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Stade Français: "Je serais vraiment déçu d’arrêter ma carrière sur ça", regrette Palisson

Alexis Palisson

Alexis Palisson - AFP

Alexis Palisson, 32 ans, trois-quarts centre international (21 sélections, finaliste de la coupe du monde 2011, auteur du Grand Chelem en 2010) a quitté en cours de saison le LOU pour signer un contrat de joker médical au Stade Français. Il a été pris au piège de l’annonce du confinement et c’est à Lyon en famille qu’il patiente et espère.

Alexis, nouveau joueur au Stade Français, vous êtes pourtant confiné à Lyon. Pourquoi?

Je suis rentré le vendredi précédent l’annonce du confinement pour aller à Lyon où se trouve ma famille. J’ai pris le TGV depuis Paris pensant y revenir le lundi pour m’entraîner peut-être dans des conditions un peu particulières. J’avais donc laissé tout dans mon nouvel appartement parisien que je n’ai occupé finalement que trois jours. J’ai laissé mon ordinateur, ma trousse de toilettes, même la console de jeu! Que des objets nécessaires à une survie au confinement… Une fois à Lyon, j’ai regardé comme tout le monde l’annonce à la télé. On ne savait pas trop où on allait au début. On a fait des cartons pendant le week-end pensant encore pouvoir déménager quinze jours après et puis non, bloqués avec ma femme et notre petit bonhomme.

Sportivement parlant, comme faites-vous pour ne pas trop perdre la forme?

C’est compliqué surtout depuis qu’on ne peut plus aller courir à plus d’un kilomètre. Il y a une petite montée devant la maison, je fais mes courses de cote, j’ai improvisé une salle de musculation dans le bureau avec quelques haltères et des outils que j’avais emmagasiné durant ma carrière. Mais s’entraîner seul quand on a l’habitude de le faire collectivement, c’est difficile.

Pourquoi avoir signé en cours de saison à Paris et comment s’est passé votre arrivée au Stade Français?

Je tiens tout d’abord à dire que j’ai été super bien accueilli, ça m’a fait beaucoup de bien, surtout après plusieurs mois d’indisponibilité pour Lyon à cause de mon dos douloureux. Quand je suis revenu en forme, l’équipe était déjà faite, c’était compliqué d’avoir du temps de jeu. J’ai décidé de tenter l’aventure Stade Français à fond, avec l’accord de Pierre Mignoni. Je suis donc arrivé dans un club que je ne connaissais qu’au travers de la télévision et de sa réputation. J’y ai trouvé un club avec une ambiance atypique, avec des mecs super contents de mon arrivée, je les ai remerciés et je tiens encore une fois ici à leur dire merci. On m’avait parlé d’un club pas comme les autres, franchement je ne connaissais pas et j’avoue avoir été bluffé. L’intégration s’est bien passée et j’ai connu le bonheur de débuter d’emblée avec le match à Toulon qui s’est plutôt bien passé même si je manquais de rythme, n’ayant plus joué depuis trois mois. On aurait bien sûr aimé gagner. Et puis il y a eu le confinement…

Comment vivez-vous ce coup d’arrêt?

C’est bizarre. Je reste quand même confiant parce que je pense qu’il me reste une ou deux années facile dans les pattes. J’ai encore envie de jouer, je me sens encore capable. Je serais vraiment déçu d’arrêter ma carrière sur ça… Il y aurait un petit goût d’inachevé, ça ferait même mal. Mais je pense que je suis un peu comme tous les Français, on vit un peu au jour le jour. Mais il y a le petit bonhomme, les journées sont quand même bien remplies! Mais on reste dans le flou par exemple avec le déménagement, l’entreprise l’a annulé. On ne sait ni quand, ni où on va partir: si on me dit dans deux jours que la saison est annulée, terminée, je n’aurais plus d’autre raison de monter à Paris que pour y récupérer mon scooter et les trois ou quatre choses qui sont dans l’appartement.

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Propos recueillis par Laurent Depret