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La puissance de Wilder dans le corps d’Asloum: Naoya Inoue, le meilleur boxeur que vous ne connaissez pas

Champion IBF, WBA "régulier" et The Ring des coqs, Naoya Inoue tentera d’ajouter la ceinture WBA Super à sa collection ce jeudi à Saitama (Japon) face au Philippin Nonito Donaire (en direct à partir de 11h25 sur RMC Sport 1). L’occasion de découvrir le boxeur nippon, l’un des plus gros puncheurs de la planète boxe et l’un des meilleurs combattants toutes catégories confondues. Qui gagne à être connu.

Une onomatopée, trois petits points et un nom commun comme une déclaration d’amour. "Mmmmm... Inoue". Le message, signé John Dovi, est tombé sur notre WhatsApp il y a quelques mois. Le manager de l’équipe de France olympique venait de voir Naoya Inoue, champion WBA "régulier", pulvériser l’invaincu Emmanuel Rodriguez en moins de deux rounds pour remporter les ceintures IBF et The Ring des coqs en demi-finale du tournoi des World Boxing Super Series. Des mois qu’on tannait John Dovi avec "The Monster" (son surnom). Il a compris pourquoi. Si vous ne suivez la chose pugilistique que de loin, Naoya Inoue est le meilleur boxeur que vous ne connaissez pas. L’un des meilleurs boxeurs de la planète, tout simplement, quatrième du classement pound-for-pound (toutes catégories confondues) du magazine de référence The Ring ou de la chaîne ESPN, troisième selon le Transnational Boxing Ranking. 

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"Inoue fait les choses avec une telle facilité qu’il me rappelle un Mike Tyson ou un Sugar Ray Leonard" 

Personnellement, on le place déjà sur le podium. Et même deuxième s’il bat l’expérimenté Nonito Donaire, futur membre du Hall of Fame pugilistique, ce jeudi à Saitama (Japon) pour la finale du tournoi WBSS et rajoute la ceinture WBA Super (et le Ali Trophy) à sa collection. Mais on est peut-être un peu timide. "Il est mon numéro 1, estime Adam Abramowitz, fondateur du site SaturdayNightBoxing, membre du board TBR et panéliste pour le classement The Ring. Son CV, sa forme actuelle et la façon dont il bat des adversaires de top niveau sont aussi bons voire meilleures que ceux de n’importe qui." Entraîneur d’expérience, Rudy Hernandez confirme: "Cela fait quelques temps que je dis qu’il est le meilleur de la planète. Non seulement il défie les meilleurs des catégories où il passe mais il les met KO et ne laisse aucun doute sur qui est le champion. Tous les dix ans environ, on a un combattant spécial qui arrive. Inoue fait les choses avec une telle facilité qu’il me rappelle un Mike Tyson ou un Sugar Ray Leonard quand ils étaient à leur sommet." 

Aucun de ses trois derniers adversaires n'a vu le troisième round...

Autre panéliste pour The Ring, dont il est également l’éditeur associé, Tom Gray le place aussi haut si l’on parle uniquement des choses réalisées entre les cordes (Vasiliy Lomachenko, Terence Crawford et Canelo Alvarez restent devant au global selon lui): "Personne n’écrase la concurrence comme lui". N’en jetez plus. Ou si. Encore et encore. Le garçon le mérite. Naoya Inoue, c’est de la dynamite. L’un des trois meilleurs puncheurs de la planète boxe avec l’Américain Deontay Wilder et le Russe Artur Beterbiev (mention spéciale au Mexicain Miguel Berchelt, champion WBC des super-plumes et machine à KO). Le premier est un lourd, le second un mi-lourd. Inoue? Un coq, de combat, à peine 53,5 kilos sur la balance. Mais quand ça frappe... On a résumé la chose d’une formule ces derniers jours pour expliquer qui il était dans la rédaction: la puissance de Deontay Wilder dans le corps de Brahim Asloum. Et on en rajoute à peine.

Naoya Inoue (à gauche) lors de son combat contre Juan Carlos Payano en octobre 2018
Naoya Inoue (à gauche) lors de son combat contre Juan Carlos Payano en octobre 2018 © AFP

Champion du monde dans trois catégories à vingt-six ans et en moins de vingt combats, "The Monster" est une machine à KO, seize en dix-huit sorties professionnelles. Ses trois combats depuis le début de l’année 2018 et son passage chez les coqs sont une ode à l’exceptionnel. Invaincu depuis vingt-deux sorties, le Britannique Jamie McDonnell explose en moins d’un round en mai 2018. Cinq mois plus tard, le Dominicain Juan Carlos Payano, ancien champion WBA Super de la catégorie et jamais mis KO en carrière, subit le même sort pour une merveille qui vaudra au Japonais le titre de "KO de l’année" selon The Ring. Et en mai dernier, c’est le Portoricain Emmanuel Rodriguez, invaincu et jamais mis à terre chez les pros, qui explose en moins de deux rounds après avoir été mis... trois fois au sol! Trop fort. Trop puissant, surtout. Au point de dépasser des attentes déjà hautes. C’est l’histoire de sa carrière. 

Il terrasse un invaincu depuis quatre ans et demi en... deux rounds!

Arrivé dans les rangs pros en 2012, Inoue remporte le titre japonais des mi-mouches en moins d’un an, dès son quatrième combat, en dominant Ryoichi Taguchi, futur champion WBA et IBF de la catégorie. Au cinquième combat, c’est la ceinture OPBF (Oriental and Pacific) qui tombe dans son escarcelle. Au sixième, il devient champion WBC des mi-mouches, record de précocité pour un titre planétaire pour un Japonais. Après une défense victorieuse, Naoya monte de... deux catégories pour défier l’Argentin Omar Andres Narvaez, champion WBO des super-mouches depuis quatre ans et demi, détenteur de la ceinture The Ring de la catégorie et seulement battu une fois en quarante-cinq combats pros (il avait notamment battu Brahim Asloum pour le titre WBO des mouches en 2007). Sacré défi. Résultat? Inoue le met KO au deuxième round! Huit combats pour être sacré dans deux catégories, et encore huit (ou dix selon que l’on reconnaît le titre WBA "régulier" ou non) pour se parer d’or dans une troisième. 

"On dirait qu’il marche avec des bazookas dans les gants"

Entre-temps, sept défenses victorieuses, dont une face au Français Yoan Boyeaux, des KO impressionnants et une étoile qui grimpe au point d’en faire l’une des plus grandes stars sportives du Japon, statut encore renforcé par ce qu’il a réalisé depuis son arrivée chez les coqs. Premier boxeur japonais de l’histoire à faire la couverture (deux fois) de The Ring, Inoue est depuis quelques temps déjà le chouchou des puristes du noble art. Mais il suffit de montrer un montage de ses plus beaux KO à n’importe qui pour qu’il compte un nouveau fan. Il y a tout chez ce gamin, complet et au top dans tout ce qui fait un bon boxeur. La puissance, d’abord. Monstrueuse en rapport avec son poids. Il lui doit même son surnom. "On dirait qu’il marche avec des bazookas dans les gants, s’amuse l’entraîneur britannique Joe Gallagher dans un superbe article consacré à ses qualités dans The Ring. C’est incroyable qu’il y ait tant de puissance chez un homme si petit." "Sur une échelle de 1 à 10, sa puissance est de 10+", lance Steve Kim, éditorialiste pour ESPN.

"Dans les petites divisions, il est dans la conversation du plus gros puncheur de l’histoire avec des gars comme Manny Pacquiao, Alexis Arguello ou Ruben Olivares, avance Stephen "Breadman" Edwards, coach du champion WBA Super-IBF des super-welters Julian Williams. Ce que j’aime, c’est qu’il met les gens KO avec beaucoup de coups différents: une droite à la tête, un crochet gauche au corps, un crochet gauche à la tête. Il est aussi bon des deux bras." "Il est aussi très précis, conclut le Britannique Carl Frampton, ancien champion du monde chez les super-coqs et les plumes. Il a la bonne longueur sur ses coups et sa biomécanique est parfaite." Pour frapper fort, Inoue frappe vite, combinaison indigeste pour la concurrence. "Si vous voyez un coup arriver, vous pouvez vous préparer, mais avec lui ce n’est pas le cas. Il vous frappe et boom. C’est presque un coup invisible, comme un coup par derrière qu’on ne voit pas arriver", explique Stephen Edwards. "Il ne perd pas de puissance malgré l’énorme vitesse qu’il met dans ses poings, comme un Sugar Ray Leonard", estime Joe Gallagher. 

Son crochet gauche au corps est une symphonie qui sonne toujours juste

Le reste est à l’avenant. Ses combinaisons one-two (jab du gauche suivi d’une droite) sont des bijoux, précises, efficaces, tueuses. Son crochet gauche au corps est une symphonie qui sonne toujours juste. Tout son travail au corps, d’ailleurs. "Les meilleurs dans cet exercice sont ceux qui peuvent mettre le bon coup au bon moment et au bon endroit. C’est ce que fait Inoue: il est un puncheur de précision parfait", s’extasie le coach britannique Bill Graham. "Si vous regardez bien quand il a envoyé Rodriguez au tapis, c’était un petit crochet gauche mais la façon de l’envoyer et l’angle pour le faire l’ont rendu tellement plus efficace, pointe Rudy Hernandez. Il sait exactement où frapper et vous ne pouvez pas battre ça."

Admiré par... ses rivaux

Les spécialistes soulignent aussi sa faculté à boxer juste. "Il ne gâche pas de coups, souligne Rudy Hernandez. Il trouve le bon timing par rapport à la boxe de son adversaire et il exécute. Il est tellement bon pour ça qu’on a l’impression que c’est sans effort. Il ne ressemble pas à grand-chose, il ne paraît pas dangereux mais il est juste très, très efficace dans tout ce qu’il fait." Tout se joue aussi dans son équilibre, conjugué au presque parfait. "C’est la raison pour laquelle il peut réussir de si belles combinaisons, explique Stephen Edwards. S’il n’avait pas cet équilibre, il n’aurait de puissance que pour un ou deux coups maximum. Quand Deontay Wilder envoie une grosse droite, il n’envoie rien derrière car il tomberait s’il le faisait. Il met tout dans ce premier coup. Inoue peut envoyer trois ou quatre coups mortels de suite et c’est pour ça qu’il est le meilleur puncheur de la boxe."

Naoya Inoue (à droite) face au Français Yoan Boyeaux en décembre 2017
Naoya Inoue (à droite) face au Français Yoan Boyeaux en décembre 2017 © AFP

"Dans la boxe, chaque fois que vous balancez votre poids, vous perdez l’équilibre et vous ne pouvez pas mettre tout votre poids dans vos coups, complète Yamanaka Shinsuke, ancien champion WBC des coqs, pour le site nippon.com. Naoya y arrive et c’est ce qui le rend si spécial. Peu importe le coup, il sait adopter la position idéale pour maximiser son intensité." "Il est aussi très bon pour bouger sa tête et ça lui permet de varier les coups avec lesquels il commence ses combinaisons, ajoute Ben Davison, le coach de Tyson Fury. Il sait utiliser celui qu’il faut." Tous les éléments de la palette sont maîtrisés. On a envie de crier au classicisme pugilistique poussé à l’extrême. Pas faux. Comme son jeu de jambes, ses fondamentaux sont un régal. "Sa technique et son timing sont parfait et il est très intelligent", constate Zolani Tete, champion WBO des... coqs et donc potentiellement son futur adversaire dans la quête de l’unification de la catégorie.

"C’est un boxeur que vous voulez montrer à un jeune combattant en formation"

Ancien champion du Japon des mouches désormais coach, Ishii Ichitaro le compare à un maître du kobudo (le karaté des agriculteurs avec des outils): "Quand on le regarde, on a l’impression qu’il sait exactement ce que l’autre est en train de faire, comme un maître des arts martiaux anciens". "C’est un boxeur que vous voulez montrer à un jeune combattant en formation, salue Stephen Edwards. Les coups viennent directement de son épaule. Il pousse sur ses pieds et enclenche avec ses hanches. Sur sa technique de punch, ce gamin est au niveau de Joe Louis, Alexis Arguello ou Ricardo Lopez." Steve Kim préfère un autre parallèle: "Terence Crawford est plus un musicien de jazz, il suit le flow et s’adapte sur le moment. Vasiliy Lomachenko est le Mikhaïl Baryshnikov de la boxe: c’est comme du ballet. Mais je ne suis pas sûr qu’on puisse apprendre ce style. Celui de Naoya est classique et semble sorti d’un manuel scolaire sur la boxe."

Shingo, père et coach

Pour façonner "The Monster", il a surtout fallu son docteur Frankenstein: Shingo, son père, avec qui il répète inlassablement ces fondamentaux depuis son enfance et qui lui a transmis l’éthique de travail qui en a fait une bête des rings. Son inspiration et la source de ses succès. "Naoya n’est pas un génie, lâche le père. Je lui ai juste répété le même conseil depuis qu’il est un petit garçon. J’ai travaillé de façon répétée sur ses faiblesses et sa technique pour en faire ce qu’il est aujourd’hui." L’histoire commence il y a un peu plus de vingt ans, quand l’homme tente sans succès de suivre son rêve pugilistique. "Shingo a commencé son entraînement à vingt-trois/vingt-quatre ans, quand Naoya était encore un bébé, racontait Yuriko Miyata, journaliste pour Japan’s Boxing Magazine, en 2017. Il adorait la boxe mais n’a jamais pu s’y consacrer à fond car il avait d’autres obligations: son père était patron d’une entreprise de peinture et il devait aider le business familial donc il était un jeune père qui travaillait à plein temps en s’entraînant à la boxe en parallèle."

Naoya Inoue (à gauche) avec son frère Takuma (au centre) et son père et entraîneur Shingo en décembre 2018
Naoya Inoue (à gauche) avec son frère Takuma (au centre) et son père et entraîneur Shingo en décembre 2018 © AFP

Deux combats amateurs avant de lâcher l’affaire. Mais le paternel a vu son fiston, bientôt suivi par son petit frère Takuma (qui défie le Français Nordine Oubaali pour la ceinture WBC des coqs dans la carte de Naoya ce jeudi), s’intéresser à ce noble art qui le fascine. "Il a demandé à Naoya s’il voulait essayer la boxe et il a dit oui, poursuit la journaliste. Dès le début, il a été très strict avec son fils à la salle. C’est pour ça que Naoya s’entraîne et frappe aussi fort. Cela s’est toujours passé comme ça pour lui." Les débuts se font à six ans, du travail sur les déplacements avant de mettre enfin les gants au bout de six mois. Point essentiel: rêve de noble art par procuration ou pas, Shingo n’a jamais forcé Naoya à boxer, chose plutôt rare dans un milieu où les pères projettent souvent trop sur les fils. "Je me rappelle avoir été choqué quand j’ai disputé mon premier tournoi en tant qu’adolescent de voir les autres boxeurs se faire crier dessus ou gifler par leur entraîneur, expliquait le champion IBF et The Ring des coqs il y a quelques années. C’est un coup à vous dégoûter de la boxe..."

Amateur, il surclasse des pros expérimentés en sparring

Naoya a choisi de lui-même le chemin des efforts et accepté la rigueur de Shingo, adepte d’un contrôle de la distance maîtrisé par son fils jusqu’au bout des gants. Pour la réussite que l’on sait. Les premiers tournois amateurs, filmés par sa mère comme on a pu le voir dans la belle série Beyond The Monster qui lui est consacrée sur YouTube, montrent le potentiel. Qui va exploser dès son arrivée au lycée avec des victoires et des médailles à la pelle. "Il sparrait déjà avec des professionnels expérimentés, se souvient Yuriko Miyata. La première fois que je l’ai vu sparrer, c’était avec Ryo Akaho, champion OPBF des super-mouches à l’époque. Et Naoya était trop bon pour lui. Akaho a eu deux chances mondiales par la suite mais il était surclassé." 

"Comme ce gamin est japonais, il ne reçoit pas l’attention qu’il aurait s’il était américain"

Encore en terminale lorsqu’il est sélectionné pour les championnats du monde amateurs 2011 à Bakou (éliminé au troisième tour), il rate la qualification olympique pour Londres en 2012 (défaite en finale) et boucle sa carrière amateur avec un bilan de 75-6 dont 48 KO, taux de KO énorme en boxe olympique et surtout dans une petite catégorie. A dix-neuf ans, c’est le saut vers le monde pro. Et tout ce qui suivra. Qui fait de la tête de proue du réveil de la boxe japonaise le premier combattant nippon à avoir le potentiel pour voir sa popularité exploser aux Etats-Unis, où il a déjà combattu une fois (victoire sur l’Américain Antonio Nieves en septembre 2017). "Comme ce gamin est japonais, il ne reçoit pas l’attention qu’il aurait s’il était américain, constate Rudy Hernandez. Mais il est celui que tout le monde devrait observer aujourd’hui dans la boxe. Son timing, sa puissance et son intelligence de combat sont supérieurs à tous."

Un modèle de comportement, aussi, pas chambreur ou trashtalkeur pour un sou et qui répond aux attaques avec ses poings, comme lorsqu’il s’est vengé sur Emmanuel Rodriguez après avoir vu le coach de ce dernier pousser son père lors d’un rendez-vous médias où Shingo prenait des photos de l’entraînement du futur adversaire de son fils. "Cela m’a mis en colère", souriait-il après son KO. Il n’aura pas le même état d’esprit pour affronter Nonito Donaire (40-5, 26 KO ; 36 ans), une de ses idoles de jeunesse dans la boxe pour qui il répète son "respect" à chaque micro tendu et dont il avoue avoir "volé" des techniques. Chez lui, devant plusieurs dizaines de milliers de spectateurs (a priori 40.000), et face à un garçon titré dans quatre catégories dont les coqs, le plus expérimenté qu’il n’ait jamais affronté chez les pros, Naoya Inoue doit confirmer le passage de torche. Le "Filipino Flash", qui s’est dit revigoré par son retour chez les coqs et la perspective d’affronter le Japonais à la si belle réputation, a marqué son époque mais le présent appartient au "Monster". 

"Avec chaque KO, les attentes autour de moi augmentent et la pression aussi"

"Les gens attendent beaucoup de lui, attendent qu’il prouve tout ce qu’on dit de lui, a rappelé le Philippin en conférence de presse. Il va être testé, je peux vous l’assurer. Et ça pourrait être le combat de l’année." Malgré sa carrière et son talent, Donaire est vu par beaucoup comme une nouvelle dose de chair à KO pour celui qui frappe le plus fort chez les coqs depuis... les belles années de Nonito dans la catégorie il y a huit ans et qui n’a jamais vu un quatrième round sur ses quatre derniers combats. Le garçon en quête des quatre ceintures des coqs répète qu’il aime passer le moins de temps sur un ring et sa légende se nourrit de ça. Elle doit écrire un nouveau chapitre à Saitama. "Je connais l’importance de ce combat pour la suite de ma carrière et je suis conscient de tout ce que tout le monde attend de moi, admet-il. Avec chaque KO, les attentes autour de moi augmentent et la pression aussi. Mais si on me demande si je la ressens, je réponds que je prospère sous la pression." Et de conclure dans un rendez-vous: "J’aimerais devenir le meilleur de tous les temps dans le futur". 

Et si l'avenir nous offrait un magique Inoue-Lomachenko?

La route est encore longue mais il a les qualités pour nourrir son ambition. "La seule chose qu’on doit encore voir, c’est sa faculté de mouvement quand il est mis sous grande pression, constate Carl Frampton. Comment esquive-t-il les coups et parvient-il à bouger quand il est sous le feu? Mais de ce que l’on a vu pour l’instant, Inoue ressemble presque au combattant parfait." Avec sa puissance, son futur pourrait se conjuguer à d’autres catégories à l’image de ce qu’a réalisé un Manny Pacquiao, champion du monde dans huit divisions (un record). Jusqu’où? L’avenir nous le dira. Mais les super-coqs, plumes voire super-plumes semblent dans ses cordes. Et quand on sait que Vasiliy Lomachenko pourrait redescendre en super-plumes voire en plumes après avoir unifié les légers, on se prend à rêver.

Patron de Top Rank et donc promoteur de l'Ukrainien, Bob Arum a annoncé avoir trouvé un accord de co-promotion avec le Japonais (historiquement lié à Ohashi Promotions) pour après le tournoi WBSS. Il a aussi avancé que Naoya Inoue aimerait affronter Vasiliy Lomachenko chez les plumes et qu'il adorerait monter ce combat. "Inoue est un un poids coq aujourd’hui mais il peut encore monter et Lomachenko est véritablement un poids plume, rappelait-il en septembre au micro de Fight Hub TV. Je pense qu’il descendrait jusque-là pour affronter Inoue, dans un an par exemple. Ce serait un combat génial." Plus que ça: on ne ferait pas mieux, sur le plan de la boxe pure, qu’un Inoue-Lomachenko. "Mmmmm", comme dirait John Dovi. 

Alexandre HERBINET (@LexaB)