RMC Sport

Micmac à la toulousaine

-

- - -

A l’heure d’aborder un mois d’avril décisif pour sa fin de saison, le Stade Toulousain connaît quelques turbulences en coulisses. La Mairie a même décidé de suspendre une subvention accordée au club champion d’Europe. Sur fond de querelle politique.

C’est une ''péripétie'' dont se serait bien passé le Stade Toulousain. A l’aube d’un mois avril décisif (sprint final en Top 14 et quart de finale de H-Cup), le club de René Bouscatel s’agite dangereusement en coulisses. En cause : les atermoiements du club autour de la subvention de la mairie. Cette subvention s’élève à 954 000€ et se divise en trois parties : 272 000€ pour la SASP (monde professionnel), 382 000 pour l’association (partie amateur) et 300 000 pour les « Amis du Stade », association propriétaire d’Ernest-Wallon. C’est sur cette dernière partie que la ville a tenu à alerter le club.

Le 17 novembre dernier, par le biais d’un courrier, le président René Bouscatel demande à la ville de regrouper les deux premières subventions (654 000 euros) pour « développer » la pratique du rugby amateur. Mais le 2 février, toujours par courrier, le président fait machine arrière et demande l’annulation de cette procédure, en stipulant au passage qu’il avait trouvé un accord avec l’administration fiscale. Du côté de la Mairie, on n’apprécie que modérément ce volte-face et ce « manque de transparence ». Alors on sévit : « Nous avons convenu avec René Bouscatel de suspendre provisoirement la subvention de la SASP le temps qu’il nous fournisse quelques éclaircissements », justifie François Briançon, premier adjoint aux sports de la Mairie. Cette suspension sera soumise au vote du conseil municipal vendredi après-midi.

Bouscatel fragilisé ?

Derrière les enjeux financiers, se cachent également des motivations politiques. Depuis mars 2008, la municipalité a basculé à gauche. Elu au conseil municipal, René Bouscatel se retrouve dans la peau de leader de l’opposition. Président salarié du club - un cas unique en France - il est également payé par des fonds publics venant de la mairie. « Le président du Stade Toulousain a décidé de devenir président du groupe de l’opposition, continue Briançon. Il est assez virulent dans la politique municipal, mais il ne faut pas que ce rôle entrave la bonne entente qui a toujours existé entre la ville et le club. »

Sollicité ce mercredi, et au courant de la suspension de la subvention depuis deux semaines, le président Bouscatel a refusé de commenter cette décision. Certains pourraient le penser fragilisé. D’autant qu’il se murmure qu’il ne fait pas forcément l’unanimité au sein de son club. Et si la municipalité demandait un départ ? « On ne demande rien, mais on veut trouver les bonnes conditions de travail, conclut Briançon. La situation se dégrade entre le président et les élus de la ville. La réponse appartient au Stade Toulousain. » Après le départ de l’expert-comptable Claude Helias, proche de Guy Novès et véritable numéro deux du club le 17 mars dernier, c’est une nouvelle source de turbulence pour le club le plus titré de France.

Wilfried Templier à Toulouse