RMC Sport

XV de France: Brunel à l’heure des choix

Le sélectionneur Jacques Brunel annoncera lundi soir le groupe des 31 partants pour la Coupe du monde. Avec comme principal casse-tête la troisième ligne. Au poste de pilier gauche, Baille devrait être préféré à Priso. Derrière, c’est plus simple.

"Je vais tourner et retourner toute la nuit." A chaud, après la large mais "contrastée" victoire contre l’Italie (47-19) vendredi soir, Jacques Brunel savait qu’il allait passer des heures à cogiter. Seul dans son lit puis avec le reste de son staff élargi. Car le sélectionneur s’apprête à annoncer aux joueurs puis aux médias lundi soir son groupe de 31 partants pour la Coupe du monde au Japon (20 septembre-2 novembre). "A toutes les Coupes du monde, il a fallu faire des choix. Ce sont des moments difficiles, il faudra les assumer. On est parti à 37, on ne sera plus que 31. Il va donc falloir prendre des choix très compliqués. Mais on le savait depuis le départ." Sauf qu’au départ justement, Brunel avait communiqué une liste de 31 éléments ainsi que six réservistes. Mais la donne a changé depuis. La préparation estivale a en partie rebattu les cartes.

Les suppléants ont, pour certains, changé de statut. A commencer par Charles Ollivon. Le troisième ligne de Toulon, qui n’avait plus porté le maillot des Bleus depuis cinq ans en raison de multiples pépins physiques, a impressionné le staff. Au point de préparer ses valises pour le Japon. François Cros, titulaire à Nice et remplaçant au Stade de France, a démontré qu’il pouvait être précieux. Le troisième ligne toulousain de 25 ans pourrait lui aussi faire partie du voyage. Mais la concurrence est féroce à ce poste. Si Gregory Alldritt fait figure de partant certain, Wenceslas Lauret, dont le profil est relativement unique et précieux, mais surtout Louis Picamoles, en vrai danger selon nos informations, et Yacouba Camara sont menacés. Si Picamoles était sacrifié, cela signifierait la fin de sa carrière internationale puisque l’international aux 79 sélections a annoncé à ses partenaires, vendredi soir, qu’il avait disputé son dernier match à Paris, comme Guilhem Guirado.

"Ils sont sept pour cinq places en troisième ligne", disait Brunel cette semaine. Sept en effet si l’on comptabilise Arthur Iturria. Mais le Clermontois a évolué, comme il y a quelques saisons, un cran plus haut face aux Italiens. En deuxième ligne justement, Romain Taofifenua, retenu début juillet après la blessure de Paul Willemse, devrait être écarté. Paul Gabrillagues, dont la suspension a été réduite à trois semaines, ne manquera que le premier match contre l’Argentine. Bernard Le Roux, lui, n’a pas pu disputer la moindre minute lors des matchs de préparation, en raison là aussi d’une suspension désormais terminée mais est hautement apprécié par le staff. Enfin, le Lyonnais Félix Lambey et Clermontois Sébastien Vahaamahina ne devraient pas avoir trop de soucis à se faire avant l’annonce de lundi.

Plus simple derrière

Devant toujours, la dernière incertitude concerne le poste de pilier gauche. Qui accompagnera Jefferson Poirot, capitaine à deux reprises ces dernières semaines? Le Rochelais Dany Priso ou le Toulousain Cyril Baille, appelé en renfort le 20 juillet après le forfait de Etienne Falgoux? On se dirige vers la sélection du second qui est entré en jeu en Ecosse et face aux Italiens. Baille, auteur d’une fin de saison en club, pourrait apporter plus de garanties en mêlée pour le premier match contre l’Argentine le 21 septembre.

Derrière, les discussions ont sans doute été bien moins longues entre les membres du staff. Il est acquis que l’ouvreur du RCT Anthony Belleau et le polyvalent Rochelais Vincent Rattez vont partir. Tous deux n’ont pas eu la chance de disputer la moindre minute lors des trois matches de préparation. Virimi Vakatawa, lui, n’a rejoint les Bleus que le 21 août dernier suite au forfait de Geoffrey Doumayrou. Mais le centre du Racing a gagné sa place pour la Coupe du monde sans avoir effectué quasiment toute la préparation estivale des Bleus. Quant à Maxime Machenaud, il n’a pu être essayé contre l’Ecosse et l’Italie en raison de soucis à une cuisse mais le demi de mêlée du Racing figurera bien dans le groupe des 31. Il devrait même avoir du temps de jeu contre les Etats-Unis et les Tonga.

Jean-François Paturaud