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Stade Français: "On était des gamins immatures", Pablo Matera revient sur ses tweets racistes

Sanctionné par sa Fédération pour des tweets racistes et xénophobes publiés entre 2010 et 2011, l’Argentin Pablo Matera est revenu dimanche sur cette affaire. Le troisième ligne du Stade Français a confié son sentiment de honte et raconte avoir dû s’expliquer devant l’ensemble des joueurs et du staff.

En plein Rugby Championship, la Fédération argentine avait décidé de sanctionner et de suspendre temporairement son capitaine Pablo Matera. En cause des tweets racistes et xénophobes, publiés sur les réseaux sociaux entre 2010 et 2011 alors qu’il avait 17 ans. "On était des gamins immatures", a-t-il confié ce dimanche à L’Equipe.

"Nous les jeunes, n'accordions pas d'attention particulière à la notion de racisme"

"En Argentine, à l'époque, nous les jeunes, n'accordions pas d'attention particulière à la notion de racisme, à la différence d'autre pays comme la France ou l'Angleterre, par exemple. Sans doute parce qu'il n'y a pas tant de diversité chez nous où le poids, la signification et l'interprétation des mots ne sont pas les mêmes. On était des gamins immatures, on regardait beaucoup la télé où certaines personnalités parmi les plus connues balançaient des vannes. Du coup, malheureusement, ça nous semblait normal, on voulait les imiter, on se croyait drôles", a-t-il poursuivi.

"J'ai eu honte. Je ne pouvais pas imaginer les avoir écrits"

L’Argentin a également été interrogé sur ce qu’il avait ressenti, lorsque ces tweets avaient refait surface: "J'ai eu honte. Je ne pouvais pas imaginer les avoir écrits. Quand ils sont revenus à la surface, je suis allé regarder tout ce que j'avais écrit, et même ceux qui n'avaient aucune connotation m'ont fait honte. J'ai vu à quel point j'étais immature. Mais aussi je me suis aperçu à quel point j'avais mûri depuis, comment j'avais changé, ce que j'étais devenu. J'avais laissé tout cela derrière moi et j'ai pu apprécier le chemin que j'avais parcouru depuis cette époque", a-t-il répondu.

Il raconte également avoir dû s’expliquer devant le groupe et le staff réuni dans les vestiaires, à son retour au Stade Français. "Certains ont pris la parole pour exprimer leurs sentiments, ce qui a été très positif", a estimé Pablo Matera, toujours auprès de L'Equipe.

Des tweets ressortis après le décès de Maradona

Le Parisien n’est pas le seul joueur argentin dont les tweets homophobes et xénophobes ont refait surface en novembre. Guido Petti, joueur de Bordeaux-Bègles, a également été impliqué. Il a lui aussi été reçu par son club, mais la tension semble être moins redescendue avec ses coéquipiers. En effet, Mahamadou Diaby, capitaine de l’UBB en l’absence de Jefferson Poirot, avait par exemple déclaré qu’il ne mangerait pas avec l’Argentin.

Les tweets de Pablo Matera, Guido Petti et Santiago Socino (Jaguares) avaient refait surface quelques jours après la mort de Diego Maradona. En Argentine, certains avaient reproché aux Pumas de ne pas avoir rendu hommage à la légende du football. Les joueurs s'étaient alors retrouvés sous le feu des projecteurs.

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