gagne plus. Il faut réformer et c'est l'une des réformes à faire, mettre les joueurs sous contrat. Cela a avancé avec certains présidents de club. Beaucoup comprennent la situation et se disent que c'est difficile de consolider les budgets quand on dirige un club de Top 14. Je crois qu'il serait normal que ce soit la Fédération française de rugby qui paie les joueurs. 

Quelles relations entretenez-vous avec la Ligue nationale de rugby (LNR) ? 

Par moments, nous sommes d'accord. D'autres fois, non. Mais comme je l'ai dit au président de la LNR, Paul Goze, j'ai gagné avec un programme donc je l'appliquerai. Quoi qu'il arrive. Sinon, ça ne veut plus rien dire, les élections. Même si les gens ne sont pas d'accord, cela ne bloquera rien. Que les choses soient claires. Il n'y a qu'un seul patron dans le rugby français et c'est le président de la Fédération française, en l'occurrence moi. Je peux vous dire que nous sommes en mesure de signer prochainement des contrats fédéraux, certains clubs sont d'accord. Cela va se mettre en place. Mais je ne veux pas de rapports de forces avec la Ligue, j'oeuvre pour l'intérêt général du rugby français. 

Est-ce que l'évolution du rugby professionnel en France vous inquiète ? 

Je ne dirais pas qu'elle m'inquiète. Mais depuis un mois, on parle beaucoup de faits divers et peu de jeu, de compétition et de rugby. Cela me gêne plus, oui. 

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