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Agressions sexuelles dans le patinage: Maracineanu demande la démission de Gailhaguet

Après avoir reçu pendant plus d'une heure Didier Gailhaguet ce lundi, la ministre des sports Roxana Maracineanu a demandé la démission du président de la Fédération française des sports de glace. Cette annonce fait suite au scandale d'abus sexuels qui touche le monde du patinage artistique ces derniers jours, mettant en cause la Fédération.

La ministre des Sports Roxana Maracineanu a pris la parole ce lundi dans l'affaire d'abus sexuels qui touche le patinage artistique ces derniers jours. Après un entretien pendant plus d'une heure avec Didier Gailhaguet, président de la Fédération française des sports de glace (FFSG), la ministre a annoncé devant les médias qu'elle a demandé la démission de Gailhaguet. 

"Gailhaguet doit assumer toutes ses responsabilités"

"Didier Gailhaguet ne peut se dédouaner aujourd'hui de sa prise de responsabilité morale et personnelle. Je lui ai donc demandé d'assumer toutes ses responsabilités et de démissionner de son poste de président de la Fédération française des sports de glace, a réagi publiquement Roxana Maracineanu. Au-delà de son président, la nature et le nombre de faits me laissent à penser qu’il y a un dysfonctionnement grave et des manquements, quasi-institutionnalisés au sein de cette fédération. Le silence semble y être la règle pour de nombreux acteurs, élus et techniciens."

Cette annonce fait suite aux révélations ces derniers jours qui ont secoué le monde du patinage artistique. L'ancienne patineuse Sarah Abitbol a accusé de viol son ancien entraîneur Gilles Beyer, pour des faits entre 1990 et 1992, alors qu'elle était âgée de 15 à 17 ans. L'ancienne championne de France en avait profité pour dénoncer aussi l'omerta et la loi du silence de la fédération, au courant selon son témoignage des agissements de son entraîneur. 

Gailhaguet va "réfléchir" à sa démission 

Quelques minutes après la prise de parole de Roxana Maracineanu, Didier Gailhaguet a indiqué qu'il "allait réfléchir à tout ça", n'acceptant pas pour autant de démissionner. "J'avais souhaité réserver ma première réaction à Madame la ministre, a-t-il lâché. Je le regrette car elle ne m’a pas écouté ni entendu. Toutes ses décisions étaient déjà prises d’avance, je le regrette. (...) J’ai découvert comme tout le monde la majorité de ces faits dans la presse ou dans un livre la semaine dernière. Certains datent d’il y a 30 ans, bien avant que je devienne le président de la Fédération. D'autres faits pendant mon mandat m'ont été cachés. Un seul cas était était connu de ma personne comme un comportement considéré comme équivoque par la justice". 

Maracineanu va saisir le procureur de la République 

Didier Gailhaguet est depuis 1998, à l'exception de la période 2004-2007, l'inamovible président de la FFSG. La ministre des Sports a pu l'interroger ce lundi sur le maintien en poste de Gilles Beyer, accusé de viol donc, mais déjà soupçonné d'attitudes peu appropriées à l'époque.

Roxana Maracineanu a également évoqué ce lundi l'ouverture d'une enquête d'inspection générale, ayant potentiellement de lourdes conséquences pour la Fédération. "Aussi, j’engage dès aujourd'hui la procédure de retrait de la délégation à cette fédération, a indiqué la ministre des Sports. La fédération disposera de 15 jours pour produire les éléments justificatifs aux observations formulées par le ministère. J’ai mandaté mon administration afin de diligenter une enquête d’inspection générale au sein de la Fédération française des sports de glace pour mettre en lumière le rôle précis de chacun et des instances dirigeantes de la Fédération".

Dans le même temps, Roxana Maracineanu a indiqué qu'elle allait "saisir personnellement le procureur de la République (...) afin qu'une enquête pénale puisse être diligentée sur les faits qui le justifient". "Chaque fois qu’un dysfonctionnement de même nature sera constaté au niveau d‘un club ou d’un organisme de la fédération, j’en ferai de même, a annoncé Maracineanu. Enfin, l’ensemble des victimes doit pouvoir témoigner des violences ou abus qu’elles ont subi. Je souhaite favoriser la libération de la parole. J’encouragerai et j'accompagnerai la création d’une association de victimes."

GL