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XV de France - Nyanga : "On n’a rien à envier à aucune nation"

Yannick Nyanga

Yannick Nyanga - AFP

En pleine préparation pour la Coupe du monde de rugby (18-31 octobre), Yannick Nyanga est revenu sur les journées éprouvantes des Bleus au micro de RMC Sport. Il a aussi évoqué, sans les claironner, les raisons d’un possible sacre tricolore en Angleterre.

Yannick Nyanga, comment se passe la préparation de la Coupe du monde ?

C’est difficile. Les journées commencent tôt et finissent tard et leur contenu est éprouvant. Mais on prépare quand même une Coupe du monde et c’est un événement qui vaut le coup de souffrir. Mais même les moments difficiles, on les apprécie. On est fier d’avoir fini les séances et de les avoir faites. Il y a quand même de la vie dans ce groupe mais on garde ça pour nous. Ce groupe vit bien. On est content d’être là et même si c’est dur, personne n’a envie de partir du groupe des 36.

Il y a aussi une concurrence en interne puisque tout le monde ne disputera pas cette Coupe du monde…

Pour l’instant, on ne la vit pas trop. Les journées sont assez compliquées et on pense juste à bien s’entraîner et à donner le maximum à l’entraînement. Avec les journées qu’on a, croyez-moi, la date du 15 août nous parait loin. Plus la date va approcher, plus on y pensera et je ne tiendrai peut-être pas le même discours. Maintenant, là, on pense plus à la Coupe du monde. Bien évidemment, dans quelques semaines, il y aura des heureux et des déçus mais on n’y pense pas encore.

Vous avez déjà disputé une Coupe du monde. Qu’est-ce qui est différent aujourd’hui ?

Je me rends compte déjà que c’est exceptionnel. J’ai disputé ma première Coupe du monde à 23 ans. La suivante, je n’y étais pas. Huit ans après, je prépare ma deuxième. Ce qui parait acquis ou évident à 23 ans ne l’est pas du tout. On arrive en étant beaucoup plus conscient des choses, en étant beaucoup plus consciencieux. On savoure un peu plus aussi. C’est quand on n’a pas certaines choses qu’on se rend compte à quel point elles nous sont chères.

On vous a vu ému aux larmes durant une Marseillaise. Il y a eu un énorme travail de votre part pour revenir en équipe de France et être à Marcoussis aujourd’hui…

Il y a eu cinq ans entre ma 25e et ma 26e sélection. De 23 à 27-28 ans. Ça parait long, c’est même extrêmement long pour un sportif. Il y a des moments où on y croit, d’autres où on pense que c’est terminé. Et c’est souvent dans les moments où on y croit le moins qu’on nous appelle. Cela m’a aussi appris à ne plus me poser de questions, à être hyper consciencieux dans tout ce je fais et ensuite laisser le choix aux personnes qui décident. Ça, ce n’est pas de notre ressort. On n’a aucun pouvoir là-dessus. Aujourd’hui, je me donne à fond. J’espère que tout le travail qu’on fait m’aidera à avoir une meilleure forme pour pouvoir préparer la Coupe du monde du mieux possible.

Pourquoi la France peut-elle gagner la Coupe du monde ?

Parce qu’elle ne l’a jamais gagnée. Elle a encore plus faim que les autres nations. Parce qu’elle n’est pas favorite et qu’on n’a jamais été aussi bon qu’au pied du mur. Et parce qu’elle a vraiment les qualités pour pouvoir la gagner. Si vous prenez tous les joueurs qui composent ce groupe de 36, on n’a rien à envier à aucune nation. Il faut se convaincre de ça et avoir l’attitude correspondante pendant les 4 ou 5 mois qui viennent. Mais pour l’instant, ça ne sert à rien d’en parler ou d’en expliquer les raisons. Ce qu’il faut, c’est le faire. Ce qui compte, c’est de ne rien lâcher à chaque entraînement, de montrer que les uns peuvent compter sur les autres et créer une émulation qui va nous permettre d’arriver avec un très bon niveau à cette Coupe du monde.

Vous avez signé au Racing après dix ans à Toulouse. Vous avez intérêt à bien profiter de cette Coupe du monde car après, vous risquez de retrouver Guy Novès…

Déjà, il va falloir qu’il me sélectionne pour que je le retrouve ! (Rires) Je profite de chaque instant. Je vous ai évoqué ma longue absence en équipe de France. J’ai connu des blessures aussi. Je sais que chaque moment est important et qu’il faut en profiter. En ce moment, je suis à fond dans cette Coupe du monde. Dans quelques mois, je serai à fond dans mon aventure avec le Racing et je ne penserai pas à autre chose. Et après… Si j’ai la chance d’être sélectionné avec Guy Novès, je serai aussi à fond là-dedans.