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Top 14 - Huget: "Comment va-t-on finir plus tard ?"

Yoann Huget

Yoann Huget - AFP

Alors que les instances du rugby ont lancé cette semaine le Grenelle de la santé des joueurs de rugby professionnels, réunion où toutes les composantes de ce sport n’étaient malheureusement pas présentes, l’ailier international Yoann Huget s’est dit inquiet pour la santé des joueurs. Surtout en ce qui concerne l’après-rugby.

"On attend beaucoup de ce nouvel organisme". Il était présent en conférence de presse pour évoquer le déplacement à Toulon avec le Stade Toulousain, mais l’actualité du moment a inspiré l’ailier international Yoann Huget: le Grenelle de la santé des joueurs de rugby professionnels a été lancé cette semaine à Paris et interrogé à ce sujet, le Toulousain n’a pas pu cacher son inquiétude. "Il faut surtout être vigilant pour protéger la santé du joueur après la carrière. Aujourd’hui on est impliqué à 100% dans notre passion, qui est aussi notre métier, mais il faut nous protéger. Car quand on a les mains dans le rugby et la tête aussi, on a du mal à prendre du recul et à se dire qu’il faut prendre un, deux ou trois mois pour récupérer."

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"Il y a une vie après le rugby"

Pour lui, pris par les enjeux et la concurrence, les joueurs ne sont pas toujours lucides sur la situation. "Parce qu’au bout d’une semaine, souvent on va mieux. Et on n’a pas envie de laisser la chance aux autres. Donc il faut juste qu’on soit un peu plus accompagnés. Que ce soit sur le terrain, en dehors, mais aussi après le rugby. C’est tout ce qu’on demande". Alors que le monde du rugby n’a pas réussi à réunir l’ensemble de ses composantes autour d’une table (la Fédération Française de Rugby, qui a expliqué ne pas avoir été invitée, n’a envoyée aucun de ses représentants), Huget s’est lui dit soucieux de l’évolution de son sport. "C’est surtout quand on est devant la télé et qu’on voit tous ces mecs qui tombent au fur et à mesure pendant un match. On se dit qu’on fait un drôle de métier des fois".

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Protocoles commotions à répétition, carton bleu expérimenté en Fédérale 1 et au sein de l’élite féminine (l’arbitre peut décider de sortir un joueur), les impacts répétés et dangereux sont dans toutes les conversations. Et évidemment chez les professionnels du Top 14. "Surtout, comment va-t-on finir plus tard ?", s’interroge Yoann Huget. "Parce qu’il y a une vie après le rugby. C’est notre passion, on aime ça, mais on y laisse beaucoup la santé. Il faut nous protéger un minimum pour la suite de notre carrière et de notre vie. On a des enfants, des familles et on a envie d’en profiter. On a vu beaucoup de joueurs arrêter pour des commotions et aujourd’hui avec les impacts qu’il y a, il va falloir faire attention". Le jeu en vaut la chandelle, si on ose…

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