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Toulouse: Tensions en coulisses

Le président toulousain Didier Lacroix (à droite) et  Jean-François Jeanne d'Infront

Le président toulousain Didier Lacroix (à droite) et Jean-François Jeanne d'Infront - AFP

Principal actionnaire privé (avec 12% du capital) du Stade Toulousain, le groupe Fiducial conteste la validité des comptes arrêtés le 30 juin dernier. Le président Didier Lacroix a répondu par communiqué mardi. Le dialogue est rompu et la suite pourrait passer par des poursuites pénales.

Le Stade Toulousain brille sur le terrain depuis le début de saison. Troisième du Top 14 après 18 journées, le club de la Ville Rose s’est parfaitement relancé. Sportivement, tous les voyants sont au vert. Pourtant, en coulisses, la situation est aussi complexe que tendue entre Fiducial, sponsor majeur depuis 2008 et actionnaire minoritaire depuis 2014 (avec 12% du capital) et le président Didier Lacroix, en poste depuis le 1er juillet dernier. Après dix années d’histoire commune, le dialogue entre les deux parties est désormais rompu. "Fiducial est devenu actionnaire il y a quatre ans et tout s’est très bien passé jusqu’en début d’année 2017, rappelle le conseiller du groupe Philippe Spanghero à RMC Sport. La dégradation des relations s’explique par deux sujets: d’abord l’arrivée d’Infront (pour le rachat des droits commerciaux) pourtant contestée par Fiducial puis l’arrêté des comptes en fin d’année dernière."

Dès le mois de novembre lors d’un conseil de surveillance, le groupe Fiducial avait en effet contesté la validité des comptes arrêtés le 30 juin dernier. "Le sujet a été traité en interne et nouvelle une fois le club a décidé de ne pas tenir compte de la position de de Fiducial, selon Philippe Spanghero. Fiducial n’a tout simplement pas eu de réponse." L’actionnaire minoritaire s’est depuis appuyé sur un audit mené par la société Paper Audit et Conseil en s’appuyant sur tous les éléments comptables à sa disposition. Le Stade Toulousain aurait selon eux maquillé ses comptes ou gonflé artificiellement ses fonds propres.

La suite au pénal?

Une version fermement contestée par Didier Lacroix mardi soir dans un communiqué offensif: "Le rapport n’a pas été réalisé contradictoirement, et s’est fondé sur les seules informations fournies par la société Fiducial. Il n’a en conséquence aucune valeur probatoire. (…) Le caractère litigieux des deux opérations visées par le rapport est intégralement contesté tant sur la forme que sur le fond par les dirigeants du club." Le conflit est profond entre les deux parties. Et du côté de l’actionnaire, on entend se faire entendre. "Depuis novembre, Fiducial a fait connaitre sa position par rapport aux chiffres comptables mais n’a pas eu de réponse, selon Spanghero. Le club a malgré tout sollicité Fiducial pour évoquer l’avenir du club et de l’augmentation de capital à réaliser. Mais ces sujets ne peuvent pas se traiter tant que ce problème des comptes n’est pas réglé." 

Le clash entre les deux parties est désormais clair. La prochaine étape pourrait passer par des poursuites pénales de Fiducial contre le club pour falsification de comptes et faux bilan. "Notre seul intérêt est de défendre l’institution du Stade Toulousain mais pas de la mettre en danger", nous dit-on à Fiducial. De là à quitter le club? Tout est envisageable même si cela semble peu probable en l’état. Jeudi, le président Didier Lacroix tiendra une conférence de presse attendue, notamment pour officialiser l’organisation du staff (Ugo Mola et Regis Sonnes) ainsi que l’arrivée du Néo-Zélandais Jerome Kaino. Mais il devrait aussi être interrogé sur ce nouveau conflit avec Fiducial.

Jean-François Paturaud