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Boxe: "La plus grosse année de ma carrière", Fury annonce du lourd pour 2023 avec Usyk et Joyce

Vainqueur de Derek Chisora sur arrêt de l’arbitre samedi soir à Londres, le Britannique Tyson Fury a conservé son titre WBC des lourds avant de se projeter sur une année 2023 qu’il souhaite bouillante. Avec deux noms dans le viseur du "Gypsy King": l’Ukrainien Oleksandr Usyk, pour une unification totale de la catégorie, et son compatriote Joe Joyce.

Une longue démonstration de force, de technique et de classe. Opposé à Derek Chisora pour la troisième fois de sa carrière, après ses victoires en 2011 et 2014, Tyson Fury a livré une performance magistrale ce samedi soir dans le Tottenham Stadium de Londres pour conserver sa couronne WBC des lourds. Dix rounds de maîtrise avant de voir l’arbitre mettre fin au calvaire de Chisora, malmené et incapable de proposer quoi que ce soit pour inquiéter le "Gypsy King", pour terminer 2022 avec deux victoires sur TKO en autant de combats après s’être offert Dillian Whyte en avril à Wembley.

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Et la question de se poser: quelle suite pour Fury en 2023? "Retraité" quelques mois, le boxeur britannique a vite compris qu’il ne pouvait pas s’éloigner du ring pour conserver sa santé mentale. Il va donc y rester. Avec un programme qui pourrait bien être chaud bouillant. "On espère pouvoir voir la plus grosse année de ma carrière en 2023, a lancé l’intéressé en conférence de presse après sa victoire sur Chisora. On va faire les gros combats dont les fans ont vraiment envie." Il y a d’abord la perspective d’un combat d’unification totale de la catégorie (ce qui n’a jamais eu lieu chez les lourds depuis l’ère à quatre ceintures) contre Oleksandr Usyk, le champion WBA-IBF-WBO-The Ring.

Présent à Londres samedi soir, l’Ukrainien a été invité à monter sur le ring par le champion WBC à l’issue de sa victoire avant de recevoir une volée de noms d’oiseaux devant laquelle il s’est contenté de fixer son probable futur adversaire dans les yeux. Vu les déclarations des derniers jours, avec des représentants des deux camps expliquant que ce serait le combat suivant si Fury passait l’obstacle Chisora, tout semble en place pour assister enfin à ce choc qui fait saliver d’avance les amoureux du noble art.

"Je peux enfin parler de lui, souriait Fury en conférence de presse. Je suis prêt à prendre Usyk dans mon prochain combat, j’en ai envie, que ce soit en Arabie Saoudite ou en Grande-Bretagne. Donnons au public un seul champion, un seul nom au sommet de la catégorie. Usyk est aussi prêt pour ce challenge. Ce n’est pas un boxeur facile à comprendre et gérer, c’est un gaucher rusé qui bouge très bien, un médaillé d’or olympique qui a beaucoup de talent et qui est en grande forme. Je suis vraiment impatient de relever ce challenge. Mes promoteurs m’ont dit que ça pourrait se faire dans le premier quart de l’année 2023. Faisons-le. J’en ai envie, Usyk a l’air d’en avoir envie aussi, nos équipes aussi. J’ai un bon feeling. Je pense que ça va se faire."

S’il existe une chance qu’il ne se fasse pas pour une unification totale de la catégorie, Fury ayant laissé entendre qu’il ne paierait pas pour disputer la ceinture IBF après avoir vu cette organisation lui enlever ce titre trop vite à son goût après sa victoire sur Wladimir Klitschko en novembre 2015, ce combat désignera à coup sûr le meilleur poids lourd de la planète. Confiant, Fury annonce son intention de laminer celui qu’il désigne, entre autres, comme "une saucisse", "un lapin", "un petit homme très moche" ou encore "un poids moyen" (façon de pointer son avantage de taille et de physique s’ils partagent le ring).

Mais il reconnaît aussi que l’Ukrainien est "un maître boxeur" et sera assez intelligent pour ne pas prendre à la légère l’ancien champion unifié et incontesté des lourds-légers. Reste à savoir quand la chose se fera. Bob Arum, patron de Top Rank et co-promoteur de Fury, avait annoncé "fin février-début mars", sans doute au Moyen-Orient. Mais la blessure du "Gypsy King" au coude droit, qui va sans doute l’obliger à une intervention chirurgicale, pourrait repousser un peu ce timing, sans oublier le Ramadan qui empêchera que le choc se tienne dans cette région entre le 22 mars et le 21 avril.

Alors que Fury ne peut pas pénétrer sur le sol américain en raison de ses liens avec le mafieux Daniel Kinahan, un stade en Angleterre serait une autre solution moins lucrative mais plus populaire. Usyk, qui s’est fait une spécialité de détrôner des champions en les battant chez eux et qui aime Londres pour y avoir gagné l’or olympique en 2012, ne serait pas du genre à refuser un tel défi. Quid de l’autre objectif de Fury pour 2023? Il porte un nom: Joe Joyce.

Le médaillé d’argent de Rio (battu en finale par un certain Tony Yoka) et actuel champion intérimaire WBO, ce qui lui donne le rang de challenger pour cette organisation, est également monté dans le ring samedi soir pour prendre le micro et lancer un challenge à Fury. Qui n’est pas contre. "Si ça ne se fait pas avec Usyk pour telle ou telle raison, on fera Joe Joyce à Wembley. Et si Usyk vient me combattre, je l’affronterai et on fera Joyce à Wembley plus tard dans l’année." Un plan déjà annoncé il y a quelques semaines par Frank Warren, co-promoteur britannique de Fury, et qui semble donc se confirmer.

Mais au fait, contre qui le "Gypsy King" se sentirait-t-il le plus en danger? Le maître technicien Usyk ou le plus puncheur Joyce? "Usyk est un boxeur plus technique mais Joyce est un mastodonte, répond Fury. Je pense que Joe offre un combat plus difficile pour moi. J’en suis même sûr à 100%. C’est un géant, un mastodonte qui va avancer sur moi pour me réduire en miettes. L’autre va courir autour du ring pour me mettre quelques jabs et marquer des points par-ci, par-là. Usyk est un très bon combattant avec une carrière fantastique, je ne vais pas lui enlever ça, mais je pense pouvoir faire le travail contre lui. Je ne veux pas juste en parler, je veux le prouver donc faisons-le. Mais selon moi, oui, mon plus gros challenge possible est Joe Joyce."

L’année 2022 n’est pas encore terminée. Mais quand on aime la boxe et les lourds, on a déjà très hâte de passer à 2023. Où il faudra voir ce que Deontay Wilder – que Fury aimerait voir affronter Joyce s’il combat Usyk d’abord, et qui pourrait faire face à Andy Ruiz Jr pour devenir le challenger officiel WBC – et Anthony Joshua, qui pourraient finir par enfin se retrouver entre les cordes, apporteront dans l’équation.

https://twitter.com/LexaB Alexandre Herbinet Journaliste RMC Sport