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XV de France: "Les meilleurs, ce sont ceux qui remportent des trophées", confie Vakatawa

Forfait pour les deux premiers matchs du Tournoi des VI Nations contre l’Italie et l’Irlande, le centre du Racing et des Bleus Virimi Vakatawa fera son retour en tant que titulaire pour affronter l’Angleterre samedi (17h45) à Twickenham. Considéré comme l’un des meilleurs joueurs du monde à son poste, l’international aux 27 sélections se confie pour RMC Sport.

Quel est votre meilleur souvenir de ces derniers mois en équipe de France ?

Il y en a pas mal. Mais pour moi, ça reste le match que nous avons gagné contre le pays de Galles à Cardiff l’an dernier (victoire 27-23, le 22 février au Millennium Stadium). Si on veut être champions du monde, il faut battre les meilleurs et savoir gagner de tels matchs à l’extérieur. Maintenant, on veut tous gagner des titres. On ne s’entraine pas juste pour jouer. J’ai confiance dans ce groupe. Je veux gagner des titres avec mon club du Racing mais aussi avec l’équipe de France.

Vous avez d’ailleurs prolongé, en novembre dernier, votre contrat au Racing jusqu’en 2023. Etait-ce un choix facile?

Non, ce n’était pas simple. Au début, j’ai eu l’idée de changer puisque ça fait des années que je joue au Racing. J’ai eu des discussions avec d’autres clubs en France et en Angleterre. Ce n’était pas une décision facile, même si le Racing restera toujours dans mon cœur. C’est ici que j’ai débuté ma carrière professionnelle. J’ai pris le temps de réfléchir, d’en discuter avec plusieurs proches et finalement j’ai choisi de rester. Et je pense que c’était la bonne décision de rester deux ans de plus, jusqu’en 2023. Jouer une Coupe du monde en France, devant notre public, c’est beau, et cela a joué dans ma décision plutôt que de partir à l’étranger.

Mesurez-vous le chemin que vous avez parcouru depuis vos débuts internationaux en 2016?

Oui, le temps est passé très vite depuis cette première sélection. J’essaie d’en profiter, mais je suis toujours le même.

En revanche, le regard des autres a bien changé vous concernant…

J’ai apprécié les messages des gens qui m’ont dit que j’étais le meilleur ou qui m’ont fait des compliments. Pour moi, le plus important, c’est l’équipe. On ne peut pas jouer tout seul. C’est grâce au travail de tout le monde que je fais de bons matchs.

Vos partenaires sont aussi tous très élogieux, certains vous ont comparé à un magicien…

Je ne sais pas si je suis un magicien (rires). Chacun fait son boulot sur le terrain. Je connais mes points forts et je les utilise pour essayer de créer des espaces ou des décalages pour que les autres marquent des essais. C’est mon boulot. Je sais ce dont je suis capable, mais c’est plus facile de jouer aux côtés de joueurs comme Teddy Thomas qui vont à 10.000 à l’heure. Il faut les mettre dans de bonnes conditions.

Préférez-vous marquer un essai ou le faire marquer ?

Avant, lorsque je jouais ailier, je préférais marquer des essais. Maintenant, je suis plus un créateur qu’un finisseur. Ça doit venir aussi avec l’âge.

La Coupe du monde 2023 reste-t-elle l’objectif ultime ?

Oui, c’est le rêve. C’est l’objectif. On a tous envie de soulever la Coupe du monde en 2023. C’est une motivation quotidienne. On veut faire partie de ce groupe pour 2023.

"Je fais de bons matchs et je l’assume, mais je n’ai rien gagné"

De nombreux observateurs estiment que vous êtes sans doute le meilleur joueur du monde à votre poste. Qu’en pensez-vous?

Beaucoup de gens se posent cette question. Comme je vous disais, j’ai apprécié les compliments des supporters ou des journalistes. Mais moi, je n’ai pas encore gagné de titre avec mon club ou avec l’équipe de France. Je fais de bons matchs et je l’assume, mais je n’ai rien gagné. Quand ça sera le cas, je pourrai me dire que je suis fier de moi. Les meilleurs, ce sont ceux qui remportent des trophées.

Qui est aujourd’hui le meilleur à vos yeux?

C’est Semi Radradra, que je connais bien. Lui, c’est le meilleur centre du monde. C’est un bon mec et un très bon joueur. Le meilleur.

Et quels joueurs vous ont marqué par le passé?

Je suis fan de l’Australie. Quand j’étais petit, c’était mon équipe préférée. J’aimais beaucoup l’arrière Matthew Burke (81 sélections de 1991 à 2004) mais aussi George Gregan (demi de mêlée aux 139 sélections) et Stephen Larkham (ouvreur aux 102 sélections). Ils m’impressionnaient beaucoup.

Les avez-vous rencontrés?

J’ai croisé George Gregan à une soirée de World Rugby et Stephen Larkham comme coach du Munster. Je leur ai dit que j’étais fan d’eux. (Grand sourire) Ils rigolaient. Mais vraiment, c’est Matthew Burke que j’adorais quand j’étais petit aux Fidji. J’espère que je le croiserai un jour.

Propos recueillis par Jean-François Paturaud