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Boxe: Canelo met Plant KO et règne en champion incontesté des super-moyens

Vainqueur de Caleb Plant par KO ce samedi soir à Las Vegas, Saul "Canelo" Alvarez accroche le dernier titre qui lui manquait chez les super-moyens. Le Mexicain considéré par beaucoup comme le meilleur boxeur de la planète devient le premier champion incontesté de l'histoire de la catégorie et le premier champion unifié à quatre ceintures de l'histoire de son pays.

Caleb Plant a fait ce qu'il a pu. L'Américain a bien entamé son combat, prenant quelques rounds au passage. Il a bien défendu, retardé tant bien que mal l'inéluctable. Mais la machine Saul "Canelo" Alvarez s'est mise en route peu à peu, toujours aussi active, harassante, efficace, et "Sweethands" a fini par craquer. Un enchaînement crochet gauche-uppercut droit et le Mexicain envoyait Plant au tapis lors de la onzième reprise, une première dans sa carrière. Le champion IBF parvenait à convaincre l'arbitre de poursuivre mais la messe était dite et le champion WBC-WBA-WBO terminait le travail en le renvoyant très vite mordre la poussière pour mettre fin aux débats.

Comme prévu, comme attendu, Canelo l'a fait. En ajoutant le titre IBF à sa collection entamée en décembre dernier avec Callum Smith (WBA-WBC) et poursuivie en mai avec Billy Joe Saunders (WBO), à laquelle il faut bien sûr ajouter la prestigieuse ceinture The Ring, il devient le premier champion du monde incontesté de l'histoire des super-moyens et le premier champion unifié à quatre ceintures de l'histoire de son pays. Le sixième en tout dans l'ère des quatre titres principaux. Et confirme un peu plus son statut de meilleur boxeur de la planète toutes catégories confondues accordé par la plupart des observateurs.

Au sommet des super-moyens, le boxeur champion du monde dans quatre catégories et passé pro à quinze ans (57-1-2; 39 KO) a une nouvelle fois prouvé la maîtrise de son (noble) art avec un combat construit et intelligent, sans s'impatienter devant un début frustrant avec trois-quatre premières reprises où l'Américain faisait mieux que de se défendre. Comme à son habitude, Canelo est monté en puissance au fil des rounds pour faire de plus en plus mal, avec notamment un gros travail de sape via les coups au corps (53 de ses 117 coups portés au total) jusqu'à terminer son rival. Avec qui il pouvait échanger un moment de respect après le combat, classique belle image de deux boxeurs qui ont partagé le ring malgré l'animosité bien réelle entre les deux des dernières semaines. Les stats ne trompent pas: le Mexicain a porté 102 coups significatifs contre 59 pour un Plant (à respectivement 41% et 20% de réussite) actif sur le jab mais pas assez puissant sur le reste et s'est montré globalement plus précis.

Beterbiev? Charlo? Golovkin?

Et maintenant, quels challenges pour Canelo, qui répète qu'il veut "marquer l'histoire" à chaque combat et qui reste sur quatre sorties dans le ring sur les onze derniers mois? Les possibilités sont nombreuses pour le boxeur de trente-et-un ans qui a annoncé vouloir combattre "quatre fois en 2022" et qui contrôle sa destinée, agent libre capable de négocier plus facilement avec tout le monde depuis qu'il s'est séparé de son ancien promoteur Golden Boy et qu'il a fait rompre son contrat XXL avec le diffuseur DAZN. Il peut rester chez les super-moyens pour défendre sa couronne, par exemple contre l'ancien champion WBC invaincu David Benavidez, qui avait dû abandonner son titre (rendu vacant et récupéré ensuite par Canelo) en 2020 après avoir raté le poids, même si ses ceintures risquent de se disperser avec le temps au jeu des challengers obligatoires de chaque organisation.

Il peut redescendre chez les moyens pour des chocs contre les Américains Jermall Charlo (champion WBC) et Demetrius Andrade (WBO) ou un trilogie contre le Kazakhe Gennady Golovkin (IBF) avec qui il a croisé les gants deux fois en 2017 et 2018 pour deux résultats controversés. Il peut surtout remonter chez les mi-lourds, où il avait gagné un titre en battant un Sergey Kovalev loin de son apogée en 2019, et s'attaquer au défi du puissant Artur Beterbiev, champion unifié WBC-IBF, pour une affiche qui fait saliver d'avance et que le Mexicain n'a pas écarté, bien au contraire, ces derniers jours. Et s'il préfère une soirée tranquille pour un bon gros chèque, il peut toujours relever le défi du champion des welters de l'UFC Kamaru Usman. On n'aimerait pas voir ça mais il en aurait le droit. Avec toutes ses ceintures autour du corps, et sa couronne sur la tête (il en a littéralement mis une après le combat), il n'a plus à prouver qu'il est le meilleur boxeur de la planète.

https://twitter.com/LexaB Alexandre Herbinet Journaliste RMC Sport