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Top 14: Castres, l‘histoire d’une remontada et d’un point de bonus

Samedi, en cas de victoire sur Toulon et selon les résultats, le Castres Olympique a l’occasion de se qualifier pour la phase finale du Top 14. Impensable fin décembre, lorsque le club était 13e et barragiste. Mais une victoire à Lyon a tout changé. Et sa fin de match a montré la résilience des joueurs, qui, malgré le point de bonus défensif concédé à l’adversaire, a été le départ de l’aventure.

Peut-être que Castres, actuel 7e du classement du Top 14, jouera son dernier match de la saison samedi soir face au RC Toulon. Mais peut-être qu’il réalisera le casse du siècle, en combinant une victoire à une défaite du Stade Français ou de Clermont et se retrouvera en barrage. Employer ce terme de "casse", c’est se souvenir d’où le club revient, 13e au début de l’année civile, après une défaite à domicile face à Brive, qui coûtera son poste au manager Mauricio Reggiardo et propulsera Pierre-Henri Broncan à la tête de l’équipe.

Alors quand le CO entame son match à Lyon, ce samedi 2 janvier et que le trois quart centre Yann David écope d’un carton rouge dès la 4e minute, on est loin de se douter que six mois plus tard, il jouera sa qualif’ lors de la 26e et dernière journée de la phase régulière. Mais les Tarnais réalisent ce soir-là un match dantesque et renversent les Lyonnais. Alors, assurés de la victoire quand ils mènent 15 à 7 après la sirène, le manager Pierre-Henri Broncan leur demande presque de lever le pied sur la dernière action.

"Je me dis qu’il est complètement fou lui!"

"On gagne, Lyon a une mêlée et je me souviens de dire aux joueurs: laissez-les marquer, ce n’est pas grave on a gagné la rencontre!" C’est finalement ce qui arrive. Un essai de Ngatai, transformé par Doussain, ramènera le LOU à un point au final (14-15). Mais à la fin de la rencontre, son trois quart centre, Thomas Combezou vient de suite le voir. "Il me dit: mais tu es fou, on ne doit pas leur laisser un bonus défensif!" De quoi décontenancer le coach.

"Je lui dis qu’on ne va pas jouer le maintien avec Lyon, que ce n’est pas notre adversaire. Et lui m’avait répondu: 'Si, si, on va jouer la qualification avec eux!'. C’est là que je découvre le groupe. Quand tu es 13e, que tu viens de perdre contre Brive à domicile et que tu as un joueur qui te dis que le bonus va compter pour se qualifier, je me dis qu’il est complètement fou lui (rires)!". Et pourtant… huit victoires en onze journées plus tard, et alors que le LOU est sorti de la course à la qualification, la prophétie de Combezou peut éventuellement prendre forme.

"Les doigts dans la prise"

L’intéressé se rappelle: "Ils étaient en train d’attaquer et il criait 'laissez les marquer'. Avec Julien Dumora, on s’est retourné et on lui a dit qu’on ne voulait pas. Bon, certes, ils ont fini par y arriver… mais tout est possible! La saison est longue, ça peut basculer. Il faut en prendre conscience, avec l’expérience." Tout ceci n’est finalement pas feint. Pas une façade sur le moment. "Le championnat est tellement fou, poursuit Combezou. Ça se joue vraiment à des petits détails. A l’époque il nous manquait un petit truc pour nous permettre de basculer. Mais je crois qu’on l’a trouvé." Visiblement… Si son capitaine Mathieu Babillot affirme que son équipe s’est réveillée car "elle a mis les doigts dans la prise", Castres peut encore paraitre sur courant alternatif.

Perdre le match à Bordeaux à cause de sa touche, voir Brive lui fondre dessus samedi dernier au point d’avoir la transformation du match nul au bout du pied ou encore être l’équipe la plus pénalisée du Top 14 cette saison. Mais samedi, chez eux à Pierre-Antoine, ces éternels outsiders des beaux jours seront encore difficiles à manœuvrer. "C’est les joueurs qu’on a, conclut Broncan. Je pense qu’ils sont fous. C’est pour ça qu’on est remonté et qu’on peut jouer un huitième de finale ce week-end. Parce qu’on a des joueurs à part." Qui pourront même laisser le bonus défensif aux Toulonnais, si c’est pour avoir les quatre points de la victoire de leur côté.

WT