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Agressions sexuelles dans le patinage: Gailhaguet se dédouane et ne démissionne pas pour le moment

Roxana Maracineanu s'est entretenue ce lundi avec Didier Gailhaguet. Une rencontre à l'issue de laquelle la ministre des Sports a demandé au président de la Fédération française des sports de glace (FFSG) de démissionner, après le scandale d'abus sexuels qui secoue le monde du patinage artistique. L'intéressé refuse pour l'heure de quitter son poste.

La ministre des Sports Roxana Maracineanu a demandé ce lundi la démission de Didier Gailhaguet, président de la Fédération française des sports de glace. L'inamovible président de la FFSG depuis 1998 (il ne l'a pas été entre 2004 et 2007) est mis en cause par le témoignage de l'ancienne patineuse Sarah Abitbol. Ces derniers jours, l'ex-championne de France a accusé de viol son ancien entraîneur Gilles Beyer, pour des faits entre 1990 et 1992, alors qu'elle était âgée de 15 à 17 ans. Abitbol a dénoncé aussi l'omerta et la loi du silence au sein de la fédération, au courant des faits selon son témoignage. 

"J'ai commis des erreurs mais pas de fautes" 

Directement visé, Didier Gailhaguet refuse pour l'heure de démissionner comme le souhaite la ministre des Sports. "On va réfléchir à tout ça", a-t-il lâché, en disant avoir "commis des erreurs mais pas de fautes".

"J'avais souhaité réserver ma première réaction à Madame la ministre, a réagi le dirigeant, quelques heures après son entretien. Je le regrette car elle ne m’a pas écouté ni entendu. Toutes ses décisions étaient déjà prises d’avance, je le regrette. (...) J’ai découvert comme tout le monde la majorité de ces faits dans la presse ou dans un livre la semaine dernière. Certains datent d’il y a 30 ans, bien avant que je ne devienne le président de la Fédération. D'autres faits pendant mon mandat m'ont été cachés. Un seul cas était connu de ma personne, comme un comportement considéré comme équivoque par la justice". 

Didier Gailhaguet s'exprimera à nouveau ce mercredi, lors d'une conférence de presse. Devant les médias ce lundi, le président de la FFSG a apporté aussi son soutien aux victimes. "Ma première pensée va pour des jeunes filles que j’ai entraînées et dirigées, que je connais bien, a regretté Didier Gailhaguet. Je suis extrêmement triste et atterré par le mal qui a été fait par des prédateurs malveillants, qui ont lâchement vécu avec elles, en les violant et en leur prenant leur dignité pendant leur enfance ou leur adolescence pour en faire des victimes traumatisées à vie. Ça me touche beaucoup."

GL