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XV de France - Saint-André : "J’attends plus d’efficacité"

Philippe Saint-André, le sélectionneur du XV de France

Philippe Saint-André, le sélectionneur du XV de France - AFP

Philippe Saint-André est revenu ce jeudi sur son choix de remanier largement le XV de France pour le nouveau test-match face aux Anglais, ce samedi (21h). Ainsi que sur son attente, énorme, autour de cette nouvelle confrontation.

Philippe Saint-André, comme Morgan Parra et François Trinh-Duc la semaine dernière, Frédéric Michalak et Sébastien Tillous-Borde joueront-ils gros en charnière samedi soir ?

Ce n’est pas qu’ils jouent gros. Ils jouent un test-match à domicile contre l’Angleterre et j’attends de cette charnière, comme de Morgan et François la semaine dernière, qu’elle guide bien l’équipe de France, qu’elle ne panique pas et qu’elle joue sur les points forts de l’équipe. On a toujours été cohérent. On a dit qu’on voulait donner du temps de jeu aux 36 joueurs, que tout le monde ait sa chance avant l’annonce du groupe dimanche à 12h. Et donc, sur les 36, à part Thierry Dusautoir, qui, en raison de sa blessure, ne sera pas dans le groupe, tout le monde aura eu du temps de jeu.

Qu’attendez-vous de la part de vos joueurs ?

J’attends surtout plus d’efficacité. De la fluidité, on en a eu. On s’est mis en position de marquer la semaine dernière à Twickenham. On ne l’a pas fait. A nous aussi d’être plus solide dans notre défense, surtout sur les premiers temps de jeu. On sait qu’on va jouer une équipe anglaise type, une équipe avec pratiquement tous les titulaires. C’est un challenge exceptionnel de jouer et de gagner face à ces Anglais à quelques semaines de la Coupe du monde.

On a l’impression que votre attente est énorme...

On a des joueurs qui ont vraiment envie de jouer. On a donné le temps à des joueurs, qui avaient eu des petites blessures durant la préparation, de revenir à 100 %. On a donné pratiquement 8 jours, 9 jours de plus à des joueurs qui avaient énormément joué comme Tillous-Bourde, Chouly, Bastareaud, Fofana pour se préparer. On a une belle équipe, dans un stade magnifique, devant notre public, pour faire un grand match de rugby.

C’est une nouvelle charnière et pourtant, on a l’impression de la voir tous les jours…

C’est une charnière qui a l’habitude parce qu’elle joue ensemble en club. On a des automatismes là-dessus. C’est important pour nous, pour gagner du temps. Il ne faut pas se concentrer que sur la charnière. Il faut être bon devant, bon défensivement, bien défendre sur la largeur face à des Anglais dont on connait les qualités de punch. Ils ont des finisseurs de classe mondiale. Il faudra marquer dans nos temps forts pour gagner ce match samedi soir.

Partir en Coupe du monde avec une troisième défaite d’affilée contre les Anglais, c’est envisageable ?

Non, on ne l’envisage pas. Pour le moment, on envisage de gagner samedi, au Stade de France. Les joueurs sont motivés, déterminés. A part quatre joueurs qui ont eu du temps de jeu à Twickenham, les autres sont frais. Ce sera leur premier match. Pour eux et pour moi, ce sera très intéressant.

Maestri, Picamoles et Spedding sont les trois joueurs reconduits. Est-ce qu’on peut parler de récompense pour ces éléments-là ?

Surtout pour Louis Picamoles, qui a fait un travail physique énorme durant l’intersaison. Il faut qu’il continue là-dessus. Cela fait tellement longtemps qu’il n’a pas joué avec nous. Je pense et j’ai l’impression qu’il a besoin encore d’enchainer des matches à ce niveau-là. C’est intéressant pour moi de le revoir. Après, que ce soit Maestri ou Spedding, ce sont des joueurs qui ont l’habitude d’être titulaires dans le XV de France. C’est à cette équipe de mettre les ingrédients pour pouvoir étouffer les Anglais.

Pascal Papé revient comme titulaire et comme capitaine…

C’est un retour surtout important pour lui. Il a eu une belle saison car il est champion de France avec le Stade Français, mais un peu compliquée aussi. Contre l’Irlande, il prend un carton. Il a été en dehors des terrains pendant 12 semaines. Il s’est un peu blessé pendant la préparation. Depuis trois semaines, il est comme un fou. Il est prêt, il a envie, il a une détermination de cadet. Avec Thierry Dusautoir, ce sont les deux joueurs qui ont le plus d’expérience. Thierry est notre capitaine, Pascal le vice-capitaine. C’est normal qu’il soit capitaine samedi.

Yoann Huget est-il, aujourd’hui, considéré comme le numéro un de vos ailiers ?

Sur quatre ans, il n’a pas manqué beaucoup de matches. Bien sûr que c’est un joueur important et un joueur cadre de l’équipe de France. Il a montré qu’il était un grand finisseur. Et puis sur le plan défensif, c’est un joueur qui a l’habitude, qui a de la bouteille, de la communication. La semaine dernière, j’avais envie de voir d’autres solutions. Les matches de préparation servent aussi à ça. Là, on revient sur des joueurs d’expérience et qui ont plus l’habitude de jouer ensemble.

la rédaction avec Laurent Depret