RMC Sport

Stade Français-Stade Toulousain… Choc ou flop ?

Pour l'ancien joueur du Stade Français, il y aura bel et bien choc samedi face aux Toulousains

Pour l'ancien joueur du Stade Français, il y aura bel et bien choc samedi face aux Toulousains - -

Samedi prochain, le Stade de France affichera complet pour assister au duel entre les deux stades pour le compte de la 8e journée du Top 14. Mais le public aura-il droit à un vrai match ?

On est en droit, légitimement, de se poser la question. Entre les coups de sang des uns (Guazzini : Toulouse dénigre le Stade de France), les explications des autres : (Guy Novès : « On a une grosse saison à gérer ») et les prévisions surprenantes d’une petite minorité (Fabrice Landreau dans l’Equipe : « Kelleher sera là »), difficile de s’y retrouver et surtout difficile de savoir à l’avance si le choc entre les deux stades, samedi, sur la pelouse dionysienne, aura bel et bien des allures de grand rendez-vous.

Mais à défaut d’avoir vu juste ou non – réponse définitive demain bien sûr – concernant Kelleher, Landreau n’a peut-être pas totalement tort lorsqu’il prévoit un match difficile pour les siens, et ce malgré les absences, en principe de dix cadres du vestiaire rouge et noir (Albacete, Jauzion, Human, Dusautoir, Pelous, etc…). « C’est vrai que le Stade Toulousain a été exceptionnel à Glasgow. Ils s’en sont sortis avec beaucoup de caractère et de courage du côté de Bath. On sait ce qui nous attend ce samedi au Stade de France. On a toujours envie de pouvoir titiller les meilleurs. Le Stade Toulousain est quand même champion de France en titre, c’est la meilleure équipe en ce moment. A nous de faire ce qu’il faut pour essayer de les battre ce week-end. »

Dominici : « On ne prendra pas ce match à la légère »

Christophe Dominici, désormais chargé de l‘entraînement des arrières et ancien joueur il y a peu de temps du Stade Français, partage l’avis du reste du staff. « Je crois que c’est un peu d’intox. La fois où il y avait eu les explosions aux usines AZF, Toulouse nous avait battu avec une équipe rajeunie. Ce ne sera pas facile. On sait tous qu’entre Kelleher et Elissalde, c’est performant. Derrière, c’est très polyvalent. Je pense que son 23 de départ sera très cohérent. Il va peut-être aligner une équipe peu expérimentée mais avec un banc très expérimenté. Il tentera très certainement de faire basculer les choses en sa faveur en seconde période. »

Côté toulousain, on semble ne pas vouloir faire d’effets d’annonces. Guy Novès n’a pas revu son discours, à savoir privilégier la performance sur plusieurs semaines et non pas juste sur un match. « Le Stade Français, ce n’est pas l’avenir », a même confié le guide des Rouge et Noir qui conservera jusqu’au dernier moment le suspense sur sa future composition d’équipe. « Notre équipe sera différente mais très compétitive. Il y aura dix changements par rapport au quinze de départ qui a gagné à Glasgow. Et dix pros resteront à Toulouse, au repos ou blessés. » D’ailleurs, pas de fuite possible chez les principaux intéressés, ces derniers ayant tous confiés ne pas connaître le profil de la formation alignée du côté du Stade de France.

Skrela : « Le point commun entre les deux clubs ? La gagne »

Certains d’entre eux, pourtant, connaissaient déjà leur sort à l’avance, à l’image de Vincent Clerc, convalescent. L’arrière toulousain, probablement déçu de ne pas pouvoir prendre part à la joute de samedi, ne tient pas à donner plus d’importance que cela au match face au Stade Français. « Non, il n’y a pas encore de grosse rivalité entre les deux équipes. La rivalité, elle arrive seulement lors des phases finales. On va jouer Paris comme les autres équipes. Il n’y aura pas d’énervement de notre part, pas de mention spéciale à coller à ce que certains appellent le clasico. »

D’un côté donc, le Stade Toulousain, roi de France en titre à la qualité de jeu toujours aussi convaincante et déterminée à ne pas faire du rendez-vous face à son grand rival l’un des matches incontournables de sa saison. De l’autre, la meilleure formation française de ce début de saison, le Stade Français, qui n’a toujours pas perdu un match toutes compétitions confondues et qui tient, pour le moment, d’une main de maître les commandes du Top 14. Quel est le point commun de cette confrontation au sommet ?

David Skrela, ancien Parisien désormais… Toulousain, s’explique. « Le point commun ? C’est l’ambition des deux clubs. Cet esprit de gagne, il est toujours présent avec l’envie de faire un peu plus de façon à ce que le samedi, eh bien ça gagne. Au niveau des différences, l’engouement est plus populaire à Toulouse. Même si ça a changé depuis quelques années, on est plus anonyme à Paris… Ce n’est pas la même chose. » Remarque judicieuse de l’international français qui aura tout intérêt à ne pas se tromper de vestiaires… samedi.

Alix Dulac