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Guazzini: ''Lorenzetti et Savare n’ont pas réfléchi aux conséquences''

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Invité ce vendredi du Super Moscato Show, Max Guazzini est revenu sur le projet de fusion entre le club qu’il a autrefois présidé, le Stade Français, et le Racing 92. Une fusion que l’ancien dirigeant parisien rejette, déplorant le manque de considération humaine de ce projet.

Max Guazzini, pourquoi êtes-vous opposé au projet de fusion entre le Stade Français et le Racing 92 ?

Il y a deux clubs qui disparaissent, dans une nouvelle association. Le Stade Français, puisque c’est lui qui m’intéresse, c’est le Stade Français. C’est un club historique, il n’a pas à disparaitre. On ne peut, comme ça autour d’une table, rayer d’un trait de plume, autour d’intérêts qui sont ce qu’ils sont, l’histoire de deux clubs. Ce n’est pas possible.

La solution pour contrer cette fusion pourrait-elle venir de l’arrivée d’un repreneur pour le Stade Français ?

C’est difficile, oui, mais c’est ce que j’espère. J’ai lancé un appel dans différentes chaines de télévision. J’espère que cet appel sera entendu. J’espère que des gens de bonne volonté, français ou étrangers, vont se réunir pour sauver ce club. Thomas Savare, c’est son droit. Il ne veut plus de ce club. Je le comprends. Lorenzetti a raison, il mange le concurrent, c’est formidable. Cela dit, il y a d’autres solutions que celle-là.

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Le discours présenté lors de l’annonce de ce projet vous a échaudé ?

Ce que je n’ai pas aimé dans la conférence de presse, c’est lorsqu’un des présidents a dit 45+45 en parlant des joueurs, ça fait 45. Non, pour moi, ça fait 90. Je crois que dans les fusions de grande société, on n’ose pas dire des choses pareilles. Même si dans leur logique à eux, c’est normal, ce n’est pas ma logique à moi, ni celle des supporters, ni celle des joueurs et de ceux qui aiment le rugby et ont encore quelques valeurs.

Pensez-vous que les deux présidents s’attendaient à un tel rejet de leur projet ?

Ils n’ont pas réfléchi aux conséquences. Je pense qu’ils ont dû se dire que ce serait facile, que ça allait de soi, qu’on s’arrangerait, qu’on indemniserait les joueurs. Quand je vois les messages de Djibril Camara, de Rabah Slimani, de David Skrela, qui m’a dit qu’il avait des larmes de sang... Ils ne se rendent pas compte de ce que c’est. Un club, ça n’appartient à personne. On n’est que de passage. On réussit, on ne réussit pas. Mais le club continue. C’est une entité supérieure aux hommes.

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Selon vous, Thomas Savare et Jacky Lorenzetti peuvent-ils revenir en arrière ?

L’erreur est humaine. On peut tous se tromper. On peut se dire finalement, ce n’était pas une bonne idée. Ce sont des hommes intelligents. On peut trouver une solution. Je suis optimiste. Mais il faut qu’on se batte.

Comme l’espèrent certains supporters du Stade Français, seriez-vous prêt à revenir comme président ?

Je suis le premier des supporters. Moi, j’appartiens au passé. S’il faut aider les gens qui reprennent, je serai là pour le faire. Mais ce n’est en aucun cas une démarche personnelle.