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Violences sexuelles dans le patinage: trois questions sur le conflit entre le ministère et la Fédération

Après les accusations de viol formulées Sarah Abitbol contre son ancien entraîneur de patinage artistique, le torchon brûle entre la ministre des Sports Roxana Maracineanu et le président de la Fédération française des sports de glace Didier Gailhaguet. Trois questions pour comprendre l'affaire et ses conséquences.

Pourquoi Roxana Maracineanu n’a pas renvoyé Didier Gailhaguet ?

Un ministre n’a pas le pouvoir de renvoyer un président de fédération. C’est au conseil d’administration de la fédération en question qu’il revient ce pouvoir. Le ministère n’a de pouvoir que sur le DTN, qu’il nomme, ainsi que sur les cadres techniques, qu’il met à disposition de chaque fédération. La ministre des Sports, Roxana Maracineanu, ne peut qu’intervenir de manière morale. Il y a là un rapport de force asymétrique puisque le ministère ne peut que faire pression, sans réel pouvoir décisionnaire.

Que change le retrait de la délégation ?

Il faut ici distinguer le retrait de la délégation et des agréments. Dans chaque délégation, il y a plusieurs agréments. Tout est expliqué dans le code du sport, pour ce qui est une spécificité bien française. Pour résumer, la délégation est ce qui permet d’utiliser le terme "fédération", la possibilité d’organiser des compétitions, d’engager des athlètes… L’agrément, ce sont les moyens qui sont mis à disposition. Le retrait d’une délégation a pour conséquences la perte des agréments et donc la fin des subventions, mais également la possibilité d’aligner des athlètes dans des compétitions internationales.

Que va-t-il désormais se passer ?

A écouter les différents observateurs, il semble clair que les deux parties iront jusqu’au bout. La ministre des Sports a brandi la menace du retrait de la délégation. Elle ira jusqu’au bout si elle n’obtient pas la démission de Didier Gailhaguet. Elle a usé là de son moyen de pression maximale. Si cela est le cas, les patineurs, mais également les bobeurs ou les patineurs de vitesse, ne pourront pas participer à des compétitions internationales. A moins que le comité national olympique et sportif français (CNOSF) décide de prendre en charge certains athlètes. Il s’agirait alors seulement des athlètes de très haut niveau. Mais là encore, rien n’est sûr. Même si le CNOSF a communiqué ce mardi et a indiqué qu’il "prendrait ses responsabilités", il existe un vide juridique sur ce sujet pour une situation jusqu’à présent inédite.

PTa