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Top 14: Montpellier décimé par le calendrier infernal

S’il a assuré son maintien en Top 14, Montpellier a payé cher l’enchainement des matchs ces dernières semaines, avec de multiples blessés.

Montpellier en a presque fini de son calendrier infernal. Samedi soir, le MHR terminera sa saison de Top 14 à Pau, après avoir enchaîné sept matchs entre le 1er mai et le 29 mai, soit un match tous les quatre jours. Impensable en début de saison et surtout contraire au sacro-saint principe de la santé et sécurité des joueurs. Fabien Simon, responsable du pôle rééducation du MHR, a tenu à exprimer sa colère sur le site du club dans une tribune intitulée "Chronique d'un kiné en colère": "Cet enchaînement infernal aura fini de décimer nos troupes. En effet, nous déplorons (après la confrontation contre Bayonne le 29 mai) un total de 26 blessés avec des indisponibilités allant de 4 jours pour les plus courtes à 8 mois pour les plus longues. Ce qui représente 3,7 joueurs par rencontre. Une véritable hécatombe".

Car depuis quelques semaines, les matchs se suivent et les images sont les mêmes: des joueurs obligés de quitter la pelouse à cause de blessures très sérieuses. Samuel Maxime (coude) contre le Stade Français, Yannick Arroyo (rupture du tendon d’Achille) et Jules Bertry (rupture des ligaments croisés du genou) lors du match contre Bordeaux, Yacouba Camara (lésion à l’épaule) obligé se rendre à l’hôpital après la victoire contre Bayonne à cause de la douleur.

Saint-André avait prévenu

Après la qualification en finale du Challenge européen, Philippe Saint-André avait exprimé son mécontentement dans les Grandes Gueules du Sport, sur RMC: "Je suis très en colère parce que l’équité sportive n’est pas là. On ne peut pas jouer tous les trois ou quatre jours. On a joué samedi, aujourd’hui dimanche on doit faire trois tests. On n’a plus des narines, ce sont des cendriers avec ces trois tests (de dépistage pour le coronavirus, ndlr) par semaine. On ne se rend pas compte mais on est dans un sport de combat collectif et les mecs ont des pètes. Je dois gérer un effectif où j’ai déjà huit joueurs qui ont fini la saison. Les gens qui prennent ces décisions, soit n’ont jamais joué au rugby, soit ne sont jamais rentrés dans un vestiaire après un match. Les joueurs, pendant 48h, ce sont des serpillères. Ils récupèrent, se font masser et passent à la cryothérapie."

Un enchaînement de matchs qui avait obligé le staff du MHR à envoyer les espoirs au Stade Français ou à Bordeaux, comme le souligne Fabien Simon: "Ce calendrier surchargé nous aura également obligés à lancer un grand nombre de jeunes joueurs en Top 14 afin d’éviter un forfait dans cette année difficile (où le maintien n’était toujours pas assuré jusqu’à ce week-end) : 2 blessés graves contre le Stade Français Paris et 2 autres contre l’Union Bordeaux-Bègles". D’ailleurs, devant la folie du calendrier, Jean-Baptiste Elissalde et Olivier Azam n’avaient pas fait le déplacement à Bordeaux pour préparer le match décisif contre Bayonne, qui a assuré le maintien du MHR en Top 14.

Saint-André ne décollerait pas d’ailleurs samedi soir à l’issue de cette victoire: "J'espère que plus jamais, plus jamais, dans le Top 14, une équipe devra jouer cinq matchs en 18 jours. C'est impossible dans notre sport. Aujourd'hui, je crois qu'on avait 27 joueurs valides dans l'effectif. Je le dis haut et fort: on ne se rend pas compte de l'état mental et physique quand on joue cinq matchs en 18 jours. Je crois que j'ai 18 joueurs qui ont la saison terminée, avec des blessures entre trois et neuf mois. Le rugby est un sport magnifique, le Top 14 une compétition exceptionnelle. Mais la santé des joueurs doit être une des priorités."

JL