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Boxe: Molenbeek, bagarres et prison… Cinq choses à savoir sur Djeko, le sulfureux adversaire de Yoka

Si la pesée entre Tony Yoka et Tambwe Djeko à la veille du combat pour le titre de l’Union européenne des lourds ce vendredi soir à Nantes a failli dégénérer, c’est en partie parce que le boxeur belge de 31 ans a le sang chaud. De son quartier de Molenbeek à la prison aux USA, la vie de celui que l’on surnomme "Big Joe" est un roman.

Il a grandi dans le quartier chaud de Molenbeek

Tristement célèbre pour être le nid des attentats terroristes de novembre 2015, le quartier de la banlieue de Bruxelles a vu grandir Joel Tambwe Djeko. Sa mère l’élève seule avec ses trois frères et sœurs. Son père est parti vivre au Congo. Dans la chaude périphérie de la capitale belge, il côtoie rapidement des délinquants dont certains finiront par soutenir Daesh. Il dit ne pas avoir eu peur lorsqu’à l’âge de 12 ans, un type lui plaque un flingue sur la tempe pour lui voler son téléphone portable. La suite n’est que successions de poursuites et de bagarres avec des gangs ou des policiers. Un jour, il demande à sa mère de lui acheter un blouson en cuir car "ça protège un peu des lames". Ces locks servent aujourd’hui encore à cacher un trou dans la tête reçu après avoir été passé à tabac dans un tramway.

La boxe pour se défendre des agressions

Après s’être essayé au taekwondo et à la boxe thaïe, celui que l’on surnomme "Big Joe" en raison de sa grande taille (1,98m) s’inscrit à la boxe anglaise à 16 ans après avoir été victime d’une agression. "Pour avoir des bons poings dans la rue", confie-t-il à L’Equipe. Sous les ordres de Sumbu Kalembey, ex-poids moyens italien, Djeko se passionne pour son sport et s’assagit un peu. "J’ai trouvé un terrain d’expression", dit-il. Il deviendra pro en 2011 et s’entraîne aujourd’hui à Londres. "Je m’y sens bien, il y a de bonnes ondes."

Un casier judiciaire bien rempli…

Pas moins de 172 faits sont recensés par la police à son sujet. En Belgique, Djeko échappera à la prison mais pas au bracelet électronique après une énorme bagarre face aux grands frères de Bilal Laggoune. Le contentieux est grand avec l’ex-champion de l’Union Européennes des lourds. Furieux du résultat nul entre les deux boxeurs, "Big Joe" a provoqué une bagarre générale lors d’une conférence de presse de Laggoune. Une habitude.

… et un passage en prison aux Etats-Unis

En février 2019, Djeko se chauffe déjà avec son adversaire, l’Italien Simone Federici, lors de la pesée à la veille de son combat à New York. En agrippant son adversaire à la gorge, il déclenche la fureur du camp transalpin. Le lendemain matin, jour du combat, une bagarre générale éclate à l’hôtel où loge le Belge. Des morceaux de verre éclatent. La police intervient. Malgré de sérieuses blessures, Djeko remporte le combat aux points. S’il parvient à sortir de la salle escorté par la police, il n’échappera pas à la prison après une interpellation très musclée. "Je me suis retrouvé dans le quartier de haute sécurité du pénitencier de Nassau (Etat de New York). Pour une bousculade d’avant-combat." Il y restera trois semaines, l’ambassade de Belgique obtenant sa libération.

Djeko et Yoka lors de la pesée
Djeko et Yoka lors de la pesée © AFP

Il a bénéficié du forfait de Peter Milas

Il n’était pas prévu que Tambwe Djeko se trouve en pleine lumière ce vendredi soir à Nantes face à Tony Yoka (à partir de 22h30). A Noël, Petar Milas, qui devait affronter le boxeur français le 28 février pour le titre européen des lourds, déclare forfait. Le Croate aurait été mécontent du montant de sa bourse (135.000 euros). Quelques jours plus tard, un deal est trouvé pour un combat contre Djeko. "Une petite surprise", réagit celui qui est habitué à boxer dans la catégorie des lourds-légers. A 31 ans, le Belge, réputé pour sa vitesse, présente un bilan de 17 victoires, 2 défaites et 1 nul. A l’image de la pesée très chaude avec le champion olympique, "Big Joe" entend bien faire taire les critiques sur son niveau. "Le choix de ses adversaires est souvent critiqué, dit-il à la DH. Cela m’a mis hors de moi de lire que je serai juste un autre vigile de supermarché sur sa route. Là, Yoka va avoir quelqu’un en face de lui! Je ne viens pas pour me coucher au troisième round ou pour prendre mon chèque." On veut bien le croire.

Aurélien Brossier Journaliste RMC Sport