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Sports de glace: pourquoi la candidature de Péchalat surprend

Candidate à la tête de la Fédération française des sports de glace, Nathalie Péchalat est la première à prendre officiellement position pour succéder à Didier Gailhaguet. Une candidature individuelle et non collégiale qui a surpris Gwendal Peizerat et Philippe Candeloro.

Comme révélé par le quotidien L'Equipe, Nathalie Péchalat est candidate à la tête de la Fédération française des sports de glace (FFSG). Après avoir pris le temps de sonder certains présidents de Ligues et de clubs, la double championne d'Europe a donc décidé de se lancer dans la bataille. Elle est la première à prendre officiellement position pour succéder à Didier Gailhaguet. Pour l'heure, Péchalat ne souhaite pas communiquer sur cette décision. Ce qui est sûr, c’est qu’il s’agit d’une candidature individuelle et non collégiale.

"Un groupe de résistance" a été réactivé

Pourtant, depuis deux semaines, un groupe composé de plusieurs sportifs appartenant à différents sports de la FFSG a été réactivé après les différents scandales sexuelles qui ont touché le patinage. "Un groupe de résistance", comme l’appelle Gwendal Peizerat, "composé d’une quinzaine de personnes pour proposer un projet de refonte de la Fédération. Nathalie en faisait partie, elle a décidé de se lancer seul dans cet énorme chantier. On est surpris mais on l’encourage même si ça fait un peu franc-tireur".

Le champion olympique de danse sur glace au JO de Salt Lake City a été pris de court par cette annonce. Mais le risque désormais de voir plusieurs grands noms se présenter face-à-face pose la question de la division des voix et d’un échec collectif. Alors qu’une nouvelle ère s’ouvre pour les sports de glace, il ne faudrait pas tout gâcher pour ceux qui se sont opposés ouvertement à l’ancien système mené d’une main de maître par Didier Gailhaguet. "C’est pour ça, on va attendre le programme et le projet porté par Nathalie et on décidera. Si ça nous correspond, on ne se présentera pas face à elle. Pour nous, l’important, c’est le projet", appuie Gwendal Peizerat.

Philippe Candeloro s'interroge

La surprise est partagée par Philippe Candeloro, qui appartient au même groupe de travail: "On a appris la candidature par la presse, ça nous chamboule un peu parce qu’on travaillait ensemble… Et on pensait qu’il y aurait une décision collective pour se lancer dans cette élection. Mais je n’ose pas imaginer qu’elle puisse aller toute seule dans la gueule du loup." Alban Préaubert, ancien patineur et qui avait quitté le bureau exécutif en désaccord avec la position de Didier Gailhaguet, pourrait être l’un de ses soutiens. Il n’a pas répondu à nos sollicitations.

Mais Philippe Candeloro s’interroge: "Je n’arrive pas à m’expliquer qu’elle ait pu y aller comme ça. Donc elle a peut-être été soutenue par une équipe en place qui lui a dit "On est prêt à t’accueillir", je ne sais pas… Il faudra en tout cas qu’elle s’entoure de bonnes personnes." Pour l’heure, Philippe Candeloro ne ferme pas la porte à une future candidature: "Ce n’est pas une décision à prendre à la légère et si je devais y aller demain, ce serait avec mes camarades mais pas contre Nathalie."

Joint par RMC Sport, une présidente de club a elle salué la décision de Nathalie Péchalat: "C’est bien, c’est une personnalité engagée, elle incarne le renouveau. Et puis c’est une femme. Mais j’aimerais qu’il y ait d’autres personnes à se présenter, que ce soit un vrai processus démocratique…" Une chose est sûre, face à Nathalie Péchalat, il n’y aura pas Maryvonne Del Torchio, présidente du conseil fédéral et qui dirige la fédération par intérim après la démission de Didier Gailhaguet, dont elle est une proche. Contactée, elle nous a confirmé assurer seulement un intérim: "Je ne brigue pas la présidence et je l’ai encore confirmé à la ministre hier. La candidature de Nathalie est une excellente nouvelle et je serai prête à travailler à ses côtés si elle me le demande." Pour l’heure, personne d’autre ne s’est encore ouvertement positionné. Et si ça ne devait pas être le cas, Gwendal Peizerat le dit, "ce serait très étrange".

Les différents interlocuteurs contactés souhaitent en tous cas un vent de renouveau sur leur fédération. A l’image de Ludovic Le Guennec, président du club de patinage de Caen: "Il faut du changement, de la jeunesse, du renouveau, un travail de fond, aller de l’avant avec des vrais projets et Nathalie Péchalat représente bien tout ça". Une assemblée générale extraordinaire pour élire le nouveau patron de la fédération des Sports de Glace aura lieu le 14 mars prochain.

Maureen Lehoux