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Mort de Christophe Dominici: "Beaucoup de gens n'ont pas fait ce qu'il fallait", déplore son père

Un an après la disparition tragique de Christophe Dominici, son père Jean-Marie s'est confié dans les colonnes du Parisien. Ce dernier, qui estime toujours que le décès de l'ancien international est un accident, confie aussi qu'il n'allait pas bien les semaines précédentes. Et qu'il n'a peut-être pas été encadré comme il le fallait.

Le 24 novembre 2020 restera une triste date pour le rugby français. Il y a un an tout juste, Christophe Dominici, ancien ailier du Stade Français et des Bleus, décédait à 48 ans après une chute d'une dizaine de mètres dans le parc de Saint-Cloud. A l'occasion de ce sombre anniversaire, son père Jean-Marie a accordé une interview au Parisien. Dans laquelle il évoque notamment les circonstances du drame.

"Je me pose beaucoup de questions, confie-t-il. On voulait savoir, même si ça ne le fera pas revenir. L’enquête a été classée et a conclu à un accident. Pour moi, c’est un accident. Il n’avait rien laissé, pas de mot, rien. Il aimait trop ses petites, il tenait trop à sa mère, à son père. Il n’était pas bien et il est tombé. S’il avait voulu se suicider, il se serait jeté sous un train ou sous un camion."

"Il ne fallait pas le lâcher. Il fallait l’entourer constamment"

Une chose est sûre, c'est que mort accidentelle ou non, Christophe Dominici n'était "pas bien" dans les semaines précédant son décès. "Avec sa mère, nous avons beaucoup de regrets, explique Jean-Marie Dominici. Nous en parlons toujours et encore ce week-end. Nous aurions dû aller le voir, même à pied s’il avait fallu. Il fallait qu’on le soigne. Il n’a pas été bien suivi. (...) Il avait passé trois mois à la maison. C’est moi qui lui donnais ses médicaments tous les matins. Il ne fallait pas le lâcher. Il fallait l’entourer constamment. Il est remonté à Paris et on n’a plus su comment il allait. Beaucoup de gens n’ont pas fait ce qu’il fallait. Il est sorti de chez lui un matin. On n’aurait jamais dû le laisser sortir."

Grand nom du rugby hexagonal, Christophe Dominici était également un homme torturé, qui avait dû affronter plusieurs périodes noires durant son existence. "Il souffrait beaucoup, glisse son père. Aujourd’hui, il ne souffre plus. Il avait déjà fait une dépression juste après la Coupe du monde 1999. Il était bien reparti et puis elle est revenue, là. Il y a eu cette histoire de reprise du club de Béziers. Il était beaucoup trop passionné. Des gens l’ont berné, on ne sait même pas où ils sont maintenant. Il a été trop déçu, d’autant qu’il avait fait beaucoup de promesses."

C.C.