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Toulouse: "Encore mieux que ce que j’avais imaginé", savoure Kaino sur sa vie en France

Le double champion du monde All Black a raconté à RMC Sport son adaptation en France, ses premiers mois et premiers pas à Toulouse, sur et en dehors du terrain. Avant la demi-finale face au Leinster (dimanche 16h15), rencontre avec un homme comblé par sa nouvelle vie.

La vie à la française

"Pour moi c’est de passer beaucoup de temps en famille, apprécier la cuisine française, passer pas mal de temps dehors à profiter de ce que peut nous offrir cette vie. L’architecture, les plages… la vie à la française est plutôt tranquille. Et j’ai découvert votre cuisine. C’est assez dingue. J’aime la saucisse de Toulouse, les baguettes… je peux manger plein de baguettes! Les chocolatines, le foie gras, il y a plein de choses que j’aime dans la cuisine française. Mais je dois faire attention à ne pas trop manger (rires)! Non mais c’est dingue d’être là, de profiter de la vie à la française et en bonus de manger comme vous. C’est encore mieux que ce que j’avais imaginé. C’est très appréciable. Beaucoup de monde m’avait dit qu’une saison en France, c’était long, avec pas mal de travail. Mais je dois dire que je ne le ressens pas comme ça, loin de là. Et le club a été précieux, il m’a laissé du temps, avec ma famille pour m’adapter."

La différence avec la Nouvelle-Zélande

"Quand je suis Place du Capitole et que je regarde autour de moi, c’est exactement l’image que je me faisais de la France. Avec les cafés, les restaurants… j’aime. Et tout est différent par rapport à la Nouvelle-Zélande, tous les bâtiments, les rues, les fenêtres. L’architecture n’est pas si vieille chez nous. Ici je regarde beaucoup les monuments, les bâtiments. Dès qu’on a un moment avec ma femme, on prend les enfants pour faire un petit tour, pour trouver des endroits dans le centre-ville de Toulouse et prendre des photos. J’en profite souvent pour regarder les nombreuses églises, leur architecture. Je n’en ai pas encore visité mais j’en fais souvent le tour. La religion a une grande importance dans ma vie et celle de ma famille. Après, je ne pense pas que l’on soit si différents entre Français et Néo-Zélandais. Les deux sont passionnés par le sport et le rugby en particulier. Sinon il y a aussi la conduite. J’arrive à le faire à Toulouse, avec le GPS bien sûr… mais une fois j’ai conduit à Paris, c’était très difficile (rires)."

Sa première saison avec le Stade Toulousain

"Je suis vraiment serein dans ce grand club. Je ne m’attendais pas vraiment à avoir ce rôle de leader et de capitaine, mais j’apprécie de vivre dans cette ville et de jouer pour ce club. La première chose à laquelle j’ai pensée en arrivant au Stade Toulousain, en me baladant à Ernest Wallon, c’est l’histoire que ce club a. Dans les coulisses, les vestiaires, il y a des photos des légendes qui ont porté ce maillot lors des glorieuses années où les Toulousains gagnaient la Coupe d’Europe et le Top 14. Vous pouvez ressentir cette histoire quand vous marchez à travers le stade et le club. Pour moi, c’est très important, pour faire partie de ce club, de connaitre son passé mais aussi son présent. J’aime apprendre à connaître les équipes et les joueurs. C’est génial."

Le capitanat, plus qu’un statut pour lui (avec la grave blessure du talonneur Julien Marchand, Kaino a repris ce rôle)

"C’est un immense honneur pour moi d’avoir été nommé capitaine. J’ai vu beaucoup de leaders mener ce club. De grands joueurs français, de grands meneurs ont été capitaine ici. Fabien Pelous, Thierry Dusautoir… je suis sûr que William (Servat) l’a aussi été. C’est quelque chose que je ne prends pas à la légère. C’est définitivement plus qu’un statut. J’ai besoin d’être sûr d’être à la hauteur. Mais ça ne se fera pas sans les autres leaders du groupe. Ils doivent aussi m’aider à mener le groupe. Une personne ne peut pas faire ça seule."

Un double champion du monde ressent-il la pression? 

"Oh oui bien sûr! Je ressens toujours de la pression. D’ailleurs tous les joueurs la ressentent, personne ne peut vous dire le contraire. Avant chaque match je suis nerveux. Mais parfois vous pouvez changer cette pression en une chose positive. Au lieu d’y penser, je le prends comme une opportunité de bien jouer. Donc je ne pense jamais vraiment à la pression telle que vous l’évoquez, du côté négatif. Plutôt du côté positif, sans s’en faire. C’est une chose très importante pour les All Blacks. La façon dont on pense et on arrive à être performant sous la pression. J’ai beaucoup appris durant cette période avec les All Blacks. Maintenant j’essaye de faire de même ici à Toulouse et ça marche. Essayer de rester positif et relax autant que possible concernant ma préparation individuelle et mes performances…"

Les clefs du match face au Leinster

"Je pense que nous devons bien nous préparer, mais surtout, il ne faut pas voir ce match comme une demi-finale. C’est juste un match. Nous avons moins d’expérience que le Leinster. Eux connaissent les demi-finales, les finales. Mais nous, nous devons déjà nous assurer de nous exprimer sur le terrain. Jouer le rugby que nous voulons jouer. Et je suis sûr que nous y arriverons. Ce ne sera pas facile. Ce sera même très dur! Le Leinster est favori. Dans sa ville, dans son stade. Ce sont les champions en titre. Mais nous sommes contents d’arriver sur ce match comme des outsiders. Et je suis sûr que nous pouvons le faire."

Sprint final, l’heure de vérité pour le Stade Toulousain

"Nous faisons une grande saison depuis le début. Mais tout le monde au club sait que ça commence maintenant. J’espère que tout le dur travail que nous avons fait va payer. Les gars sont excités à l’idée des matchs qui arrivent et qui peuvent mener aux finales. Je pense que nous sommes prêts pour le challenge qui nous attend. C’est excitant."

Wilfried Templier