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Mondiaux de biathlon: "J'y ai toujours cru", savoure Desthieux, en argent sur le sprint

Pas forcément attendu, le Français Simon Desthieux a signé ce vendredi une magnifique deuxième place sur le sprint 10km hommes des Mondiaux de biathlon à Pokljuka (Slovénie). Heureux de cette première médaille mondiale sur une course individuelle, l'athlète de 29 ans se voit enfin récompensé.

A 29 ans, Simon Desthieux a décroché ce vendredi la première médaille mondiale individuelle de sa carrière en remportant l’argent sur le sprint à Pokljuka (Slovénie) grâce notamment à un sans-faute au tir et une forme retrouvée. Garçon habituellement discret, il semblait très ému, la médaille dans la poche.

"Dans mon esprit il y a tellement de choses qui s’intercalent, il y a une telle satisfaction aujourd’hui, confie-t-il. Ca fait des années que je cours après ça. J’y ai toujours cru au fond de moi-même et aujourd’hui ça a vraiment été une journée magnifique où tout s'est déroulé comme je l’aurais souhaité. J’ai fait mon plus beau biathlon je pense, et ça paye donc je suis très heureux de ça."

"Ce n'est pas une revanche"

Cette médaille tombe au moment où on l’attendait peut-être le moins, après un début de saison très mitigé de la part de Desthieux en Coupe du monde, sans aucun podium et avec uniquement deux top 10 pour un biathlète si régulier la saison dernière (6e du général). Mais le champion olympique avec le relais mixte à Pyeongchang a su garder le moral.

"Ce n’est pas une revanche, assure-t-il. Pendant l’échauffement je me disais que si aujourd’hui ça ne le faisait pas, ce serait peut-être pour un autre coup. C’est aussi ça le sport, il faut de la place pour tout le monde…" Même s’il avoue avoir douté. "Il y a toujours des moments de doute, surtout dans notre sport où jamais rien n’est acquis parce que le tir n’est jamais une science exacte, poursuit Desthieux. Donc oui j’ai connu des moments de doute et encore plus cette année où physiquement je me suis cherché sur le début. Aujourd’hui, je ne sais même pas ce que vaut mon temps de ski, mais finalement peu importe. J’en oublie tout le reste, ce qui compte c’est le résultat, c’est de vivre et de partager ce beau résultat avec Emilien et toute l’équipe parce qu’on a beaucoup de monde qui bosse avec nous toute l’année."

"J’espère que ça va lui servir de déclic", observe Jacquelin

Troisième sur le podium, Emilien Jacquelin (à 12,9'' du vainqueur avec une faute) avait presque senti venir la perf de "Carlito". "Il a mis une photo sur les réseaux sociaux avec un message où il disait qu’il avait envie de tenter et d’oser, commente son compatriote. Je ne l’avais jamais vu faire ça, c’est quelqu’un de réservé, donc de s’affirmer comme ça, ça montrait bien qu’il avait une soif et une envie de médaille importante. Il est toujours mobilisé, c’est quelqu’un qui a une grosse éthique de travail. Il n’a jamais rien eu à se reprocher, il a eu un manque de réussite et peut-être que parfois la peur du résultat le faisait terminer 4e ou 5e au lieu du podium. J’espère que ça va lui servir de déclic parce que c’est vraiment un athlète de qualité. Il a vraiment des grosses qualités physiques et je suis très content pour lui qu’il réussisse à retrouver ces qualités aujourd’hui."

Simon Desthieux s’élancera dimanche sur la poursuite avec 11'' de retard sur le vainqueur du jour, le suédois Martin Ponsiluomla qui décroche la première victoire de sa carrière. Le Français espère revivre une journée parfaite, comme ce vendredi. "Ce matin je me suis levé et je savais que c’était une bonne journée, je sentais que les choses étaient posées, raconte le biathlète de Hauteville, dans l’Ain. Je me sentais zen dans mon état d’esprit. Et je me disais 'peu importe le résultat'. C’est toujours dur à expliquer, mais c’était une belle journée, tout s’est bien empilé, tout s’est bien enchainé que ce soit au tir, sur les skis, avec le matériel et au final c’est un super résultat, c’est énorme."

Ces deux médailles d’argent et de bronze sur la première course individuelle lancent parfaitement l’équipe de France masculine dans ces Mondiaux. "L’amorce de ces Mondiaux était bonne, souligne Vincent Vittoz, l’entraîneur des Bleus. Les gars ne dégageaient pas d’anxiété. Ils n’étaient pas confiants, mais il ne voulaient pas trop se prendre la tête. Parfois ils cherchent trop, je pense. Et là il y avait de la sérénité, à ne pas vouloir tout le temps tout remettre à plat et simplement se dire qu’on sait faire les choses et qu’on verra ce que ça donnera au moment présent."

Avec en plus Quentin Fillon Maillet 6e à 24'' et même Antonin Guigonnat 14e à 49'', les Bleus seront idéalement placés pour la poursuite programmée dimanche à 13h15.

Julien Richard