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Rugby: la manager des Bleues assure qu'Assa Koïta n'a pas été écartée en raison de son voile

Retraitée en août dernier, Assa Koïta a estimé que sa mise à l'écart du XV de France était liée à son port du voile. Des accusations rejetées par Annick Hayraud, la manager des Bleues.

Internationale du XV de France féminin à 30 reprises, victorieuse du Grand Chelem et troisième de la Coupe du monde 2014 de rugby, Assa Koïta a pris sa retraite pendant l’été 2020. Mais son aventure chez les Bleues s’était terminée dès 2015 après, selon elle, son choix de porter le voile au quotidien. 

"C'est mon ressenti, je laisse les gens se faire leur idée. Je sors d'une Coupe du monde où je suis élue dans le quinze mondial, on continue à m'appeler en équipe de France et, au moment où je mets un foulard, on ne m'appelle plus, avait ainsi expliqué la principale intéressée pour L'Equipe au moment de raccrocher les crampons. J'étais au top de ma forme et j'ai continué à l'être: pendant la saison 2018-19, mes coéquipières me disaient que j'étais meilleure qu'en 2014."

Plusieurs appels de la FFR mais aucune convocation

De passage sur la chaîne beIN Sports ce dimanche, Assa Koïta en a remis une couche et a taclé une nouvelle fois le comportement de certains membres de la Fédération française de rugby (FFR). Après 2015, celle qui jouait, sans difficulté liée au port du voile, avec les clubs de Vitry puis au Stade Français n’a plus jamais eu droit aux honneurs du XV de France féminin.

"Mais bon, je savais que c’était ça. Une fois que j’ai commencé à porter le foulard j’ai reçu des coups de fil de la Fédé (la FFR, ndlr). J’ai pensé que c’était un sujet qui fâche et soulevait des questions. On m’a posé des questions, les gens ont eu peur mais je les ai rassurés. […] On m’a appelé pour me dire que cela ne dérangeait pas pour aller en sélection, que je porterai un bonnet. Un autre coup de fil m’a dit que le DTN avait été contacté pour savoir si j’étais sélectionnable et qu’il avait répondu oui tant que j’avais le niveau. Je recevais des coups de fil mais je n’étais pas appelé en stage. Dès le premier coup de téléphone je savais que c’était mort et que je ne serais plus appelée car cela devait leur poser problème."

Koïta: "Ils ont des préjugés et ils sont enfermés dans leur bulle"

Sans jamais s’être vu signifié officiellement quoi que ce soit, Assa Koïta est certaine d’avoir payé son choix religieux et d’avoir été la victime de décideurs pas assez ouverts d’esprit selon elle. L’ancienne avant estime avoir toujours eu le niveau pour les Bleues.

"Je sais que j’étais un pilier de l’équipe, que je lui apportais énormément et surtout que j’avais toujours le niveau. Je méritais d’y être, a lancé l’ex-joueuse de 29 ans. C’est par ignorance tout simplement, ils ne connaissent pas la religion. Ils ont des préjugés et ils sont enfermés dans leur bulle. On ne m’a même pas proposé de venir à Marcoussis en enlevant mon foulard. On m’a coupé. […] C’est l’équipe de France, on est médiatisées et il y a peut-être un petit côté politique. Je ne sais pas. Mais c’était dommage et de la discrimination. C’est injuste mais ensuite je me suis dit je m’en fiche. On m’a enlevé une partie de mon rêve mais j’étais en paix avec moi-même et j’allais bien."

Aucune discrimination selon la Fédé

Du côté de la FFR et notamment de la manager des Bleues Annick Hayraud (en poste depuis 2017 après l'avoir déjà été entre 2011 et 2014), on assure que la décision d’écarter la deuxième-ligne a relevé uniquement du sportif. 

"Les convictions religieuses d'Assa ne sont jamais entrées en ligne de compte dans nos choix, a estimé la patronne du XV de France féminin auprès de Rugbyrama. Simplement, si Assa n'est pas revenue en sélection, c'est qu'elle n'avait pas retrouvé le niveau auquel on l'avait connu et que globalement, elle avait du mal à revenir, voilà tout. […] Sa religion n'entrait en aucun cas dans nos critères de sélections."

Une réponse qui ne semble toutefois pas convaincre Assa Koïta. Ce lundi, l’ancienne rugbywoman a posté un nouveau message sur les réseaux sociaux: "La vérité finit toujours par triompher". 

JGL