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XV de France - Grosso: "Un rêve d’enfant"

Remplaçant de Yoann Huget forfait pour le reste de la Coupe du monde après sa blessure au genou contre l’Italie, Rémy Grosso n’a pas caché sa joie d’intégrer le groupe de l’équipe de France. Malgré son manque d’expérience avec le XV de France (0 sélection), l’ailier de Castres estime avoir les épaules assez solides pour gérer la pression de la compétition.

Rémy, comment s’est passé votre dimanche ?

J’étais tranquillement chez moi, en famille. J’ai reçu un appel de Philipe (Saint-André) me disant que je devrais normalement intégrer l’équipe et qu’il attendait d’avoir les accréditations administratives, toute la paperasse comme pour un joker médical en club. Il fallait que je remplisse certaines conditions. Il m’a dit qu’il me tiendrait au courant dans la journée. Dans l’après-midi, j’ai eu Lionel Rossigneux (attaché de presse de l’équipe de France, ndlr), qui a géré mon billet. J’ai donc su que c’était validé, tout en suivant la presse en parallèle car ça parlait beaucoup sur les réseaux sociaux. Ça a été à la fois très rapide et long car j’attendais d’avoir la validation définitive avec l’appel de Philippe.

Est-ce un rêve d’enfant qui devient réalité ?

Oui, c’est évidemment un rêve d’enfant. Tout rugbyman rêve de jouer pour son pays. Une Coupe du monde, c’est encore plus grandiose. Ça paraissait inaccessible car je n’étais pas du tout dans cette optique. En deux ans, depuis mon arrivée à Castres, tout est allé très vite. Une finale de Top 14 la première saison (perdue face à Toulon, ndlr), du temps de jeu régulier et maintenant cette convocation. C'est allé très vite et c’est magique.

Quand on a les épaules larges et solides comme vous, est-ce pareil dans la tête ?

Pour l’instant, j’arrive à gérer tout ça. J’ai l’impression d’avoir fait les choses dans l’ordre. Je n’ai pas brulé les étapes. Je vais avoir 27 ans, donc faire ce que j’ai fait à mon âge me parait très bien. J’en suis content, surtout que ça me semble aussi raisonné. Même si cette convocation arrive rapidement et au dernier moment, j’ai fait les choses dans l’ordre : j’ai commencé en Pro D2, puis le Top 14 et maintenant j’arrive avec cette convocation. J’en suis très très content et je pense que ça devrait bien se passer dans la tête.

Comment avez-vous vécu la blessure de Yoann Huget ?

C’est forcément particulier de remplacer Yoann, qui a malheureusement connu cette blessure. C’est triste pour lui, ça m’a fait de la peine, je sais ce que c’est car j’ai été confronté de très nombreuses fois à la blessure. Honnêtement, j’ai beaucoup pensé à lui. Mais voilà, j’ai cette chance d’intégrer ce groupe et je vais essayer de saisir ma chance. C’est un dommage collatéral de la blessure de Yoann. Maintenant, je suis là aujourd’hui et je vais essayer de vite basculer.

Pensiez-vous figurer dans le groupe de mercredi pour affronter la Roumanie ?

Je suis arrivé hier soir, je ne vais pas prétendre à être dans le groupe, loin de là non. C’est logique, il y a des joueurs, moi je débarque et je ne vais pas bousculer la hiérarchie. Il faut déjà que je m’entraîne, même si je me suis entraîné en club. Les systèmes et les plans de jeu, tout est différent ici. Je ne connais pas, je n’ai pas d’automatisme avec les autres joueurs, donc c’est complétement normal que je ne sois pas présent mercredi.

Propos recueillis par Laurent Depret, Wilfried Templier et Maxime Raulin