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Vers un nouveau tournoi mondial révolutionnaire de rugby à douze ?

Un projet de nouvelle compétition a été dévoilé ce mardi: un tournoi international de rugby à douze, appelé World 12s, qui a l’ambition de réunir les meilleurs joueurs de la planète mélangés au sein de huit franchises, sans contraintes de nationalités, fin août 2022 en Angleterre. Révolutionnaire ou utopique ?

"Tous les sports ont besoin d’innovations. World 12s est une évolution naturelle pour le rugby". Ian Ritchie, ancien boss de la Fédération Anglaise de Rugby et porteur de ce nouveau projet, a d’emblée annoncé la couleur.

Ce qu’il a présenté par visio-conférence, aux côtés d’entraîneurs tels que le double champion du monde néo-zélandais Steve Hansen, le Sud-Africain Jake White ou d’anciens joueurs comme l’Anglais Ugo Monye ou le Bok Schalk Burger, n’est pas commun: un tournoi de rugby à douze, qui rassemblerait les meilleurs joueurs du monde, les meilleurs entraîneurs, le temps de trois week-ends à partir de la fin août 2022 en Angleterre. Puisque la Coupe du Monde féminine est prévue l’an prochain, la mise en place de la version chez les femmes est décalée à l’été 2023.

Les rugbymen seraient regroupés au sein de huit franchises : 24 joueurs au sein d’elles, sélectionnés à la manière d’une vente aux enchères, sans contrainte de nationalité, avec des matchs de poules puis un week-end de finales, dans un format de rencontres réduit puisqu’on parle de durées de deux fois quinze minutes.

Le tout pour "favoriser le spectacle et les espaces et attirer de nouveaux fans. En rassemblant les joueurs les plus excitants sous la direction de certains des esprits les plus brillants du rugby avec un soutien commercial, nous cherchons à propulser le rugby vers l’avant et à établir une feuille de route positive sur la façon dont le jeu est perçu pour les générations futures."

"Nous avons déjà eu quelques discussions positives"

Mais sans oublier le volet économique puisqu’un prize-money serait prévu. Avec de nouveaux investisseurs, l’organisation annonce financer cette compétition à hauteur de 250 millions de livres (plus de 290 millions d’euros) générés sur les cinq prochaines années. Mais il va falloir l’accord de World Rugby, ce qui représente un enjeu majeur devant l’obstacle qui va se dresser: la mise à disposition des joueurs, de la part de leurs clubs ou de leurs fédérations pour une compétition qui ne se veut officiellement pas dissidente de l’organisation mondiale du rugby.

"Nous avons des contrats assez attractifs à disposition et nous avons déjà eu quelques discussions positives, que ce soit avec World Rugby, les fédérations, les clubs ou les associations de joueurs, ajoute Ritchie. Les semaines à venir vont nous servir à continuer à échanger".

Pas sûr que dans calendrier toujours plus serré, à l’orée qui plus est de la dernière saison domestique avant la Coupe du Monde 2023 pour laquelle les championnats se terminent traditionnellement plus tôt, les employeurs des joueurs (on pense en priorité aux clubs français et anglais) voient toutefois cette compétition d’un bon œil…

Wilfried Templier