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JO2018: qui sont les mystérieux patineurs nord-coréens ?

Les patineurs nord-coréens Ryom Tae-Ok et Kim Ju-Sik.

Les patineurs nord-coréens Ryom Tae-Ok et Kim Ju-Sik. - AFP

Les deux athlètes sont parvenus à se qualifier pour ces Jeux olympiques dès le mois de septembre, sans avoir besoin de recevoir d'invitation. Ils restent très discrets sur leur vie quotidienne.

Ryom Tae-ok a 19 ans, Kim Ju-sik, 25. Ils patinent en couple, et ils sont les deux seuls athlètes nord-coréens ayant rempli les critères sportifs pour être qualifiés sans avoir à être invités dans ces Jeux olympiques.

Parmi ceux qui ont pu les côtoyer, le coach canadien Bruno Marcotte qui entraîne à Montréal. Il avait perçu leur talent lors d'une compétition internationale. Et l’été dernier, à la demande de la fédération nord-coréenne, les deux patineurs sont venus travailler pendant deux mois auprès de lui.

"Ils ne peuvent pas aller sur Expedia ou Airbnb"

"Ce qui était le plus compliqué c'était d'organiser la logistique, de trouver un appartement pour deux athlètes, d'organiser leurs transports entre l'appartement et la patinoire", explique le coach, au micro de RMC Sport. 

L'organisation de leurs déplacements est rendue particulièrement difficile par le fait qu'ils ne possèdent ni carte bleue, ni permis de conduire. 

"Ils ne peuvent pas juste aller sur Expedia ou Airbnb (rires), j'ai dû tout organiser", poursuit Bruno Marcotte. "Chaque été on reçoit des couples étrangers, on leur donne les contacts et ils organisent tout. Avec eux j'ai dû moi-même tout organiser".

Les deux patineurs nord-coréens ne sont pas venus seuls, mais étaient accompagnés en permanence par un membre de la fédération de patinage nord-coréenne et leur entraîneur.

"Des élèves de rêve"

15e lors des championnats du monde l'an dernier à Helsinki, ils ont empoché leur qualification à Oberstdorf en Allemagne au mois de septembre dernier. Comme peu de nord-coréens, ils ont donc l'habitude de voyager. Mais en dehors de l'aspect sportif, difficile d'en savoir un peu plus sur eux.

Durant leur stage à Montréal, les entraînements se faisaient en anglais... bien qu'ils n'en parlent pas un mot. C'était le membre de la fédération nord-coréenne qui servait de traducteur.

Concernant la relation qu'ils ont pu nouer, "tout était strictement sportif" raconte Marcotte, qui ne connaît rien de leur vie en Corée du Nord, car ils changeaient de sujet dès qu'une question leur était posée par d'autres patineurs du groupe.

"Mais c'était des élèves de rêve, voulant apprendre, très reconnaissants de la chance qu'il leur était offerte d'être avec nous".

Chances de médaille réduites

Arrivés par avion sur le sol de la Corée du Sud, ils se sont entraînés pour la première fois à Gangneung la semaine dernière devant une nuée de caméras et sous les applaudissements. Ils ne se sont eux-mêmes pas exprimés.

Sportivement, ils n'ont pas le niveau pour aller chercher une médaille, mais ce sera sans aucun doute l'un des couples les plus scrutés sur la glace demain, pour le début de la compétition avec le programme court.

Camille Gelpi avec C. P.