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UFC: McGregor, une défaite comme un adieu aux ambitions... mais pas à son pouvoir d'attraction

Très attendu pour son retour dans l'octogone, Conor McGregor a subi la loi de Dustin Poirier ce dimanche à Abu Dhabi lors de l'événement UFC 257 avec une défaite sur un spectaculaire TKO au deuxième round. Un revers qui met à mal ses ambitions de revenir au sommet dans le MMA. Mais son pouvoir d'attraction lui laisse plusieurs options sur la table, à l'image d'une trilogie contre Nate Diaz ou encore de son envie d'aller affronter Manny Pacquiao dans un ring de boxe.

Conor McGregor a raté le test d'un combat qui devait relancer ses ambitions. Mais c'est peut-être Dana White qui a le plus perdu. Le patron exécutif de l'UFC avait annoncé que Khabib Nurmagomedov, invaincu champion des légers, cherchait à "être impressionné" pour sortir de sa retraite. Avec dans sa tête l'envie de voir McGregor sortir une performance de choix pour son retour dans l'octogone et pousser le Daghestanais à lui accorder une revanche de leur combat de 2018 qui aurait rapporté un vrai pactole, leur premier affrontement restant le pay-per-view le plus vendu de l'histoire de la grande organisation de combats de MMA. Mais le rêve est passé.

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Avec une victoire sur Dustin Poirier, ancien champion intérimaire de la catégorie qu'il avait battu en 2014 chez les plumes, l'Irlandais aurait retrouvé son aura et sa légitimité pour un combat pour le titre. Raté. A l'aise en fin de premier round, avec des frappes rapides et précises, McGregor a vite baissé de pied dans la deuxième reprise et n'a pu éviter le KO technique, touché à la jambe par les multiples coups de pied de l'Américain et éteint par une furia de coups de poing. La fin des ambitions du "Notorious"? Difficile de ne pas le voir comme ça. Poule aux œufs d'or de l'UFC, plus grande star en activité des sports de combat, l'homme capable de vendre plus d'un million de pay-per-views à chaque fois sur son seul nom restera une attraction majeure de sa discipline.

Tant qu'il souhaitera combattre, ses apparitions resteront des événements. Mais dans un sport où on ne peut contourner la méritocratie, ses plus belles heures paraissent loin et pas près de revenir. Le premier double champion en même temps de l'histoire de l'UFC (plumes et légers, en novembre 2016) n'est monté que trois fois dans la cage sur les quatre dernières années: la défaite contre Khabib, une victoire en quarante secondes sur un vieillissant Donald "Cowboy" Cerrone en janvier 2020 et le TKO infligé par Poirier. Rien qui légitime l'objectif affiché de retrouver la ceinture des légers de celui qui expliquait ces derniers jours se considérer toujours "comme le champion". Et un manque d'activité qui lui a coûté cher face à "The Diamond".

Diaz, Ferguson, Masvidal, Holloway...

La superstar irlandaise a tout de suite évoqué la chose au micro après sa cinquième défaite en carrière (22-5), la première sur KO/TKO: "C'est dur de surmonter l'inactivité dans ce business". Il a aussi promis qu'on le reverrait en 2021, qu'il allait retourner au travail pour mieux revenir et corriger le tir. Il a répété sa faim de combattre souvent cette année et il n'y a pas de raison de ne plus le croire. Mais pour quel(s) défi(s)? On l'a compris, c'est mort pour Khabib, comme pour les rêves de ceinture. Michael Chandler, l'ancien champion du Bellator qui a signé des débuts fracassants à l'UFC avec un TKO spectaculaire sur Dan Hooker dans la même soirée, est par exemple déjà bien plus légitime pour combattre pour le titre, sans parler de Dustin Poirier ou de la sensation brésilienne Charles Oliveira (et Justin Gaethje).

Mais McGregor, trente-deux ans, ne manquera pas d'options. N'importe qui ou presque accepterait de l'affronter tant partager la lumière avec lui garantit un beau chèque. La trilogie contre Nate Diaz (1-1 entre les deux) fait sans doute plus sens que jamais et semble le combat le plus logique à organiser pour lui. Beaucoup plus que la trilogie contre Poirier, déjà réclamée par certains mais pas vraiment légitime sur l'instant. Il y a d'autres possibilités chez les légers, comme un Tony Ferguson qui reste sur deux défaites et représenterait un défi intéressant entre combattants à relancer. Il y en a aussi ailleurs, comme le "Baddest Motherfucker" Jorge Masvidal (carton d'audience et festival de punchlines garantis) ou l'ancien champion des plumes Max Holloway pour une revanche du combat de 2013 qu'il avait remporté. Il y a enfin une voie vers un retour dans les rings (il avait affronté Floyd Mayweather en août 2017 dans un événement ultra lucratif) contre un certain Manny Pacquiao.

Gros chèque

Les discussions avec le clan du boxeur philippin, actuel champion WBA Super des welters à quarante-deux ans et qui a signé avec la société de management de l'Irlandais, avaient été entamées l'an dernier et continueraient dans les coulisses si l'on en croit la superstar irlandaise. Qui a confirmé ces derniers jours la possibilité que la chose se fasse en 2021, "en fin d'année voire avant". Il y a quelques mois, McGregor avait même avoué aimer l'idée d'affronter un "southpaw" (combattre en gaucher) comme Poirier pour préparer Pacquiao, autre représentant du genre.

Une victoire à l'UFC 257 aurait sans doute aidé à mieux vendre un tel événement. Mais ce show serait plus financier que sportif et cette défaite qui calme son envie de retrouver un titre à l'UFC ne sera donc pas rédhibitoire tant qu'il y a un gros chèque à prendre des deux côtés. Elle pourrait même accélérer le processus vers ce qui promet d'être encore une farce sans intérêt pugilistique, et encore plus après ce qu'on a vu contre Poirier qui laisse peu de doute sur ce que Pacquiao pourrait faire de lui entre les cordes. Conor a sans doute dit adieu aux grandes ambitions. Mais après tout ce qu'il a fait, et avec tout ce qu'il est, il restera une attraction. On espère juste que tout ce chemin ne finira pas par un combat de boxe contre le YouTubeur Jake Paul. McGregor a été trop grand pour s'abaisser à ça.

Alexandre HERBINET (@LexaB)