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Pelous: "Je ne suis pas inquiet pour le XV de France"

Fabien Pelous

Fabien Pelous - AFP

Les Bleus, qui sont de retour à Marcoussis depuis vendredi, ont retrouvé le ballon, après un mois essentiellement consacré au physique. Fabien Pelous, ancien deuxième ligne du XV de France et nouveau directeur sportif du Stade Toulousain, a livré son sentiment sur la préparation de la bande de Philippe Saint-André, sur les ondes de RMC.

Fabien, le stage de préparation des Bleus à Tignes a été très intense. Cela vous a-t-il rappelé ce que vous aviez vécu lors des précédentes Coupes du monde ?

La problématique est toujours la même, c’est de se remettre au haut niveau physique pour aborder cette compétition qui est unique. C’est le seul moment dans le rugby international où l’on voit les équipes avec leurs meilleurs éléments se préparer pour cette compétition spécifique. Sur toutes les préparations aux Coupes du monde, le principal travail était de remettre les équipes au niveau physiquement pour aborder au mieux la compétition.

C’est dans ces moments que se forme une équipe ?

Je pense qu’on forme les équipes en permanence. Mais quand on favorise les moments difficiles et les moments où il faut de l’entre-aide, effectivement c’est un phénomène un petit peu multiplicateur de cet esprit-là. Si on fait des choses difficiles où les joueurs tirent un peu sur la corde et vont chercher mentalement loin, il y a de la solidarité qui naît de ces moment-là. Il suffit d’un regard, d’une parole, d’un encouragement… Tous ces petits moments font naître des liens entre les joueurs. L’esprit d’équipe c’est ce lien que les joueurs peuvent tisser entre eux. Et dans les moments difficiles, c’est toujours plus facile de repérer ceux qui ont cet état d’esprit et ceux qui sont un petit peu plus individualistes.

Le 23 août le groupe sera réduit à 31 joueurs. Cela provoque-t-il une émulation ou des tensions ?

Il n’y a vraiment pas de vérités. Dans certains sports collectifs les choses sont préétablies, avec des titulaires et des remplaçants où chacun connait son statut. Philippe (Sain-André) et le staff ont décidé de jouer la concurrence à fond. Sur certains postes les joueurs ont pas mal tourné et chacun peut prétendre à une sélection. Je pense que dans l’esprit du sélectionneur et du staff les choses sont assez cadrées, maintenant il peut y avoir une bonne surprise avec un joueur qui ferait une énorme impression sur l’un des deux matches de préparation (contre l’Angleterre le 15, puis le 22 août). Les joueurs peuvent encore mettre le doute dans l’esprit du sélectionneur.

Pensez-vous que Saint-André a déjà la trame de son groupe ?

Oui j’en suis sûr. Il a peut-être 26 joueurs et il doit y avoir quatre interrogations sur le groupe. Cela va se jouer sur huit joueurs avec sur certains postes, des choix vraiment importants parce qu’il y aura des choix de profils de joueurs qui vont malgré tout avoir des répercussions sur le style de jeu de l’équipe de France. Il y a rarement des profils très différents mais si un Bastareaud se blesse, Philippe sera obligé de prendre plutôt un joueur massif pour compenser cette absence-là, au détriment d’un joueur qui joue un peu plus sur l’évitement et sur sa vitesse de course. Il y a aussi des circonstances qui font que dans un groupe il y a besoin d’un panel de profils pour joueur tous les adversaires. Il faut avoir plusieurs cordes à son arc, pour pouvoir pallier à tous les soucis.

Etes-vous inquiet lorsque vous voyez jouer les nations de l’hémisphère sud ?

Je ne suis pas inquiet. Bien sûr qu’ils jouent bien, mais la Coupe du monde est une compétition à part où tout le monde est remis au niveau physiquement. Durant les saisons courantes c’est toujours circonstanciel, selon que l’on soit en fin ou en milieu de championnat. La Coupe du monde ce n’est jamais circonstanciel, tout le monde s’est préparé pour être bon pendant ces deux mois de Coupe du monde, et on voit les vrais niveaux. D’ailleurs il faut constater que le rugby français finit toujours dans les quatre premiers, on a quand même était trois fois en finale de la Coupe du monde, donc on n’a rien à envier aux autres lorsque l’on est à égalité sur le plan physique avec les autres nations. Je ne suis donc pas inquiet, nous sommes largement capables de joueur aussi bien. Regardez le récent match en Angleterre, même si il a était perdu (55-35), on a été capable de faire du jeu à la fois spectaculaire et efficace, et je pense que ça a été le point zéro d’une remise en question et d’une prise de conscience que l’on pouvait rivaliser avec les grandes nations.

Comment abordez-vous cette saison de Top 14, comme directeur sportif du Stade Toulousain ?

Guy Noves a écrit une magnifique page de l’histoire du Stade Toulousain, maintenant c’est à nous d’écrire la nôtre. C’est à nous de faire perdurer cette tradition du jeu un peu spécifique qu’a le Stade Toulousain. Ma mission va être de décliner ça sur l’ensemble du club pour avoir une formation au diapason de l’équipe première et essayer de faire en sorte que les jeunes joueurs arrivent à s’intégrer facilement et puissent amener du sang neuf dans le groupe.